Steven's profileSteven Seagal et la four...PhotosBlogListsMore ![]() | Help |
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August 29 Laconique. Ma première mission avec mon nouvel équipier Carlos vient de se terminer ...
Putain ! une semaine que ça a duré !!! Une simple mission de routine qui ne m'aurait pris que quelques heures si j'avais été tout seul... J'ai cru que ça ne se terminerait jamais, vous m'entendez bien, jamais .... Vous m'avez bien entendu ? Jamais que je vous dis ! ...
Tout a commencé mercredi dernier quand le boss nous a convoqué tous les deux devant la machine à pâtes ( ben oui, le boss est un grand consommateur de pâtes, alors il a fait installer un distributeur de pâtes dans le hall de la salle de réunion, juste entre le distributeur de préservatifs ( ça nique pas mal au commissariat ...) et le distritibuteur de boeuf bourguignon ( pour accompagner les pâtes du boss )), pour nous annoncer le programme de notre première mission ensemble, à Carlos et à moi...
J'ai lu à ce moment là de la compassion, de la compréhension, de la douleur et une envie folle de pâtes avec une sauce de bourguignon dans les yeux du boss. Il savait bien ce que je pensais de tout ça. Il savait bien que je ne pouvais plus travailler en équipe depuis la mort d'Henry l'Irlandais. Il savait bien que je n'avais qu'une seule envie, celle de plaquer cette vie qui ressemblait de moins en moins à celle dont je rêvais. Il savait bien que s'il ne faisait pas vite pour nous brieffer, son plats de coquillettes allait refroidir , et il avait horreur des pâtes froides, d'ailleurs sa femme ne faisait plus de salades de pâtes depuis qu'il l'avait violemment frappée au visage le lendemain de leur mariage, alors que cette dernière croyait bien faire...
C'est alors qu'il dit de sa grosse voix : " Les gars, l'heure est grave !!! On a de grosses emmerdes avec les trois bandes à Didas... Les chefs de clan ne se supportent plus depuis la mort du padre, ils veulent tous le fauteuil de parrain, mais il n'est pas assez larges pour leurs trois culs. Je vous raconte pas les règlements de compte qui pourissent la vie des habitants du quartier nord ... C'est pourquoi j'ai pensé à vous pour faire un peu de ménage là dedans, afin que mon neveu qui habite le quartier puisse garder une voiture plus de 48 heures, faites en sorte qu'il puisse les garder au moins 48 heures de plus, qu'il lui reste plus de 58 minutes à vivre, qu'il ne perde pas son sixième sens, et pour ceci vous avez 24 heures chrono, pigé les gars ? Steven, je te fais confiance pour bien t'occuper de Carlos, quant à toi Carlos, ne fais pas preuve de trop de zèle, écoute bien Steven, il a fait ses preuves. Bonne chance les gars ! Ah oui, j'allais oublier le cinquième élément, le plus important : ramenez vos culs sains et saufs, j'ai plus vraiment de gens compétents pour assurer une telle mission ... Allez , cassez vous, mes nouilles vont être froides et ça va encore me foutre dans une colère noire ..."
Rien n'y ferai ... Le boss ne savait pas faire une phrase de moins d'un quart d'heure ...
Nous nous rendîmes ( c'est beau le passé simple, non ? ) à la machine à café avant de prendre la route et de passer à l'armurerie prendre nos magnum 747. Comme avant chaque mission, je pris un café bien noir et bien serré, alors que Carlos se contenta d'un vulgaire chocolat chaud fait avec de la flotte polyphosphatée... Ca commençait fort ...
Je pris le volant de la Ford Mustang qui m'accompagnait sur toutes mes missions depuis déjà de nombreuses années, quand Carlos, qui me dévisageait comme si je venais de dévorer un goeland à pleines dents, m'interpela : " C'est vous qui conduisez ? N'est ce pas dangereux à votre âge ? "
Je crois que si j'avais eu un goéland sous la main, je l'aurais dévoré à pleines dents ...
Mais pour qui il se prenait ce petit merdeux ? Il pensait déjà m'apprendre mon métier, et en plus il voulait m'apprendre à conduire ? Ma seule réponse fut un sourire en coin un brin moqueur. Je crois que si j'avais chiqué du tabac, j'aurais craché un gros glaviot brunâtre sur ses mocassins Gucci... Va falloir que je me mette à chiquer moi ...
A peine sa ceinture bouclée, je fis ronfler les 450 chevaux de mon étalon et crisser les pneus pour lui montrer à qui il avait à faire, petit con, va !
Les 20 minutes de trajet qui nous séparaient des quartiers nords se sont transformés en 8 mn 46 secondes... Je ne vous cache pas que je n'ai pas respecté les limitations de vitesse, mais n'ayant jamais eu mon permis, je ne risquais pas de me le faire retirer...
Carlos était d'une blancheur à faire peur à Casper le gentil fantôme, on aurait dit un cachet d'aspirine passé à l'eau de Javel ... Je tenais ma petite vengeance, mais plus nous nous approchions ( j'adore la dernière syllabe de ce mot ...) des quartiers nords, plus je m'inquiétais pour le petit. En effet, il sortait tout droit de l'école, où ses seuls faits d'armes étaient de tirer sur des mannequins en carton ou en plâtre, en faisant bien attention de ne pas butter la petite vieille avec son caddie à course à carreaux et la mère de famille mexicaine avec ses 17 enfants dans les pattes... Ca risquerait de faire un peu court si on était pris dans une fusillade avec les chicanos de la pègre des quartiers nords. Je l'ai assez dit qu'on se rendait dans les quartiers nords, ou il vous faut encore une petite piqure de rappel ?
Je lui donnai les derniers conseils : " Ecoute moi bien Carlos, là, t'es dans la réalité, c'est pas du théorique. Je sais qu'on t'a appris plein de choses à l'école des champions et au collège fou fou fou, mais là, rien ne se passe comme prévu. Tu peux prévoir une éclaircie et c'est un orage de gros calibre qui te tombe sur le coin du nez ... Alors, à partir de maintenant, ne fais pas le flambeur, tu écoutes ce que je te dis, tu fais ce que je te dis, tu pisses quand je te le dis, tu avales ta salive quand je te le dis, et quand je te dis rien, tu fais comme si je te l'avais dit, c'est clair dans ta petite tête de flicaillon ?"
Le sourire qu'il me décrocha me glaça le sang. On aurait planté un batonnet dans mon bras à ce moment là, on en aurait retiré un sorbet de globules blancs et rouges m'appartenant...
Je ne lisais rien dans ses yeux d'autre que de la suffisance et une confiance en soi que je n'avais même pas depuis toutes ces années de service. Deux solutions, soit ce gamin était complètement barjot, auquel cas on était dans de beaux draps à fleurs, soit il n'était pas du tout conscient du danger que nous courions à nous aventurer dans ce quartiers de truands dont le QI total ne devait pas dépasser les 50... Dans les deux cas, ça s'annonçait mal, voir même pas bien du tout. Qu'est ce que le patron avait fait ? Etait-il seulement au courant que ce gosse n'avait plus d'essence dans le moteur ?
Avant de descendre de la voiture, il me dit : "Ne t'inquiète pas Steven, je maitrise la situation, fais moi confiance. J'ai pris des cours du soir pendant l'école, des cours qu'on ne prodigue pas à l'école de police ..."
Ce gosse était tout bonnement taré. Je connaissais ces malfrats mieux que leurs parents eux-même, et je savais que le petit ne survivrait pas plus de 43 secondes dans ce merdier, mais qu'est ce qui lui prenait bon sang ?
Il s'éloigna de la voiture, non sans avoir négligemment jeté son flingue sur le siège arrière.
Je m'étais trompé sur le gosse, il n'était pas taré, il était fini à la pisse. J'allais perdre un deuxième co-équipier, et celui ci, je ne savais même pas si je pourrais hériter de sa collection de films pornos ... Qu'est ce que j'allais dire au boss ? Que j'avais laissé le môme prendre les commandes de l'opération ? Que j'avais eu trop les boules pour l'empêcher de se suicider devant mes yeux ?
J'allais finir à côté du distributeur à nouilles. On mettrait une pièce d'un dollar et on pourrait y déguster un sorbet au sang froid de Steven ...
J'étais tellement surpris par sa démarche insensée que je ne pus rien faire d'autre qu'observer. Et ce que je vis, je le vis avec mes yeux qui se trouvent dans mes cavités occulaires où ils sont bien à leur place ...
Un mec barrait la route de sa vieille Honda Civic, un fusil à pompe dans chaque main, prêt à canarder quiconque oserait s'aventurer sur son territoire. Il regarda Carlos s'approcher lentement, d'une démarche nonchalante, en souriant. Il attendait surement qu'il soit assez près pour lui faire sauter la cervelle de ses deux canons sciés.
Mais il n'en fit rien.
Quand Carlos fut près de lui, il le serra dans ses bras. Je n'entendis pas ce qu'ils se racontaient, mais aucun des deux n'avait l'air d'avoir le moindre esprit belliqueux. C'est alors que Carlos me fit signe de m'approcher.
Pour la première fois depuis des années, un gamin venait de me bluffer.
Mais qu'est ce qu'il avait dit au type pour qu'il y ait autant d'effusion de tendresse entre eux ?
Je ne savais même plus si je devais pointer mon arme sur le gars ou si je devais le fourrer maladroitement dans mon caleçon, au risque de me faire éclater les noix de cajou ...
Carlos m'expliqua lors du banquet final ( comme dans Asterix ...) qu'il était né ici, et qu'il avait passé toute son enfance ici. Que les trois bandes à Didas étaient sa famille, dans les quartiers nords ( ...) tout le monde était cousin... Et ce que le boss avait pris pour des coups de feu, n'étaient qu'en réalité que des feux d'artifices célébrant le mariage de la fille d'un des parrains, Katarina Chikachikachikayayaye. Et dans cette communauté, il était de tradition de fêter un mariage pendant deux semaines.
Nous étions arrivés à la fin de la première semaine, et la seconde tradition voulait que toute personne entrant en cours de mariage se devait de rester jusqu'à la fin de ce dernier, sous peine de se voir trainer derrière une voiture pendant 126 km attaché à une corde et en slip...
Je ne pris pas le risque. J'avais un caleçon avec des ours et des coeurs, et j'avais une réputation à tenir.
Nous fûmes reçus comme des rois. Ce fut une semaine rude pour les nerfs et la santé...
Ma première mission avec mon nouvel équipier Carlos vient de se terminer ...
Putain ! une semaine que ça a duré !!! Une simple mission de routine qui ne m'aurait pris que quelques heures si j'avais été tout seul... J'ai cru que ça ne se terminerait jamais, vous m'entendez bien, jamais .... Vous m'avez bien entendu ? Jamais que je vous dis ! ...
August 16 Kinésithérapie.Je me pose la question de savoir si je dois arrêter ce métier ou le continuer.
J'ai 56 ans, dans quatre ans, j'en aurai 60, et dans sept ans, j'en aurais 63...
Le mois dernier, je suis allé voir le boss pour qu'il me trouve une place dans les bureaux, à faire de la paperasse. C'est pas mon truc la paperasse, mais mes jambes ont 56 ans, dans quatre ans, elles en auront 60, et dans sept ans, 63... Et des jambes de 56 ans, quoiqu'on en dise, ça va pas aussi vite que des jambes de 37 ans, et encore moins que des jambes de 23... A moins que le gars de 23 ans ne souffre d'une double fracture tibia-péroné, auquel cas, je peux le griller sur un 86 mètres lancé, mais sinon ...
Le boss, il m'a dit d'aller siffler là haut sur la colline et de l'attendre avec un petit bouquet d'églantines. J'ai cueilli les fleurs et j'ai sifflé tant que j'ai pu, j'ai attendu, attendu, il n'est jamais venu... Zai, zai, zai zai ....
En d'autres termes, ça voulait dire : " Non Steven, la police de Chicago a trop besoin de gars comme toi, qui connaissent les rues de cette putain de ville par coeur ( oui, le boss est parfois peu à cheval sur la politesse, il est plus à poney ...) et qui connaissent les malfrats de cette saloperie de ville sur le bout des doigts de pieds ( vous voyez, je vous disais !...). Alors non Steven, tu as commencé le boulot à 23 ans, et avec le nouveau régime de banane de la sécu, tu dois cotiser 53 ans, donc tu atteindras l'âge de la retraite aux alentours de l'âge du capitaine, ce qui signifie qu'il te reste quelques années à tirer, ce qui signifie que tu ne seras pas un planqué dans les bureaux avant au moins 29 nouvelles lunes, ce qui signifie que tu restes sur le terrain avec Carlos Gipsyking, ton nouvel équipier qui vient d'arriver de l'école des champions, après être sorti major de promo du collège fou, fou, fou... Oui, je sais, tu n'étais pas prévenu, maintenant tu l'es, que ça te plaise ou non, il a été désigné pour t'accompagner dans tes missions jusqu'à ce que ses dernières dents de lait soient tombées... Cette phrase interminable touche à sa fin Steven, tu peux sortir du bureau en claquant la porte vitrée très fort si ça te chante, et passe m'acheter un steack de jument fécondée à la boucherie chevaline en bas de la rue, car ce soir c'est la finale du Super Bowl, avec Céline Dion à la mi-temps, je ne louperais ça pour rien au monde, alors je n'aurai pas le temps de cuisiner ce soir, surtout que ma femme est chez sa mère car elle ne supporte plus le football..."
J'ai bien cru que le boss ne terminerait jamais ce monologue.
Ce que j'en avais retenu ?
Que non, je n'aurais pas cette place laissée vacante par le vieux Jim qui venait de décéder dans un accident de barque sur le lac Titicaca, qu'il me restait encore quelques années à tirer et surtout qu'on m'affublait d'un équipier !... Chose à laquelle je n'étais plus habitué depuis la disparition de mon vieux pote Henry l'Irlandais ...
A cette époque, j'avais posé mes conditions, je restais dans la police à la seule condition de ne plus m'attribuer d'équipier, chose que le boss avait acceptée et signée le soir de l'arbre de Noel du commissariat. Je m'en souviens comme si c'était avant-hier, c'était le 23 Juin d'une année à 4 chiffres, et il avait signé ce papier, alors qu'il était sous l'emprise d'un cocktail maison à base de jus de carottes râpées et d'oasis pomme-cassis, le tout arrosé d'un alcool de contrebande que j'avais saisi la veille lors d'une arrestation un peu musclée près de Cherokee Park, dans le Wisconsin ...
Je m'en étais bien tiré à l'époque, et pour ne pas que l'affaire s'ébruite, le chef avait accepté mes conditions : à partir de ce jour, je bosserais seul, je marcherais seul, moi j'préfère rester toute seule, car sous leurs airs innocents, ce sont de vrais brigands ...
Et aujourd'hui, après toutes ces années, on m'obligeait à faire équipe avec un p'tit Porto-Ricain au nom bizarre, me rappelant ce bar à tapas lors de mon séjour au Vietnam dans les années 60... C'est pas que j'aime pas les jeunes, mais les méthodes ont beaucoup changées depuis mon époque, et aujourd'hui, on leur bourre le crâne de concepts et match, on leur fait croire qu'ils sont les meilleurs, on les entraine avec des flingues qui trouvent leur cible sans viser... Plus rien à voir avec les vieilles méthodes de mon époque, les vraies bonnes méthodes, celles qui ont fait leurs preuves depuis que le monde est monde et depuis que Nancy Kerrigan s'est fait bousiller les genoux par les hommes de main de Tonya Harding ...
Et là, à quelques années de la retraite, on allait "m'emmerder" avec un jeune blanc-bec qui sait tout et qui va m'apprendre comment menoter un malfrat sans violence et comment prendre un virage lors d'une poursuite sans laisser trop de gomme sur le bitume fraichement refait ???
Moi ? Le super flic ? On m'affublait d'un stagiaire avec de l'acné sur le nez et aux cheveux gras ?
Bon sang, qu'est ce que j'avais donc fait pour mériter pareille malédiction ? Simplement parce que j'avais demandé au boss un boulot un peu plus peinard ?
J'allais devoir m'y faire, que je le veuille ou non, et cette seule idée de savoir que je ne serai plus maitre de mes actes sans avoir un rapport à faire en 14 exemplaires, me terrifiait au plus haut point, pour ne pas dire que ça me foutait les glandes entre le bout des doigts de pieds et la pointe extrème de ce qui me restait comme cheveux ...
Ce soir là, je ne suis jamais allé à la boucherie chevaline acheter le steack du chef.
J'avais l'esprit ailleurs, avec cette certitude certaine que les années qu'il me restait à tirer allaient être longues, très longues, trop longues.
Demain, je vais rencontrer ce Carlos Gipsyking, et je vais devoir le former, c'est pas gagné, c'est plus de mon âge ...
Allez tiens, je vais aller me matter le Super Bowl, et je vais passer chez le bookmaker du coin pour miser un billet de cent sur Tampa Bay, ils ne sont pas favoris, mais je peux pas piffer ces péteux de St Louis ...
August 07 Jokari.Aujourd'hui, j'ai pas le moral.
Et pourtant je me suis mis un disque de la compagnie créole, il parait que c'est bon pour le moral ...
J'approche de la soixantaine, et je me dis que je suis plus proche de la sortie que du grand videur bodybuildé à l'entrée de la boite.
Pas mal d'éléments me font comprendre qu'il serait peut-être temps d'arrêter.
Mon boulot me pompe toute mon énergie, c'est plus de mon âge tout ça ... Quand je vois tous ces loups aux dents longues qui intègrent l'école de police, je me dis que le temps fait son oeuvre, que les mentalités ont changé, que peut-être je n'ai plus ma place ici.
Pourquoi tant de mélancolie traverse mes pensées aujourd'hui ?
Sûrement parce qu'au moment où je vous parle, je suis sur le trône avec un mal de tripes carabiné...
Putain, hier soir, j'ai mangé au japonais du coin avec un ami, et j'ai mangé trop de riz.... Et le riz, ça me constipe, là comme c'est parti, j'en ai pour minimum une semaine ... Pourtant, d'habitude, je digère le riz dans les sushis, mais là, y'a un truc qui passe pas ...
Bref, je ne vais pas m'étendre sur mes problèmes gastriques, à moins que vous y teniez vraiment ? Oui ? Non ? Sûr ? Vous n'allez pas regretter ?
Ok, alors on passe à autre chose ...
C'est vrai que mon métier demande beaucoup de temps, d'énergie et surtout de temps ... Je suis allé parler au bureau du patron hier matin, vers 17 h 36, et je lui ai dit le fond de ma pensée. Vraiment le fond, il a fallu que j'aille racler les parois... D'ailleurs, ça me fait penser qu'il serait temps d'y faire un peu de ménage, car il y reste encore pas mal de trucs pas jolis-jolis ...
Je suis rentré dans son bureau et lui ai dit : " Patron, je vais vous dire le fond de ma penseé !"
Et là, il me rétorque : " Ok, Steven ! Mais râcle bien les parois, et pendant que tu y es, il serait temps d'y faire un peu de ménage, car il y reste encore pas mal de trucs pas jolis-jolis ...!"
Comment ce mec là pouvait-il lire aussi clairement dans ce qui me sert d'esprit ?
Parfois je me demande pourquoi il est mon chef ? J'avais ma réponse aujourd'hui ...
Interloqué, je suis resté quelques secondes complètement muet, et j'ouvris la bouche d'un ton hésitant : " Patron, il faut que je vous dise le fond de ma pensée !"
Oui, ok, ça peut vite devenir très lourd, c'est pourquoi je vais éviter le comique de répétition pour aujourd'hui, et surtout pour faire un peu plus court, car on ne va pas y passer la nuit. Et puis, j'ai pas vraiment l'intention de passer ma journée assis sur le trône, de toute façon, je me connais et je connais mon corps, quand ça veut pas venir ... Putain de riz !
Le patron, lisant en moi comme dans un livre ouvert dans un panier en osier au bord d'une plage de Bretagne, m'invita à m'assoir, et comme il n'était pas non plus trop pour le comique de répétition, m'invita à faire vite, prétextant une partie de golf avec le maire ( qui fut très heureux de retrouver sa fille, au demeurant... Une fille un peu demeurée, par la même occasion ...), alors que moi, je savais bien qu'il prenait des cours du soir, des cours de découpe de viande, car son rêve le plus fou était d'ouvrir une boucherie chevaline à sa retraite, car, comme moi, ce métier l'épuisait et vous pouvez reprendre votre respiration, car cette phrase interminable va prendre fin après le troisième bip sonore : bip sonore, bip sonore et dernier bip sonore ...
Allez-y, prenez votre temps et votre respiration, nous ne sommes pas aux pièces, et puis je vois bien que vous êtes un peu rouges. Soufflez un grand coup !
Je m'assis donc sur la petite chaise en velours vert qui était réservée aux visiteurs du boss ( qui lui, posait son gros fessier dans un magnifique fauteuil en cuir de vachette rose, faisant croire à tout le monde que c'était un cadeau de sa fille pour la fête des pères, mais moi je n'étais pas dupe ... Je savais bien qu'il avait eu ce cadeau pour Noel... Mais je suis une tombe, j'emmènerai ce lourd secret avec moi ....
Je me rends compte qu'on avance pas beaucoup dans cette narration, il faudrait peut-être que j'arrête les appartés et toute sorte de parenthèses, sinon, nous sommes encore là l'hiver prochain, et je vais choper des escares sous les fesses à rester assis ainsi sur la lunette des toilettes de cette aire d'autoroute ... Ah, je vous avais pas dit ? Ben oui, je suis sur une aire d'autoroute, car je me rends à un festival de jazz, où je chante avec mon orchestre en première partie des Beach Boys, et juste après François Feldman.
Venons-en aux faits ! Le boss me dévisageait, il savait que j'avais quelque chose d'important à lui dire, n'oubliez pas qu'il lisait en moi comme dans un livre ouvert dans un panier en osier au bord d'une plage de Bretagne ...
J'allais ouvrir la bouche quand le téléphone rouge, sur le bureau, retentit. En fait, ce n'est aucunement le téléphone qui retentit, ma la sonnerie de ce dernier, car tout le monde sait bien qu'un téléphone ne retentit pas, il vibre ou sonne quand il n'émet pas toute sorte d'autres bruits, alors on la refait pour que vous compreniez mieux.
J'allais ouvrir la bouche quand la sonnerie du téléphone rouge, sur le bureau, retentit. C'est mieux ?
Le boss décrocha et parla d'une voix fluette que je ne lui connaissais pas : " Allo ? Oui, moumoune... Ce soir ? Chez les voisins ? Ben c'est que ... Oui, d'accord, d'accord, t'énerves pas ... Oui, moumoune... Oui, je sais que toi tu ne dis jamais rien quand ma mère vient passer 3 ans à la maison...Oui, moumoune, d'accord.... Je passe chez le fleuriste et j'achète une bouteille de scotch bon marché ... Moi aussi .... Moi aussi ... Oui, moumoune... Non, là je peux pas te parler... Oui, moi aussi ... Moi aussi ... Non, c'est toi qui raccroche ... Non c'est toi ... Non, toi d'abord ... Non, la dernière fois c'était moi ... ( Anais, si tu nous écoutes !) Allez, Moumoune, raccroche, je suis en entretien, je peux pas ... Oui, moi aussi, là où tu aimes ... Moi aussi ... Moi aussi ... Oui, la noire ... Non, pas la rouge, elle te fait de grosses fesses .......... Mais non, elle te va très bien, mais oui je t'aime aussi dans la rouge.... Mais t'énerves pas Moumoune, oui, j'aime aussi la rouge ..... Bon, ben comme tu veux, mets la rouge ... En même temps, ce n'est qu'une garden party chez les voisins .... Oui, d'accord, tu mets la rouge ... Je me tais ... Mais quand même je te préfère dans .... Ok, la rouge .... Oui, moi aussi moumoune ... Oui.........."
Bon, je vais couper là, parce qu'en réalité, cette conversation téléphonique a duré environ 27 minutes, et je dois bien vous avouer qu'à un moment, j'ai un peu décroché pour aller me chercher un café noir sans sucre à la machine à café noir sans sucre dans le couloir ... Celle juste à côté du distributeur à Kinder Bueno ...
Quand je revins le lendemain, le boss avait racroché, il me dit en me voyant arriver : " C'est bon Steven, pour ce que tu m'as demandé hier soir, tu les as tes 3 semaines de congés, tu en as bien besoin vieux frère !..."
Ce mec lisait vraiment dans mes pensées, et maintenant je savais pourquoi c'était lui le boss....
J'avais trois semaines devant moi, et des projets plein la tête... Je pourrais enfin nettoyer ces taches de fraises sur mon bar ...
Hiuoyuioygnui uiy yutf yrd tesh kuo ouiyg ouiyg u uiyt ftrsu oiupiug tfrxqercx fcjhvbuyt gc....
Bruit de la chasse d'eau ...
Vous ne croyiez quand même pas que j'allais rester sur les chiottes après votre départ !!!
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