Steven's profileSteven Seagal et la four...PhotosBlogListsMore ![]() | Help |
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02 November Alinéa.Non, vous ne rêvez pas, c'est bien moi, Steven, qui reprend du service.
Ca fait un bail que je n'ai pas mis les pieds ici, mais pour les deux ou trois derniers lecteurs qu'il me reste, je me dois bien de vous donner quelques nouvelles ... J'ai écrit "lecteurs", parce que je pensais que "fans" serait un chouilla prétentieux ...
Je vous écris de France, où je me suis installé depuis mon départ de Chicago, et plus précisément d'une plage près de Belfort.
J'ai tellement de choses à vous raconter, que je ne sais par quoi débuter. Et si je débutais par le commencement du début ?
Quand je suis arrivé sur le territoire français, je ne savais pas encore où je mettais mes santiags. J'avais choisi la France pour plusieurs raisons, et tout d'abord pour la première. Puis la seconde qui précédait la troisième.
J'avais choisi la France, tout d'abord parce que c'était suffisamment loin et civilisé pour essayer de ma faire oublier les Etats-Unis. Je ne pouvais plus vivre aux USA, où tout le monde me connaissait et me harcelait pour diverses raisons. En effet, mes exploits étaient quasiment relatés tous les soirs aux infos de midi, et ce, sur toutes les chaines du câble et du satellite. Même hors-circuit, j'étais pour ainsi dire une légende. Je ne pouvais plus pisser contre un lampadaire sans que les chiens du quartier viennent me renifler le derrière ... Pour les novices, c'est une image ...
Les éditeurs me téléphonaient 20 fois par jour pour que j'écrive mes mémoires, les publicitaires pour escaliers roulants s'arrachaient mon image pour une page centrale du programme télé. Les producteurs d'émissions à sensation me voulaient tous sur leurs plateaux trop éclairés, entre un reportage sur la femme aux deux anus et un cours de bourse pour les adolescents pré-pubères.
Merde, je ne pouvais pas tomber dans cette déchéance. Je n'avais jamais fait ce boulot pour la gloire, juste pour aider mon prochain, et mon précédent, s'il était encore en vie.
Vivre et laisser mourir. C'est en entendant cette chanson de McCartney sur mon vieux transistor à piles, que j'ai pris ma décision. Je laisserais mourir Steven, le personnage public, pour continuer à vivre ma vie d'homme. Mais plus loin, plus ici ...
Et je suis parti après la petite fête organisée au commissariat. Le taxi m'attendait en bas de l'immeuble, mes bagages m'attendaient dans le coffre du taxi. L'avion m'attendait sur la piste B54 de l'aéroport de Chicago, sur le vol 02SUD'1NI2COUCOU. En quelque sorte, tout le monde m'attendait, et moi je ne savais pas où j'allais.
La deuxième raison pour laquelle j'avais choisi la France était pûrement par facilité. Mon père avait des origines Hongroises, et ma mère Thaïlandaises, il fallait donc que je m'établisse et retrouve mes origines en France.
Et la troisième raison était la plus simple. Elle était l'appel du ventre. Les Français étaient de purs connards de donneurs de leçons, mais ils cuisinaient comme personne, et ne parlons même pas de leur pinard ... Comme ils le disent ici.
Quand je suis arrivé à l'aéroport d' Aurillac, je me suis tout de suite senti dépaysé. Certes, ce vol n'était pas le plus direct, mais sensiblement le moins cher. Il ne faut quand même pas oublier qu'une pension d'invalidité de flic, ça paie pas un aller simple Chicago-Paris. Alors on s'organise autrement, pour moins de 100 dollars, j'ai pris un avion pour la France, mais avec plusieurs escales : tout d'abord à Chicago, après que le commandant de bord se soit aperçu de l'absence de kérosène dans les réservoirs, puis à Buenos Aires, même si je doute que ce fut le chemin le plus direct. Après, le voyage fut sans encombres jusqu'au Qatar, et après nous avons filé tout droit jusqu'à Dakar avant d'arriver enfin à Aurillac en plein après-midi d'été. On m'aurait dit qu'Aurillac était une des villes les plus froides de France, j'aurais évité la chemise à fleurs et les tongs en plastique alors qu'il ne faisait que 3 degrès à 15 h du matin ...
Je ne connaissais personne en France, juste une fille qui avait été un contact lors d'une affaire d'espionnage international à Ibiza, au siège de Seat. Et encore, je ne l'avais jamais vue, elle était juste un contact téléphonique. Je me souviens de notre première conversation comme si elle datait de la semaine dernière. Le boss m'avait donné son numéro et m'avait dit de la contacter pour qu'elle me fournisse les dernières informations sur le chassis bi-latéral à double ponction lombaire avec détente à air comprimé de la dernière Seat Tolédo. Je ne rentre pas dans les détails, mais un baron de la drogue de Chicago était un ferru de voitures européennes, et plus particulièrement de la marque Seat. Il avait flashé sur la dernière Tolédo au salon de Détroit et avait décidé qu'il transporterait a drogue dans cette voiture, qu'il trouvait passe-partout, tout en étant d'une fiabilité hors-norme. C'est en arrivant en Europe, que j'ai appris qu'il n'y connaissait rien du tout en voiture ... Bref, j'avais infiltré son gang en tant que préparateur de toutes ses voitures, et je devais donc contacter cette fameuse fille qui bossait à l'accueil chez Seat au siège français de Vesoul, en Normandie. Cette fameuse fille qui répondait au mélodieux prénom de Santa Christina d'el Pibe de Oro de Conzalo de Sanchez da Conceicao Maria del Plata, me fit perdre la fin de ma phrase. En l'écoutant se présenter au téléphone, je décidai de la surnommer Monique, ce serait plus simple et c'était un bon moyen mémotechnique pour éviter d'écorcher son nom.
Inutile de vous dire que Monique n'était pas vraiment secrétaire, mais faisait partie de la branche européenne du FBI, avec qui nous travaillions parfois, quand on ne pouvait pas faire autrement ...
Je me rappelle avoir trouvé sa voix très rocailleuse au début, c'était bien avant de savoir qu'elle mangeait réellement des cailloux, ne trouvant plus les poux, les choux, les joujoux, les genoux et le hiboux à son goût ...
Là, je sens que je rentre un peu dans les détails, alors que je vous avais promis plus haut de ne pas le faire.
Bref, je n'avais jamais rencontré Monique, mais malgré tout, j'avais senti à l'époque, que le courant était bien passé entre nous, car grâce à nous deux, le baron de la drogue était passé sur la chaise électrique ( je me mets un magnifique 10/10 pour cette blague d'électricien ! ).
Sur le tarmac de l'aéroport d'Aurillac, dans mon fauteuil roulant, je me suis rappelé que j'avais encore son numéro dans mon portable, et alors j'ai appelé le siège de Seat France à Vesoul, où on m'a dit que Monique était partie après notre premier et dernier appel, et qu'on ne l'avait jamais revue.
C'était donc clair à ce moment là dans ma tête, je ne connaissais donc personne en France.
J'avais transféré mes économies dans une banque française en prévision de mon départ. Je n'étais donc pas à poil sur le territoire hexagonal, je devais avoir assez de liquidités pour me payer une petite bicoque au milieu des vignes et une voiture qui pourrait s'adapter à mon handicap. Car pour celles et ceux qui n'ont pas tout suivi, il faut savoir que je suis en fauteuil depuis la chute de ma fenêtre de chambre. Cette chute m'ayant privé de l'usage de mes deux jambes et d'une partie importante qui faisait de moi autrefois un vrai putain d'enculé de mâle !
J'ai d'abord trainé d'hôtels en hôtels, en épluchant les annonces avec mon économe. Puis je suis tombé sur elle, la petite maison à la française par excellence. Une maison avec une porte, des fenêtres et surtout un toit. Elle n'était ni trop grande ni trop petite, ni trop claire ni trop sombre, ni trop cher ni trop glycérine. Elle était donc parfaite pour moi, mais il me manquait 10 € pour pouvoir l'acquérir. J'ai bien essayé de négocier avec le vendeur, mais comme un con de Français, il n' a rien voulu entendre. J'ai donc été obligé de rouler sur les pieds d'une vieille dame à la boulangerie en tirant son sac de toutes mes forces, puis de m'enfuir en récupérant le précieux billet rose avant de jeter le sac dans un cerisier, ou ce qui aurait dû en être un ...
Il m'a fallu acheter quelques meubles et un peu d'électro-ménager pour pouvoir espérer vivre à peu près comme tout le monde, c'est-à-dire en ayant des affaires rangées, de la bouffe chaude et un peu d'eau pour me laver les pieds.
Ca y était. J'avais pris un des plus grands virages de ma vie, et comme tous les virages de ma vie, j'y suis quand même allé d'une bonne série de dérapages, mais ce coup-ci, c'était bon, je pouvais démarrer une seconde vie, dans un endroit où je n'étais pas connu, où je pouvais pisser contre les réverbères et où je pouvais espérer me reconstruire sans les regards et les jugements de tous ceux qui m'avaient connu valide, qui m'avaient connu autrement.
Ce petit village en Bourgogne me convenait bien. Il y avait par miracle une très bonne boucherie chevaline et un accès handicapé pour se rendre à la mairie, qu'est ce que je pouvais demander de mieux? A cette époque, j'aurais presque osé dire que j'étais heureux, que je ne regrettai pas tout ce que j'avais laissé derrière moi. A cette époque, c'était avant que n'arrivent les problèmes, avant que mes démons ne me rattrapent à nouveau ...
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