Steven's profileSteven Seagal et la four...PhotosBlogListsMore ![]() | Help |
|
October 26 Ostreiculture.Ca fait du bien de rentrer chez soi !
Je vois que j'ai manqué à au moins une personne, ça fait plaisir de se sentir apprécié de la sorte, ça réchauffe le coeur, ça met un peu de gaieté entre le réfrigérateur et l'étagère à épices, ça met du soleil quand on joue à cache-cache sous la couette, ça illumine l'abattant des toilettes de mille feux...
Enfin bref, je vais quand même coucher sur cette feuille virtuelle ma toute dernière aventure aventureuse, et ça c'est une sacrée aventure qui vient de m'arriver !
Je rentre de près d'un mois d'une mission top-secrète au Guatemala, où je devais capturer un fanatique religieux du nom de Gouatte. Le boss ne m'avait pas dit exactement à quelle religion il appartenait, mais je crois qu'il était musulman. Ben oui, on m'a dit que Gouatte aime Allah ....
Bref, cette mauvaise vanne étant faite, je m'en vais vous conter cet épisode de ma vie, qui a failli mal se terminer ...
Il y a de ça un mois, alors que je sirotais une grenadine verveine au bord d'une piscine gonflable dégonflée, mon téléphone non-portable sonna. Comme il n'était pas portable, je le fis rouler jusqu'à moi. Mais comme il n'avait pas de roulettes, il ne roula pas, mais creusa un sillon d'environ 15 cm de profondeur dans la dalle en béton que j'avais coulée l'été dernier, et qui n'avait toujours pas séchée... Il me vint à l'esprit que je n'aurais jamais dû faire cette dalle en argile argileuse. Mais le sujet initial est ailleurs ( comme la vérité ), autrepart, pas là du tout, à mille lieu de ce que je vous raconte actuellement, bref, on s'égare.
Quand je décrochai, il n'y avait personne au bout du fil, même après m'être levé et avoir inspecté la prise pendant de longues heures, j'eus la confirmation précise qu'il n'y avait personne au bout du fil. Mais cette inspection me fit prendre conscience d'une chose : le téléphone n'était pas branché.
Mulder avait donc raison : nous n'étions pas seul sur Terre ! Comment ce téléphone pouvait-il sonner sans être branché ? Hein ? Comment ???
Cette question hanta ma nuit jusqu'à au moins 19h30 quand je m'écriai : " Damned ! Sacrebleu ! Bon sang, mais c'est bien sûr ! Eurêka ! Diantre de sacripan que je fais ! Mais suis-je gourde parfois ! "
En effet, ce que j'avais pris pour le téléphone importable était en fait une cuillère à spaghetti ! A faire des trucs qui ressemblent à d'autres, les ingénieurs en design devaient s'y attendre : bientôt, on prendrait des vessies pour des lanternes !
C'est à 20h15 très précise que le téléphone pleura pour la seconde fois.
Au bout du fil, je reconnus immédiatement la voix du boss qui m'hurla dans les oreilles au point de faire s'entrechoquer le marteau et l'enclume dans un vacarme étourdissant : " Ecoute ! Maman est prêt de toi, il faut lui dire maman, y'a quelqu'un pour toi !"
Moi, interloqué : " Euh .... Chef, vous êtes bien sûr de ne pas avoir fait un mauvais numéro ? "
- " Dis lui je t'en prie, dis lui c'est important, et qu'il attend !"
- " Euh .... Chef ! Vous y êtes allés vous à l'hôtel Beau-Rivage ?"
- " Qu'est ce que tu me racontes Steven ? T'as vraiment besoin de repos toi !!! Tu te fais sacrément vieux ! J'allais te confier une mission de la plus haute importance, mais je vois que tu as l'air d'être encore un peu dans le coma... T'as encore mangé une boite de corned-beef dans sa gelée toi !!! Tu sais bien que ça ne te réussi pas !!! Bon, je t'appelais pas pour ça, on est dans une sacrée merde Steven ! Le FBI vient de m'appeler et ils te veulent sur cette mission. Et cette mission, si tu l'acceptes, consiste à capturer le grand chef Gouatte, un terroriste alsacien, avant qu'il ne cambriole toute une série d'enseignes de boucheries chevalines dans le sud du comté de Oneagainpeoplemachineontheskyisblueandwhereisbrianheisinthekitchen, au Guatemala. Autant te dire qu'il est inutile de te préciser qu'il faut que tu saches tout en étant bien conscient que ça ne sera pas facile, en admettant que tu acceptes cette périlleuse mission, qu'il y a de grandes chances que tu échoues si tu ne réussis pas. C'est clair pour toi Steven ? C'est dangereux, ils ont tout de suite pensé à toi, mais la dernière fois que tu as bossé pour eux, c'était il y a 20 ans quand tu es allé chercher le petit chat du patron du FBI dans un arbre derrière la bibliothèque rose... Ca remonte pas mal, et je ne sais pas si tu as la santé pour assumer une mission de cette envergure internationale ! Qu'est ce que tu en penses Steven ?"
Putain ... J'en peux plus des phrases à rallonge du boss. Je comprends toujours plus ou moins le début et les trois derniers mots, mais je suis toujours incapable de comprendre le sujet principal de sa conversation.
Je dis oui à tout hasard, en ne sachant pas vraiment où je mettais les pieds ... Pour l'instant, ils étaient bien dans mes sandales en plastique ...
48 heures après, je me trouvai parachuté dans la jungle guatémaltèque, une jungle aussi bordélique que le nom est chiant à prononcer.
24 heures après les 48 heures précédentes, je me trouvai rapatrié à Ciudad, la capitale du Guatémala, fondée en 1773, sous perfusion, entre la vie et son contraire...
Le parachutage se passa bien. Même si je n'avais pas fait de saut depuis ma chute du balcon de ma tante Cynthia, le jour de mes 8 ans ... C'est l'aterrissage qui posa plus de problèmes... Après une bonne minute de chute libre, je me retrouvai le visage en sang dans un sapin à écorce marron ( comme la plupart des sapins d'ailleurs ...). Si j'avais écouté l'instructeur, au lieu de me gratter les oreilles, j'aurais peut-être entendu qu'il fallait tirer la poignée jaune et non la rouge, qui était en réalité la ficelle de mon caleçon ...
Je ne sais pas combien de temps je suis resté inconscient de tout ce qui se passait autour de moi, mais ce dont je suis sûr, c'est que j'étais bien conscient de cette putain d'araignée qui me courait sur le visage !!! Moi qui ai horreur des reptiles !!!
M'en foutais sur le coup, puisque les araignées ne sont pas des reptiles ! Je la poussai donc d'un revers de la main, même si un bon coup droit fut plus approprié .
Après de longs instants à me débattre et à me battre avec tous ces fils emmêlés dans les branches, je fis l'inventaire de mes blessures. Le nez cassé, ainsi qu'au moins trois doigts de la main droite, un genou en compote et mes bottines Prada complètement bousillées !!! Purée ! ça faisait à peine 15 jours que j'avais passé une paie là dedans !!!
Losque je fus enfin à terre, ce fut pour me retrouver par terre. J'avais oublié dans mon inventaire une double fracture du tibia. Moyen moyen pour traquer de dangereux terroristes savoyards...
J'étais allongé là. Comme un con. A ne pas pouvoir bouger. A attendre qu'on vienne me chercher à 10 km de là. Et ceci dans moins de 4 heures. On met combien de temps à faire 10 km quand on est complètement hors service ? L'avenir me l'a appris ... Un peu comme ma maitresse de primaire m'a appris à ne pas taper sur mes camarades de classe avec les branches qui trainaient dans la cour en automne ...
Dans ma malchance, j'eus de la chance. Mon parachutage m'avait amené à quelques centaines de mètres du camp de base de Gouatte. Le temps de sortir mon fusil à lunette de son étui en cuir 100 % pure vachette à 55 euros, et j'étais en place. Prêt à faire feu sur celui qui allait changer la face du monde. Ou du moins la face du commerce de viande chevaline. Je me demande quand même toujours si le FBI ne m'a pas mené en bateau. Est ce qu'on envoie un soldat de ma trempe dans la jungle sud américaine pour un simple cambrioleur de viande hippique ? N'y aurait-il pas autre chose de plus grave derrière tout ceci ? Et si notre homme était le plus grand pilleur de poulailler ?
J'étais en place.
Prêt à faire un carnage sur cet homme, qui qu'il soit.
Un mouvement.
Je le reconnais d'après les photos. La poisse m'a abandonné, même si les douleurs insoutenables parcourent mon corps. Il a exactement le même visage que sur les clichés que je porte sur moi... Enfin, que je portais sur moi, avant que la poche de mon treillis Gucci ne rende l'âme et laisse ainsi échapper les seules preuves que je ne me trompe pas ... Tant pis, je crois bien que c'est lui, d'après mes souvenirs alzheimériens, je crois bien que c'est lui.
Je retiens mon souffle, qui était déjà coupé.
Je l'aligne dans mon viseur.
Il est immobile. Il fume un cigare cubain. Je les reconnaitrais entre mille. Deux mille, je dis pas, mais mille, je pourrais ...
Il est immobile.
Mon doigt blessé tremble sur la gâchette.
Je retiens ma respiration, je ferme les yeux.
La détonation fut assourdissante.
J'avais raté ma cible. A moins que ma cible ne fut ........ mon oreille gauche ...
La balle est passée à quelques millimètres de l'oreille de Gouatte, a ricoché sur le cadre de la bicyclette pendue derrière lui, s'est élevée dans les airs en tuant au passage un pélican. La munition est ressortie par le bec du volatile en direction du camp, a rebondi sur le pare-choc de la Jeep du terroriste, avant de filer dans la cabane et prendre la direction de la poêle où réchauffaient des cuisses de grenouilles à la provençale. La balle fit le tour de la poêle, ressortit par la fenêtre des toilettes avant de se diriger à nouveau dans ma direction.
Je n'eus pas le temps de faire le moindre geste, obsédé par la trajectoire bizarre de la balle.
Puis ce fut l'impact.
Puis le noir.
J'ai froid. Je ne vois plus rien.
Je suis probablement mort, ou même pire : je suis décédé !
24 heures plus tard, j'ouvris les yeux sur une belle infirmière sud américaine. J'appris par la suite qu'elle était née à Lausane.
J'avais raté ma cible, mais j'étais encore en vie.
Ma convalescence fut longue. Le boss vint me rendre une seule et unique visite, pour m'apprendre que Gouatte était mort. Brulé par une casserole bouillante de cuisses de grenouilles et un bec de pélican planté dans le crâne et une roue de bicyclette autour du ventre. Le FBI ne s'expliquait pas cette étrange mort, mais me félicitait pour le service rendu.
Après une phrase de 16 minutes, le patron quitta la chambre, direction Chicago, où il m'attendait dans 3 semaines. 3 semaines de vacances !!! Le pied !! J'allai pouvoir enfin faire connaissance avec cette petite infirmière guatémaltèque ...
Ca fait du bien de rentrer chez soi ...
|
|
|