Steven's profileSteven Seagal et la four...PhotosBlogListsMore ![]() | Help |
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February 22 Tarentule.Je m'emmerde grave ...
Comme vous le savez, ou pas, le boss m'a donné un congé sans solde pour que je me retrouve seul avec moi-même, afin de prendre conscience de mes erreurs passées ... Autant me dire que je suis trop vieux et que j'ai une trop grande gueule, ça aurait été plus honnête, et donc moins malhonnête.
Je tiens tout de même à rassurer les deux ou trois personnes qui suivent encore mes aventures, je ne suis pas viré, mais au repos forcé, sans plaque, sans arme et sans salaire ... Heureusement, ils m'ont laissé ma machine à expresso qui fait de bons cafés au bon goût de Javel ...
Alors j'attends. J'attends que le monde change, j'attends que changent les gens.
Depuis, je fais les petites annonces, je fais même les grandes, les poilues, les velues, les toutes ridées, les monts pelés ...
Aux States, comme en France, le boulot ne court pas les rues. Il y en a bien, mais pas pour moi ...
Comment voulez vous que je trouve un boulot à 57 ans, même si je fais bien 8 mois de moins ? Et Dieu sait que je ne suis pas fainéant de mes mains, et des autres parties de mon anatomie non plus d'ailleurs, mais ça, c'est une autre histoire, et je sais que des enfants de tous âges passent par ici ...
Depuis bientôt un mois, j'envoie des curiculum vitae à toutes les boites de Chicago cherchant de la main-d'oeuvre qualifiée mais sous-payée.
J'ai bossé 6 jours dans un abattoir, et me suis fait viré au septième pour avoir tranché la tête d'un collègue Porto-Ricain à la place de celui d'un boeuf.... Maladresse et malchance, quand vous me tenez !!! J'y peux rien, ce mec il était vache avec moi, une vrai tête de veau ... J'ai glissé et lui ai tranché la gorge, il hurlait comme un porc ... Le patron est venu me voir pour me dire de rassembler mes affaires et de partir sans passer par la case départ. Il a rajouté qu'il ne porterait pas plainte, vu que son abattoir sert à blanchir de l'argent, et que lui aussi avait du sang sur les mains ...
C'est le métier qui doit vouloir ça ...
J'ai bossé 5 jours en tant que commis de coiffeur ... C'est pas la peine de rigoler, y'a vraiment pas de quoi ...
A la base, j'étais embauché pour faire les shampoings et balayer la boutique de tous ces cheveux ... Le cinquième jour, la boutique étant pleine à craquer, je me suis proposé pour faire une coupe de cheveu à un aveugle du quartier, ayant moi-même été un temps coiffeur lors de mon service militaire. Il me restait quelques bases ... De toute façon, de par son état, il n'y verrai que du feu ... Tout se passa bien jusqu'à la touche final de la finition au rasoir ... La boutique étant pleine, à un moment je fus bousculé par un garnement courant après son chenapan de frère ... J'allai me retourner pour les gronder quand je me suis aperçu de la tache sombre qui grandissait à mes pieds ... Putain de merde, quand ça veut pas aller ! Si j'avais seulement loupé la coupe, ça aurait été moins grave, mais là, je l'ai pas loupé que d'un cheveu ...
C'est le métier qui doit vouloir ça ...
Puis je me suis fait embaucher dans une boucherie chevaline en prétextant une grande expérience dans un abattoir clandestin et en modifiant quelque peu mon CV, en prétendant posséder un D.U.B.C ( Diplôme Universitaire de Boucher Chevalin ). L'expérience fut brève mais intense ... Je fus admis à mon poste à 6.00 am. Je quittai ce même poste à 6.53 am. Je deviens ainsi l'homme qui a bossé le moins longtemps dans une boucherie chevaline, vous pouvez vérifier, je suis page 528 dans le Guiness Book à la catégorie " Pas de bol "...
Ma mission était simple : découper en quartier tout ce qui ressemblait de près ou de loin à un cheval ...
Je ne fus pas très inspiré de dépecer la femme du boucher avec sa dentition de cheval qui hennissait sous les coups de boutoir du second du patron, qui, par ailleurs, était monté comme un poney ...
Non, je ne fus pas très inspiré ... C'est le métier qui doit vouloir ça ...
J'ai cru que je m'en sortirai en acceptant le poste de videur de boite de nuit que me proposa un ancien collègue, viré lui aussi pour de sombres raisons pas très lumineuses ... J'ai tenu le coup 4 jours. Ou plutôt ( le fidèle compagnon de Mickey ) 4 nuits ... C'était pas un rythme pour moi, j'suis plutôt ( le toutou à Mickey ) diurne à la base ... Pas noctambule pour un sou ... Ma mission, si le l'acceptais, était des plus claires : virer les p'tits voyous de la boite. Facile pour moi, les p'tits voyous, je le chassais il n'y a pas si longtemps ... Et eux, ils me connaissaient, et me craignaient par dessus tout ...
Tout se passait bien, jusqu'à la quatrième nuit. Une nuit sans lune. Une nuit câline, une nuit coquine, une nuit d'amour. Une nuit où vous sentez que tout peut arriver. Une nuit pleine d'incertitudes, où le démon côtoie les anges, où le truand aide la p'tite vieille à traverser et où le samaritain écrase ce petit gosse sans arrêter son gros 4x4. Une nuit où le yaourt se met à tourner et prend ce goût aigre de Javel séchée sur une éponde qui l'est encore plus. Une nuit magique où Catherine Lara vient vous réveiller avec ses vieux relent de Gin ... Bref, une nuit en enfer ...
Tout a commencé simplement. J'ai refusé un groupe de jeunes aryens blonds platines, habillés bon chic bon genre, sentant bon l'eau de Cologne et fervant supporters du Bayern de Munich. Jusque là, rien d'étonnant, on aurait pu en rester là, mais celui que j'avais vite catalogué comme le chef de la bande, a commencé à me chercher des poux ... Erreur, j'ai jamais eu de poux, ma mère m'a toujours lavé les cheveux au vinaigre ...
La bagarre fut inévitable. Le combat ne fut pas équitable, ils n'étaient que 8 sur moi ...
J'ai dû fuir avant l'arrivée de mes ex-collègues, je n'avais pas envie de m'expliquer sur ce carnage. Bilan : 3 morts, 2 blessés graves, 2 culks-de-jatte et 1 intacte ... Je ne tape pas sur les filles, même si elles font 1m98 et pèsent 130 kilos ...
Moi, la nuit, je dors ... C'est le métier qui doit vouloir ça ...
J'ai pensé à la rédemption en acceptant un boulot de forain 3 jours plus tard ...
Mon enfance défilait devant mes yeux, parce que derrière, j'aurais rien vu venir ...
J'ai toujours adoré les fêtes forraines quand j'étais môme. A l'époque, je claquais les sous que je n'avais pas dans les manèges. J'achetais des pommes d'amour et des gauffres aux filles pour les épater de campagne. Je faisais mon crâneur sur les manèges à sensation, puis je me sauvais vite chez moi pour changer ces slips qui sentaient l'urine afin de sauver la face ...
Mon boulot consistait à entretenir et nettoyer les manèges la journée et à me déguiser en fantôme la nuit dans " le train de l'épouvante ", afin de faire peur aux gosses, qui comme moi une quarantaine d'années auparavant, cherchaient à impressionner les copines tout en masquant cette odeur persistante d'urine avec le parfum bon marché de papa ...
Ca aurait pu marcher, si on m'avait donné des limites à ne pas dépasser dans l'art de faire peur à des gosses...
J'ai peut-être été un peu loin dans la maitrise de l'horreur en me servant d'une vraie hache, bilan : 2 décapitations ( merde, il fait aussi noir que dans le trou du cul d'un cheval là dedans !!! ), un bras sectionné au niveau du coude ( je tiens à rassurer les parents, le petit va survivre ... ) et 3 crises cardiaques ( j'y peux rien moi si mon déguisement est super réaliste !!! ).
Pour ce métier, il faut avoir gardé une âùe d'enfant, et moi j'ai 57 ans ...
C'est le métier qui doit vouloir ça ...
Voilà, depuis hier, j'ai commencé un nouveau job qui ressemble plus à ce que je sais vraiment faire. Je me suis associé à un ancien taulard afin d'ouvrir un bureau de chasseurs de primes ... Lui, il doit s'occuper de toute la paperasse, c'est un ancien comptable, et moi, je serai l'homme de terrain. Et puis la chasse, c'est déjà plus mon truc à moi, et quand il s'agit d'une chasse à l'homme, je retrouve le goût du sang au fond de ma gorge ...
J'avais perdu ce goût ces derniers temps ... C'est ces métiers qui devaient vouloir ça ...
February 12 Serre-tête.January 31 Rouge-gorge.57 ans ...
57 ans que j'ai ...
57 ans que j'ai depuis que j'en ai plus 56 ...
57 ans et on me traite comme un gosse ...
57 ans, et pour la première fois de ma vie, je connais une mise à pied de la part de mon employeur, qui n'est personne d'autre que mon patron, le même que j'appelle boss ...
Le même boss qui m'avait conseillé il y a quelques temps de prendre des vacances, pratiquement les premières en 30 ans de carrière dans la police de Chicago. Et puis je rentre de ces vacances au début de cette semaine, reposé, serein, calmé, la tête vidée, d'attaque, prêt à courir derrière les traffiquants de bonbons comme au bon vieux temps de la prohibition des confiseurs, bref, en un mot comme en quarante, revigoré et motivé comme au premier jour.
En arrivant à mon bureau, j'ai su que quelque chose n'allait pas.
Mon bureau était rangé, chose qui ne s'était jamais produite au cours des 30 dernières années ...
Les deux cadres qui trônaient habituellement sur le-dit bureau avaient changé de place, je l'ai su tout de suite, j'étais fan des Mickey énigme quand j'étais môme ...
Tous les regards étaient tournés vers moi. Mes collègues m'observaient. Ils savaient quelque chose, c'était évident... J'avais une tache de sperme au coin des lèvres ? Mes chaussettes n'étaient pas assorties à ma chemise ? J'avais des pellicules ? Non, ça ne pouvait pas être ça, pas à l'heure du numérique ...
Simplement des " Salut Steven, bonnes vacances ? " ou encore " Alors Steven, bien reposé ? ", ou même encore un " Tiens Steven, t'as une drôle de tête !!! On dirait que t'as une tache de sperme aux commissures des lèvres, des chaussettes pas assorties à ta chemise, ou encore que tes épaules sont pleines de pellicules !!! Ah ben non, j'suis con, on est à l'heure du numérique !!! Ah ah ah ah !!".
J'allais répondre à ce con de ...
" STEVEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEN !!!!"
Merde, c'était le boss, et quand il gueulait comme ça, y'avait comme qui dirait, de l'orage dans l'air, une couille dans le potage ou encore une autre expression de votre choix qui voudrait dire à peu près la même chose ...
C'est pas que j'avais les boules, moi, j'ai peur de rien, même pas que le ciel me tombe sur la tête, mais là, ça sentait un mélange de propane et de butane, genre la bouteille pleine dont le robinet ferme mal ...
" STEVEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEN !!!" ( les habitués auront remarqué que le second appel contenait plus de E, ce qui signifie que le boss n'avait que faire de mes pensées de tête, genre "je meuble une histoire dont je ne connais pas la fin" , là, c'était urgent, et j'avais plutôt plus intérêt à me disperser...
Au moment d'entrer dans ce bureau que je connaissais par coeur, je sentis cette odeur de gaz, le robinet fuyait vraiment ...
" Assieds toi Steven, je crois qu'il faut qu'on parle toi et moi !"
Connaissant le boss, j'étais certain que cette conversation allait tourner au monologue uniquement, et que mes seules paroles seraient des "mais", des "ah ben" ou encore des "pourq...", c'était couru d'avance. C'était même trottiné d'avance, voire même marché d'avance ...
" Steven , joue pas la montre avec tes reflexions internes à la mord-moi-le-noeud et assieds toi ! Et écoute bien ce que j'ai à te dire, parce que je ne vais pas te le répéter deux fois, ni même 1.5 fois. Tu sais pourquoi je t'ai convoqué ?"
- " Ah ben ... "
- " Non, tu sais pas encore pourquoi, mais je m'en vais te le dire moi. Tu sais Steven, ça fait longtemps qu'on se connait toi et moi, ça fait longtemps qu'on bosse ensemble toi et moi, ça fait longtemps que je t'apprécie pour le bon boulot que tu as fait et pour les bons et loyaux services que tu as rendu à cette pourriture de ville de Chicago, mais là, tu as dépassé les bornes cette foi Steven !!!"
- " Pourq..."
- " Hier soir, j'étais en train de me tapper un bon steack de cheval avec ma femme, tu sais, celui qu'elle fait avec les salsifis et la mayonnaise, bref, je suis pas là pour te dire qu'on a mangé une salade mexicaine en entrée et une mousse au café en dessert, et je suis pas ici pour te dire que j'ai lâché des vents toute la nuit, parce que moi les salsifis, ça me fout des gaz ... D'ailleurs, j'sais pas si t'as senti en arrivant devant le bureau, mais on dirait un mélange de butane et de propane qui s'échappe d'une bouteille avec un robinet qui fuit ... Bref, je suis pas là pour ça, mais pour te dire que pendant que j'avalais la première bouchée de mon steack, j'ai reçu un coup de fil de Bruce Decouette, le patron de la police des polices des polices des polices ... Autant te dire que le mec qui surveille la police, qui surveille la police, qui surveille la police, qui elle-même surveille la police, quand tu l'as au téléphone, c'est pas pour te souhaiter un bon appétit, mais c'est qu'il y a une couille dans le potage, c'est qu'il y a de l'orage dans l'air ou encore une autre expression de ton choix qui signifierait la même chose ..."
- " Mais ..."
- " Et là, il me dit qu'il a un truc super important à me dire à ton sujet ... Et là, je lui demande si ça peut pas attendre un instant, parce que moi, un steack de cheval froid, ça me tente moyen ... Et là, il me dit que non, ça peut pas attendre ... Alors là, je lui demande s'il est sûr, parce que des salsifis froids, c'est pas excellent non plus ... Et là, il me répond que si je continue à lui casser les couilles, il me fout en retraite dans un pauvre commissariat au fin fond du Maine à trier des papiers et à traiter des affaires de chats perdus et de disparition de vélos ... Et là, je ferme ma gueule et je l'écoute ..."
- " Pourq..."
- " Ferme ta gueule et écoute moi !!!"
- " Mais ..."
- " Et là, il me dit que ses services te surveillaient depuis un moment, suite à des plaintes de tes collègues pour brutalité ou falsification de preuves. Il me dit que tu obtiens toujours de bons résultats, mais pas toujours avec la manière appropriée... Jusque là, rien de grave, mais là où ça se complique pour toi, c'est quand il m'a évoqué l'affaire Harpassé, tu sais le mec que tu as bouclé l'an dernier parce qu'il avait tabassé son chien avec le fer à friser de sa belle mère, et qui par la suite avait fait un carnage en cambriolant une cordonnerie, faisant trois morts, dont le cordonnier, sa femme et le médecin qui était au lit avec elle ... Et apparemment, d'après ses sources, tu aurais merdé lors de son interpellation, parce qu'apparemment, ce Harpassé, c'est une taupe de la police des polices des polices des polices et qu'il aurait été se plaindre auprès de ma blonde, qu'il fait bon, fait bon, fait bon ... Alors Seven, je ne vais pas prendre de gants avec toi, parce que j'ai pas froid aux mains, mais il faut que tu saches qu'ils ont enquêté sur toi et que pas mal d'affaires sont remontées à la surface, je sais pas si tu vois de quoi je veux parler ..."
- " Ah ben ... "
- " Oui, je crois que tu vois de quoi je veux parler, et laisse moi te rafraichir la mémoire... Mais avant de te rafraichir quoique ce soit, tu veux un café ? Parce que moi, j'ai eu une nuit et une digestion difficile à cause de toi, alors je sais pas toi, mais moi j'ai besoin d'un bon café bien serré, aussi serré que le p'tit cul de ta femme dans ce p'tit Jean que tu lui a payé pendant les dernières soldes ... Alors tu veux un café ou pas ?"
- " Ben ..."
- " Bon, tu veux pas de café... SHAROOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON !!! Un café s'il vous plait !!! Et sans sucre, et sans cuillère vu que j'ai pas de sucre à touiller et sans mouche flottant à la surface, et plus vite que ça, j'ai pas que ça à foutre moi ce matin, et puis j'ai eu une nuit difficile !!!"
- " Mais ..."
- " Bon, Steven, je ne vais pas y aller par 4 chemins avec toi, mais par 5 ... Parce que c'est bien sur 5 affaires que la police des polices des polices des polices enquête à ton sujet, et apparemment c'est pas gagné pour toi. Et je te cache pas que la réputation de mon commissariat risquerait de souffrir de tout le bruit que ça fait dans les hautes sphères ... La première chose qu'on te reproche, c'est d'avoir trop serré les menottes de John Doeuf quand tu l'as interpelé en 1995 au Panama, alors qu'il avait volé plus de 150 dollars à un enfant de 6 ans qui vendait de la drogue coupée à la Maïzena au croisement de Street Fighter et de Poker Street ... Tu reconnais les faits ?"
- " Mais ..."
- " Deuxième affaire : tu es soupçonné d'avoir falsifié le rapport balistique dans l'affaire Hacheval, concernant un braquage de banque dans le Mississipi en 1996. Apparemment, le suspect a braqué la banque avec un pistolet à eau, et le jour de son procès, il apparait sur le rapport balistique que ce même suspect était en possession d'un bazooka à missiles thermiques à têtes chercheuses et remplis d'un liquide contenant un virus bactériologique capable de rayer d'un seul coup la moitié des Etats-Unis de la carte. T'as quelque chose à dire là dessus ?"
- " Ben, c'est que ..."
- " Troisième épisode : en 1999, tu arrêtes Depoisson, un français recherché par toutes les polices du monde pour quadruple homicide sur la même personne, sa femme et les triplés qu'elle portait dans ses tripes. Et sur le rapport que tu as rédigé de tes propres mains, je le sais, y'avait plein de fautes de frappe, tu affirmes nettement que lors de la fouille de son appartement, tu n'as trouvé aucune cuisse de grenouille, aucun escargot, aucune bouteille de bon vin de Bourgogne, aucune huitre et aucun béret posé à côté d'une baguette de pain. Le tribunal l'a relaxé, prétextant le manque de preuves comme quoi ce type était bien français. Tu confirmes ? "
- " Non mais ..."
- " Quatrième et avant dernière affaire. Putain SHAROOOOOOOOOOOOOOOOOOOON !!!! Il arrive ce café ? Ou il faut que je prenne un billet pour la Colombie afin de trouver un enfant sous-payé qui voudra bien me le moudre et me le vendre pour une poignée de dollars ??? Me forcez pas à me lever Sharon, sinon vous allez le regretter !!!
Bon, j'suis un peu à cran d'arrêt moi. Reprenons. Ensuite, tu es suspecté de violence sexuelle sur un témoin à charge. Et là, je te cache pas que c'est un peu plus grave que le reste. En 2001, dans un bar appelé "l'Odyssée de laisse passe" du côté de Seattle, un témoin affirme sur la Bible, le Coran et le catalogue du Vert Baudet t'avoir vu en train de harceler une danseuse de cette boite, alors que tu devais juste l'escorter au bureau fédéral pour qu'elle témoigne contre le président du Burkina Fasso pour traffic de fringues de fausses marques pour poupées gonflables ... Ce témoin est formel, il dit t'avoir vu baisser ton caleçon et forcer la fille à réparer un des boutons qui venait de sauter avec une aiguille rouillée et une bobine de fil fushia... Tu trouves quelque chose à redire à ça ?"
- " Mais c'est ..."
- " Dernière affaire, et non la moindre ... En 2003, alors que tu étais en mission dans la jungle birmane à courir après Paulo Miélite, un multi récidiviste de vol d'oeuvres d'art comme des cannevas illustrant des scènes de chasse et des napperons en papier buvard, tu es soupçonné d'avoir volontairement laissé filer le suspect, que l'on cherche toujours à ce jour ... Apparemment, ta version des faits ne convient pas à la police des polices des polices des polices. J'ai ton rapport sous les yeux, je vais te le lire : " le suspect m'a échappé alors que j'étais à quelques centimètres derrière lui, quand j'ai trébuché sur une boule de billard, et si je me souviens bien, c'était le numéro 16. J'ai alors perdu l'équilibre et me suis rattrapé à une branche d'algue qui a cassé sous mon poids, car à l'époque, je ne faisais pas encore de régime. Le suspect avait eu le temps de prendre un taxi pour Tobrouck avec un hot-dog ketchup-mayo à la main, et quand j'ai repris mes esprits, j'étais entouré de guerriers Masaï en habits de danseurs de disco des années 70. J'ai perdu la trace du suspect quand mon téléphone s'est mis à sonner sur un air de samba, c'était lui. Il m'a dit qu'il était désolé de m'avoir grillé à la caisse de l'épicerie fine au coin de Canard Street et qu'un de ses lacets de chaussures venait de rompre à cause de la chaleur. Comme j'avais mon GPS de poche sur moi, j'ai pu le localiser, il était juste derrière moi, caché derrière une lampe de poche à l'effigie de Lady Di. N'écoutant que mon courage, j'ai sorti mon arme et j'ai fait feu sur un enfant qui se rendait à l'école, croyant que cet acte ferait sortir le voleur de sa cachette. Mais il n'en fut rien, et au lieu de celà, il fit demi tour et s'enfuit à cloche-pied les mains dans les poches arrières de sa casquette. Ayant contracté une tendinite aux chevilles suite à une trop forte consommation de pain d'épices, je n'ai pas pu le suivre, et il m'a échappé en se jetant sous les roues d'un hydroglisseur."
Steven, tu t'imagines bien que cette histoire est tirée par les cheveux et que ça ne tient pas debout une seule seconde !!!"
- " Mais ..."
- " Comment un gars de la classe de Paulo Miélite peut-il mélanger du ketchup et de la mayo dans un hot-dog ???"
- " Peut-être que ..."
- " Bon, Steven, je te cache pas que la police des polices des polices des polices m'a forcé la main pour que je te mette une mise à pied en attendant d'éclaircir toutes ces zones d'ombres qui noircissent ce tableau lumineux. Ce n'est pas de gaieté de coeur que je fais ça Steven, ni même de gaieté de foie ou même de gaieté de pancréas, mais je dois te demander ta plaque ainsi que ton arme, ainsi que les clefs de ton vestiaire, ainsi que ton after-shave, ainsi que la recette de ta grand mère du gâteau aux maquereaux, ainsi que le numéro de la danseuse que tu as violentée, ainsi soit-il ... Courage Steven, je te tiens au courant ..."
- " Mais ..."
- " Au revoir Steven. SHAROOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON !!!!!!!!!!!!!"
Voilà où j'en suis aujourd'hui ... En repos forcé.
Je sais pas si c'est encore de mon âge tout ça. Je songe réellement à la retraite.
Le point positif, c'est que je vais avoir du temps à consacrer à ma nouvelle passion, la réparation de mes boutons de caleçons ...
January 24 Quinquennat.Pour celles et ceux qui s'inquiétaient de ma longue absence et de ma non-présence depuis les fêtes, j'ai deux choses à dire.
La première : le commissaire m'a donné quelques jours de vacances après ma dernière mission en Géorgie ( mission que je vous conterai très prochainement ), jours de vacances pendant lesquels je me suis beaucoup reposé, et surtout pendant lesquels je n'ai pas fait grand chose d'autre que de prendre du repos ...
La deuxième : pendant que je ne faisais rien, jai été contacté par le Prince du Goûter afin de faire partie de son aventure présidentielle. En effet, ce brave homme dont je suis plus proche qu'on ne pourrait le croire si on ne savait pas qui il est vraiment et quelle est sa véritable identité pour tous ceux qui ne savent pas vraiment qui il est, et vice-versa, m'a confié une mission de la plus haute importance en me nommant ministre de l'intérieur de son futur gouvernement virtuel au cas où il est élu... Y'a du boulot ! Au passage, allez lui accorder votre soutien en cliquant ici : http://ouinouintom8.spaces.live.com
Ma mission, si je l'accepte, est de présenter un programme à mon futur président, concernant le ministère de l'intérieur. Allez savoir pourquoi il m'a confié ce poste, moi qui ait bossé pendant plus de trente ans dans la police !!!
Alors très cher président, voici mon programme concernant l'intérieur.
Ce programme se divise en plusieurs points, je ne peux pas vous dire exactement le nombre, puisque j'improvise au fur et au moulin.
Première partie. J'ai décidé d'appeler cette partie ainsi parce qu'elle arrive en premier, la logique faisant le reste. Je ne vous cache pas que si je vous l'avais énoncée en second, son nom aurait été différent. Bref, je gagne du temps et ça va finir par se remarquer.
Ma première partie concerne la décoration intérieure. Pour la modeste somme de quelques euros ( si vous êtes dans la zone Europe) ou de quelques dollars de plus ( si vous êtes dans un pays dont la monnaie est le dollar, ce qui ne vous concerne pas, puisque mon programme concerne la République française, à moins que d'ici là, la France ne soit rachetée par un pays dont la monnaie est le dollar, chose peu probable à moins qu'elle n'arrive par derrière, auquel cas, je ne réponds de rien ...), vous pourrez acquérir les services d'un gars un peu efféminé qui vous refera votre décoration intérieure. Après, libre à vous de choisir un gars efféminé qui a du goût, car tant va la cruche à l'eau que deux tu l'auras ... A noter, que je n'ai rien du tout contre les gars à l'allure un peu efféminée, puisque je suis un grand consommateur de viande chevaline ...
Un nouveau gouvernement implique une nouvelle vie, une nouvelle vie implique un nouveau cadre de vie, un nouveau cadre de vie implique une nouvelle décoration intérieure, une nouvelle décoration intérieure implique un budget, un budget implique une aide de l'état, et c'est là que j'interviens : je viens poser le papier-peint en personne ...
Deuxième partie : j'ai longtemps hésité à la baptiser autrement, mais comme elle venait en deuxième, ce nom s'est imposé naturellement ...
Cette seconde partie ( oui, on peut aléatoirement parler de seconde partie, seconde étant un synonyme de deuxième ) parle d'un matériau en voie d'extinction : le cuir.
Je compte travailler sur ce point avec le ministère des transports afin de créer un sous ministère à mon ministère : le ministère de l'intérieur cuir. Ma mission, sur ce point sera d'une simplicité déconcertante : équiper tous les véhicules de sièges en cuir, avant tout pour une question de confort, mais également pour relancer le commerce de la vache et du boeuf, qui s'essoufle nettement face à la forte hausse de la consommation de la viande chevaline en France et à l'échelon européen ...
Ainsi, toutes les automobiles ( plus communément appelées voitures ), les bicyclettes ( plus communément appelées vélos) , les motocyclettes ( plus communément appelées motos ), les aéroplanes ( plus communément appelés avions ), les trains ( plus communément appelés trucs qui n'arrivent jamais à l'heure ) et les skate board ( ok, c'est bon ... ) seront équipés d'intérieur cuir, sauf si vous préférez le velours cottelé de couleur merdique ...
Troisième partie : cette partie sera la dernière, j'aurais ainsi pu la nommer dernière partie, mais ça impliquait un manque évident de suspens et la tristesse vous aurait envahi ( vous vous seriez dit : "oh non, c'est déjà la fin, diantre, fichtre, mince, flûte, c'est déjà la fin !!!" ).
Donc, cette dernière partie concerne les buveurs de thé.
Pourquoi ? me direz vous.
Parce que. Que je vous réponds.
N'avez vous jamais remarqué que tous les buveurs de thé sont des gens tristes ? Vous connaissez de buveurs de thé qui sont de grands déconneurs ? Et d'ailleurs, même si vous en connaissez, je vous interdis de me le dire, ça n'aurait rien à voir avec ce que je veux vous dire ! Merde, c'est qui le ministre ici ???
J'ai donc pour ambition de supprimer tous les thés du marché pour n'en implanter qu'un seul, un thé issu de mes laboratoires secrets dans le Kentucky, un thé dont moi seul et quelques personnes, dont ma mère-grand, ont le secret. Un thé qui redonne le sourire et qui ne dénote pas du ministère dont j'ai la charge, je l'ai nommé : un thé rieur ... Un thé à base de trucs pas très légaux,mais on s'en fout puisque j'aurai l'appui du président du goûter ... Le ministère d'un thé rieur, ça le fait non ?
Je vous ai donc énoncé le programme du ministère de l'intérieur si le Prince du Goûter est élu, et il le sera forcément ( Prince du Goûter et LU ... ).
En attendant, vive la France, vive la République et vive Duteil !!!
Bon, c'est pas le tout, j'ai des traffiquants de drogue colombiens, des putes slovaques et des hommes d'affaires Russes véreux à coffrer moi ...
December 07 Palourde.Bon ça va j'arrive !!!
C'est quoi cette foule en délire qui réclame mon retour ?
Vous croyez que je m'amuse à poursuivre toute la journée toute la vermine de Chicago ?
Vous croyez que je me prélasse en attendant d'avoir quelque chose à faire ?
Vous croyez que je glande derrière mon bureau au commissariat central de Quality Street ?
Vous croyez que je devrais me faire teindre les cheveux pour cacher ceux qui deviennent blancs ?
Vous croyez au Pére Noël ?
Vous allez peut-être vous payer ma tête, mais sous mes allures de gros dur, j'ai longtemps cru au Père Noêl.
Aujourd'hui, je ne vais pas vous conter une de mes aventures rocambolesques à base de poursuite en voiture et de fusillades, ni même comment j'ai été malade la semaine dernière en dégustant un steack de cheval pas frais chez le boss.
Non, aujourd'hui, je vais vous narrer le jour où j'ai cessé de croire au Père Noël. Premièrement, parce que la période est propice à ce genre de conte, et deuxièmement parce qu'ici, c'est moi le patron, et que je dis ce que je veux. Troisièmement, rien... Mais j'aurais bien aimé vous mettre un troisièmement ... Et ne cherchez pas de quatrièmement, parce que si j'ai pas été foutu de vous pondre un troisièmement, c'est pas pour faire tomber un quatrièmement du ciel ! Alors, je ne vous parle même pas du cinquièmement ... Et le mistral gagnant ...
J'ai l'image de quelqu'un de dur.
J'ai parfois l'image d'une personne prétentieuse et un peu trop sûre d'elle. Tiens, ça me fait penser que j'aurais pu mettre cette dernière phrase au masculin, du genre : j'ai parfois l'image d'un homme prétentieux et un peu trop sur de lui... Oui, en effet, ça rend mieux ..
Mais ce masque qui me colle au visage, je me l'impose. Je ne peux pas me permettre de paraitre faible dans le métier que j'exerce, c'est une façade, un mur derrière lequel je me cache au risque de me prendre quelques gravats sur le crâne ... Vous avez vu un peu la métaphore du mur et des gravats ? Quoi ? C'est nul ?
J'ai aujourd'hui près de 57 ans.
Un âge où pas mal de gens pensent à mettre de côté pour leur prochaine retraite, un âge où le passé est forcément plus lourd que le futur, un âge de pierre, un âge où on se retourne plus volontiers sur ses exploits que sur ses échecs, même s'ils sont mats ...
Oui, aujourd'hui, j'ai près de 57 ans, et je ne crois plus au Père Noël depuis l'an dernier... Il parait que ça fait de moi l'homme le plus âgé à croire au vieux barbu, et que je suis entré l'été dernier au Guiness des records, moi qui y figurait déjà, mais au chapitre du plus gros buveur de Guiness, un record ! Surtout quand on sait que cette foutue bière irlandaise est la chose la plus infecte au monde, juste après ce putain de steack de cheval avarié de la semaine dernière ...
Oui, pendant toutes ces années, j'ai cru, comme la plupart des enfants du monde au Père Noël, à ce vieux monsieur que tous les enfants du monde connaissent, du moins de réputation ... Celui qu'on nomme dans certains pays le père Fouettard, le père Hoquet, ou encore le père Faikto, le père Hidural, ou même le père Pignan. Bref, quel que soit le nom qu'on lui donne, il est assimilé à celui qui procure du plaisir à la fin décembre.
Quoiqu'il n'y a pas que lui qui procure du plaisir fin décembre, je me souviens d'un réveillon arrosé chez un collègue avec une pute hongroise... Mais ce n'est pas le sujet...
Comme je vous le disais quelques lignes plus haut, j'ai cessé de croire au Père Noël l'an dernier.
J'ai toujours été préservépar rapport à cette croyance par tous mes proches. Je sais que ça doit vous étonner, mais chaque année, à l'arbre de Noël du commissariat, je n'ai jamais réalisé que le boss n'était jamais présent, et j'ai encore moins réalisé que le vieux bonhomme en rouge avait les mêmes mocassins en daim verts que ce même boss... Ben quoi, ça aurait pu être une coïncidence ... J'en ai déjà vu des daims verts à Verdun !
Même étant enfant, mes parents faisaient tout pour que mes croyances restent intactes, entre deux râclées ...
Je n'ai su que l'an dernier, par un manuscrit retrouvé dans un vieux coffre en cèdre de chez Ikea, écrit des mains de ma mère ( le manuscrit, pas le coffre ...), que c'était mon père qui faisait le père Noël tous les 25 décembre... Je comprends aujourd'hui pourquoi j'ai toujours cru que ce vieux bougre était un ivrogne, et qu'il était la plupart du temps étalé devant la porte, les cadeaux sur la tronche, et la tronche dans une flaque de gerbe...
Je suis maintenant rassuré, ce n'était que mon père. Le bonhomme rouge n'est donc pas forcément un alcolo notoire ... Et puis un père Noël qui vous fiche une râclée en vous balançant les cadeaux à la gueule en vous disant que vous n'êtes qu'un fils de chien, le tout avec une haleine de hyène empaillée, ça aurait du me mettre la puce à l'oreille ...
Même à mon adolescence j'ai du faire face aux railleries de mes camarades de classe. A la fac, on m'a même proposé de faire le père Noël lors d'une soirée de veille de vacances de fin d'année civile. Chose que j'ai catégoriquement refusée, de peur de ne pas être présent quand le "vrai" arriverait... Je comprends aujourd'hui tous ces sobriquets dont on m'a affublé : petite poupée Noël, Mister Laponie and Clyde, Pipiculotte ( ça n'a rien à voir, mais à l'époque, j'avais de gros problèmes de prostate ...), et je vous en passe et des meilleures ...
Ma première vraie alerte s'est produite lors de ma première année à l'école de police.
J'étais encore à la circulation, comme la plupart des nouvelle recrues, le jour où il y a eu ce carambolage monstrueux au carrefour de la 8 ième et de Street Tease. Un poids lours transportant de l'essence a soudainement perdu le contrôle, fauchant au passage une centaine de manifestantes féministes qui défilaient devant le siège des LDC ( Laveurs De Carreaux ) en demandant que soit révisée la dénomination de ce corps de métier, et transformé en LLDCOALDDE ( Les Laveuses De Carreaux Ont Aussi Le Droit D'Exister ). Et pourquoi pas une femme à la présidence de la république pendant qu'on y est ?...
Plusieurs voitures vinrent s'emboutir sous la carcasse en flamme du camion. Un vrai carnage.
J'avais à peine 3 mois d'uniforme dans les pattes, et apparemment j'étais le seul représentant de l'ordre dans le quartier. J'ai bien pensé appeler des renforts au Central, mais les piles de ma radio venaient de me lâcher... Ces putains de piles salines venaient de me lâcher !!! Ce jour là, j'ai au moins appris une chose d'une réelle importance : les piles salines, c'est vraiment de la merde, depuis, j'ai toujours pris de bonnes vieilles alcalines, y'a pas à chier, elles durent quand même bien plus longtemps ...
En quelques secondes, la panique m'avait envahi ... J'étais pétrifié sur place, incapable d'exécuter le moindre mouvement, comme si le monde s'était arrêté autour de moi. Les 3 volets de Matrix n'étaient pas encore tournés à l'époque, mais j'étais comme Néo devant cette balle qui file sur lui, j'avais l'impression que tout se déroulait au ralenti autour de moi, mais sans être capable d'esquisser ne serait-ce qu'une grimace à ce petit con qui me tirait la langue du haut de son balcon infesté de géraniums...
Les voitures venaient s'entasser sous cette citerne en feu, qui menaçait d'exploser à chaque instant.
Un bruit de tôle froissée insoutenable, un bruit d'os brisés insupportable, une sonnerie à la con sur mon portable, des sons qui allaient me hanter pendant de longs mois, et moi qui ne bougeait pas. J'étais spectateur d'un spectaculaire spectacle, une sorte de spectre hantant les lieux n'ayant aucun moyen d'intervenir réellement dans cette réalité bien réelle ...
C'est le cri d'un automobiliste coincé dans ce qui restait de sa Jaguar qui me tira de cette torpeur dans laquelle j'étais en train de plonger : " Dis, toi espèce de trou du cul !!! Tu attends l'arrivée du Père Noël pour intervenir ???"
Cette phrase résonne encore dans ma tête, et à ce jour, je me demande encore comment j'ai pu laisser passer un tel indice... Ce jour, j'aurais du faire le rapprochement entre cet homme au visage brûlé et aux membres déchiquetés et disséminés au quatre coins de la rue et la possible non-existence du gars qui pose les cadeaux sous le sapin, j'aurais dû... Et si j'avais réagi à ce moment là, ça m'aurait évié de tomber de si haut l'année dernière ...
Oui, car c'est bel et bien l'année dernière où j'ai définitivement arrêté de croire au Père Noël...
Je rentrais d'une mission en Moldavie Orientale. J'allais deguster un repos bien mérité après 3 semaines bien pourries dans un pays de l'Est bien pourri. Je me souviens que j'étais en train de jeter mon sac sur le canapé, sans voir que Bobby ( mon St Bernard ) était mort depuis déjà près de 5 mois. J'allais prendre une douche bien chaude, (3 semaines sans même une goutte d'eau tiède ça pousse pas à avoir une hygiène parfaite...) quand le téléphone pleura... C'était Cyril, mon neveu ( private vanne ...) qui m'invitait au repas de Noël qu'il organisait le soir même.
Et merde ! Je venais de me tapper 12 heures d'avion dans un coucou des années 40, et voilà qu'il fallait que je me rende chez ce couillon de neveu français, le fils que mon couillon de frère avait eu avec une couillonne de française lors de ces vacances à Vesoul au début des années 80... Je ne sais toujours pas comment je me suis débrouillé, mais deux heures plus tard, je me retrouvai à table avec une bonne partie de ma famille que je ne connaissais pas, ou plutôt que je n'avais jamais voulu connaitre...
Je vous passe les détails sur les souvenirs de famille ( tu te souviens que Steven avait fait pipi dans sa culotte le jour de ses 16 ans, trop ému par la bise de sa p'tite copine Cindy de l'époque ? ), je vous passe également les discours sur la politique internationale de George W. Bush ( Putain, ce con, il a qu'à y'aller lui tuer ces fumiers d'Irakiens, pourquoi ce sont nos fils qui se font tuer là bas pendant qu'il bouffe ses bretzels !!!), je vous passe aussi le dernier bulletin du p'tit dernier qu'est atteint de la progéria ( Tu vois Kévin, si tu ne fais pas d'effort en sport à l'école, tu ne seras jamais aussi fort que tonton Steven !), et surtout je vous passe tout le reste... A vrai dire, je n'ai pas vraiment de souvenir de ce repas, je me suis revu comme ce jour où j'ai assisté au carambolage : un simple spectateur épuisé et dépassé par tout ce qui se trame autour de lui ...
Mon réveil, par contre, fut brutal ...
Nous étions au dessert.
Il était près de 23h56 à ma montre que je ne portais pas ... C'est juste l'heure que je lisais sur celle de ma voisine de droite, qui était censée être une tante éloignée du côté d'un oncle à ma mère qui était voisin avec le gars qui tenait la boucherie chevaline de Street Poker, bref, une vieille inconnue avec une vieille montre à son vieux poignet frippé ...
23h56 !... Dans quatre minutes, le Père Noël allait passer. J'étais excité comme une puce, même si je savais au fond de moi que je n'aurais rien, car comme tous les ans, j'avais encore oublié de faire ma lettre... Pas moyen de trouver une poste en Moldavie, et le pigeon que j'avais envoyé de là-bas me paraissait en mauvaise santé, il n'avait sûrement pas pu traverser l'Atlantique ... Tant pis, j'étais résolu à passer encore un Noël sans cadeau, Kimberley ne m'en faisant plus depuis des années... Mais le bonheur des autres suffisait au mien... Dans maintenant deux minutes, je me réjouirais des rires des enfants et de la simple vision du Père en rouge ... Peu de choses suffisaient à mon bonheur, surtout dans l'état de fatigue dans lequel je me trouvais, fatigue due au décalage horaire, mais surtout à la bouteille de mauvais whisky bue à l'apéro ...
Minuit !
Les lumières se sont éteintes.
Tout s'est passé très vite. De brefs éclairs, un silence pesant, un homme en rouge entrant dans la pièce, une barbe grise pendant du menton de cet homme en rouge, des cadeaux par dizaines, des cris d'enfants, des rires d'adultes, des applaudissements, et merde, je viens de me dégueuler dessus ...
Puis le trou noir.
Plus de gros bonhomme en rouge avec des Rangers aux pieds, plus de barbe grisâtre avec des bouts de bûche de Noël qui pendent du menton, plus de cadeaux par demi-douzaines, plus de cris de ces sales mômes mal élevés, plus d'applaudissements de toutes ces mains pleines d'arthrite... Par contre, toujours cette gerbe...
Cette bonne vieille gerbe qui orne tout le devant de ma veste et environ 97 % de mon pantalon ...
Putain de saleté de mauvais whisky ...
C'est Franklin qui m'a réveillé. On n'attendait plus que moi pour ouvrir les cadeaux.
Franklin, encore un cousin de la tante du gars qui met les crottes en chocolat en sachet, par alliance avec la vieille bique qui me servait de voisine de droite, bref, un gars que je n'avais jamais vu, mais qui avait l'air de me connaitre par coeur, lui. Franklin était un bon rouquin d'irlandais, plutôt élancé, une carrure de présidentiable...
Franklin, roux, svelte. Ca me disait quelque chose ... ( celle là, j'en suis pas peu fier ...)
Mon retour dans le salon fut digne de la visite du pape Jean Paul II en Pologne...
C'est tout juste si on n'avait pas convoqué la garde nationale ...
" Ahhhhhhhhhhh !!! Steven, nous n'attendions plus que toi pour ouvrir les cadeaux ! Les petits commençaient à s'impatienter !! "
Ben oui, apparemment c'est une tradition dans cette famille, on n'ouvre pas les cadeaux en douce dans les toilettes... On ouvre chacun son tour et tout le monde commente, et y va de sa petite blague souvent pas drôle du tout, mais alors du tout...
Pendant que tous les gosses pressés s'empressaient d'ouvrir leurs paquets, j'attendai mon tour patiemment et avec une grande patience, avec cet air des Guns N' Roses qui me trottait dans la tête ...
Mais au fond de moi, j'étais aussi excité qu'eux... Je n'avais pas fait de lettre au vieux bonhomme, mais j'avais tout de même des paquets, je les voyais là bas, au pied du sapin en plastique un peu dépouillé ... 3 paquets où figurait mon prénom ...
Je parcourus la pièce des yeux. Non, j'étais bel et bien le seul Steven de cette pièce, ces paquets me revenaient donc de droit ! Allez les mioches magnez vous le fion, j'ai pas que ça à foutre moi, faut que j'ouvre mes cadeaux !!! Oui, c'est bien ça que je me suis dit dans l'excitation du moment... Je crois même que j'aurais pu tuer si j'y avais été contraint ...
Je n'eu pas à aller jusque là. Mon tour arriva enfin ...
Un mauvais tour.
Un pull en grosse maille vert tricoté par ma voisine de droite ( "ça va vous changer de vos costumes et imperméables en cuir que vous portez tous les jours Steven !" ), une bouteille de ce mauvais whisky bu à l'apéro offert par Cyril ( " Ben oui Steven, je t'ai beaucoup servi de ce bon whisky à l'apéro pour voir si tu l'appréciais, et apparemment oui !" ) et un bouquin de photos sur la Moldavie plus tard, et mes croyances s'effondraient ...
Le Père Noël n'existait pas, il n'aurait jamais permis de pareilles choses ...
Et il fallait à tout prix que je retrouve ce pigeon ...
October 26 Ostreiculture.Ca fait du bien de rentrer chez soi !
Je vois que j'ai manqué à au moins une personne, ça fait plaisir de se sentir apprécié de la sorte, ça réchauffe le coeur, ça met un peu de gaieté entre le réfrigérateur et l'étagère à épices, ça met du soleil quand on joue à cache-cache sous la couette, ça illumine l'abattant des toilettes de mille feux...
Enfin bref, je vais quand même coucher sur cette feuille virtuelle ma toute dernière aventure aventureuse, et ça c'est une sacrée aventure qui vient de m'arriver !
Je rentre de près d'un mois d'une mission top-secrète au Guatemala, où je devais capturer un fanatique religieux du nom de Gouatte. Le boss ne m'avait pas dit exactement à quelle religion il appartenait, mais je crois qu'il était musulman. Ben oui, on m'a dit que Gouatte aime Allah ....
Bref, cette mauvaise vanne étant faite, je m'en vais vous conter cet épisode de ma vie, qui a failli mal se terminer ...
Il y a de ça un mois, alors que je sirotais une grenadine verveine au bord d'une piscine gonflable dégonflée, mon téléphone non-portable sonna. Comme il n'était pas portable, je le fis rouler jusqu'à moi. Mais comme il n'avait pas de roulettes, il ne roula pas, mais creusa un sillon d'environ 15 cm de profondeur dans la dalle en béton que j'avais coulée l'été dernier, et qui n'avait toujours pas séchée... Il me vint à l'esprit que je n'aurais jamais dû faire cette dalle en argile argileuse. Mais le sujet initial est ailleurs ( comme la vérité ), autrepart, pas là du tout, à mille lieu de ce que je vous raconte actuellement, bref, on s'égare.
Quand je décrochai, il n'y avait personne au bout du fil, même après m'être levé et avoir inspecté la prise pendant de longues heures, j'eus la confirmation précise qu'il n'y avait personne au bout du fil. Mais cette inspection me fit prendre conscience d'une chose : le téléphone n'était pas branché.
Mulder avait donc raison : nous n'étions pas seul sur Terre ! Comment ce téléphone pouvait-il sonner sans être branché ? Hein ? Comment ???
Cette question hanta ma nuit jusqu'à au moins 19h30 quand je m'écriai : " Damned ! Sacrebleu ! Bon sang, mais c'est bien sûr ! Eurêka ! Diantre de sacripan que je fais ! Mais suis-je gourde parfois ! "
En effet, ce que j'avais pris pour le téléphone importable était en fait une cuillère à spaghetti ! A faire des trucs qui ressemblent à d'autres, les ingénieurs en design devaient s'y attendre : bientôt, on prendrait des vessies pour des lanternes !
C'est à 20h15 très précise que le téléphone pleura pour la seconde fois.
Au bout du fil, je reconnus immédiatement la voix du boss qui m'hurla dans les oreilles au point de faire s'entrechoquer le marteau et l'enclume dans un vacarme étourdissant : " Ecoute ! Maman est prêt de toi, il faut lui dire maman, y'a quelqu'un pour toi !"
Moi, interloqué : " Euh .... Chef, vous êtes bien sûr de ne pas avoir fait un mauvais numéro ? "
- " Dis lui je t'en prie, dis lui c'est important, et qu'il attend !"
- " Euh .... Chef ! Vous y êtes allés vous à l'hôtel Beau-Rivage ?"
- " Qu'est ce que tu me racontes Steven ? T'as vraiment besoin de repos toi !!! Tu te fais sacrément vieux ! J'allais te confier une mission de la plus haute importance, mais je vois que tu as l'air d'être encore un peu dans le coma... T'as encore mangé une boite de corned-beef dans sa gelée toi !!! Tu sais bien que ça ne te réussi pas !!! Bon, je t'appelais pas pour ça, on est dans une sacrée merde Steven ! Le FBI vient de m'appeler et ils te veulent sur cette mission. Et cette mission, si tu l'acceptes, consiste à capturer le grand chef Gouatte, un terroriste alsacien, avant qu'il ne cambriole toute une série d'enseignes de boucheries chevalines dans le sud du comté de Oneagainpeoplemachineontheskyisblueandwhereisbrianheisinthekitchen, au Guatemala. Autant te dire qu'il est inutile de te préciser qu'il faut que tu saches tout en étant bien conscient que ça ne sera pas facile, en admettant que tu acceptes cette périlleuse mission, qu'il y a de grandes chances que tu échoues si tu ne réussis pas. C'est clair pour toi Steven ? C'est dangereux, ils ont tout de suite pensé à toi, mais la dernière fois que tu as bossé pour eux, c'était il y a 20 ans quand tu es allé chercher le petit chat du patron du FBI dans un arbre derrière la bibliothèque rose... Ca remonte pas mal, et je ne sais pas si tu as la santé pour assumer une mission de cette envergure internationale ! Qu'est ce que tu en penses Steven ?"
Putain ... J'en peux plus des phrases à rallonge du boss. Je comprends toujours plus ou moins le début et les trois derniers mots, mais je suis toujours incapable de comprendre le sujet principal de sa conversation.
Je dis oui à tout hasard, en ne sachant pas vraiment où je mettais les pieds ... Pour l'instant, ils étaient bien dans mes sandales en plastique ...
48 heures après, je me trouvai parachuté dans la jungle guatémaltèque, une jungle aussi bordélique que le nom est chiant à prononcer.
24 heures après les 48 heures précédentes, je me trouvai rapatrié à Ciudad, la capitale du Guatémala, fondée en 1773, sous perfusion, entre la vie et son contraire...
Le parachutage se passa bien. Même si je n'avais pas fait de saut depuis ma chute du balcon de ma tante Cynthia, le jour de mes 8 ans ... C'est l'aterrissage qui posa plus de problèmes... Après une bonne minute de chute libre, je me retrouvai le visage en sang dans un sapin à écorce marron ( comme la plupart des sapins d'ailleurs ...). Si j'avais écouté l'instructeur, au lieu de me gratter les oreilles, j'aurais peut-être entendu qu'il fallait tirer la poignée jaune et non la rouge, qui était en réalité la ficelle de mon caleçon ...
Je ne sais pas combien de temps je suis resté inconscient de tout ce qui se passait autour de moi, mais ce dont je suis sûr, c'est que j'étais bien conscient de cette putain d'araignée qui me courait sur le visage !!! Moi qui ai horreur des reptiles !!!
M'en foutais sur le coup, puisque les araignées ne sont pas des reptiles ! Je la poussai donc d'un revers de la main, même si un bon coup droit fut plus approprié .
Après de longs instants à me débattre et à me battre avec tous ces fils emmêlés dans les branches, je fis l'inventaire de mes blessures. Le nez cassé, ainsi qu'au moins trois doigts de la main droite, un genou en compote et mes bottines Prada complètement bousillées !!! Purée ! ça faisait à peine 15 jours que j'avais passé une paie là dedans !!!
Losque je fus enfin à terre, ce fut pour me retrouver par terre. J'avais oublié dans mon inventaire une double fracture du tibia. Moyen moyen pour traquer de dangereux terroristes savoyards...
J'étais allongé là. Comme un con. A ne pas pouvoir bouger. A attendre qu'on vienne me chercher à 10 km de là. Et ceci dans moins de 4 heures. On met combien de temps à faire 10 km quand on est complètement hors service ? L'avenir me l'a appris ... Un peu comme ma maitresse de primaire m'a appris à ne pas taper sur mes camarades de classe avec les branches qui trainaient dans la cour en automne ...
Dans ma malchance, j'eus de la chance. Mon parachutage m'avait amené à quelques centaines de mètres du camp de base de Gouatte. Le temps de sortir mon fusil à lunette de son étui en cuir 100 % pure vachette à 55 euros, et j'étais en place. Prêt à faire feu sur celui qui allait changer la face du monde. Ou du moins la face du commerce de viande chevaline. Je me demande quand même toujours si le FBI ne m'a pas mené en bateau. Est ce qu'on envoie un soldat de ma trempe dans la jungle sud américaine pour un simple cambrioleur de viande hippique ? N'y aurait-il pas autre chose de plus grave derrière tout ceci ? Et si notre homme était le plus grand pilleur de poulailler ?
J'étais en place.
Prêt à faire un carnage sur cet homme, qui qu'il soit.
Un mouvement.
Je le reconnais d'après les photos. La poisse m'a abandonné, même si les douleurs insoutenables parcourent mon corps. Il a exactement le même visage que sur les clichés que je porte sur moi... Enfin, que je portais sur moi, avant que la poche de mon treillis Gucci ne rende l'âme et laisse ainsi échapper les seules preuves que je ne me trompe pas ... Tant pis, je crois bien que c'est lui, d'après mes souvenirs alzheimériens, je crois bien que c'est lui.
Je retiens mon souffle, qui était déjà coupé.
Je l'aligne dans mon viseur.
Il est immobile. Il fume un cigare cubain. Je les reconnaitrais entre mille. Deux mille, je dis pas, mais mille, je pourrais ...
Il est immobile.
Mon doigt blessé tremble sur la gâchette.
Je retiens ma respiration, je ferme les yeux.
La détonation fut assourdissante.
J'avais raté ma cible. A moins que ma cible ne fut ........ mon oreille gauche ...
La balle est passée à quelques millimètres de l'oreille de Gouatte, a ricoché sur le cadre de la bicyclette pendue derrière lui, s'est élevée dans les airs en tuant au passage un pélican. La munition est ressortie par le bec du volatile en direction du camp, a rebondi sur le pare-choc de la Jeep du terroriste, avant de filer dans la cabane et prendre la direction de la poêle où réchauffaient des cuisses de grenouilles à la provençale. La balle fit le tour de la poêle, ressortit par la fenêtre des toilettes avant de se diriger à nouveau dans ma direction.
Je n'eus pas le temps de faire le moindre geste, obsédé par la trajectoire bizarre de la balle.
Puis ce fut l'impact.
Puis le noir.
J'ai froid. Je ne vois plus rien.
Je suis probablement mort, ou même pire : je suis décédé !
24 heures plus tard, j'ouvris les yeux sur une belle infirmière sud américaine. J'appris par la suite qu'elle était née à Lausane.
J'avais raté ma cible, mais j'étais encore en vie.
Ma convalescence fut longue. Le boss vint me rendre une seule et unique visite, pour m'apprendre que Gouatte était mort. Brulé par une casserole bouillante de cuisses de grenouilles et un bec de pélican planté dans le crâne et une roue de bicyclette autour du ventre. Le FBI ne s'expliquait pas cette étrange mort, mais me félicitait pour le service rendu.
Après une phrase de 16 minutes, le patron quitta la chambre, direction Chicago, où il m'attendait dans 3 semaines. 3 semaines de vacances !!! Le pied !! J'allai pouvoir enfin faire connaissance avec cette petite infirmière guatémaltèque ...
Ca fait du bien de rentrer chez soi ...
September 25 Nandrolone.Ouaaaaahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh !!!
Bon sang que ça fait du bien de dormir !
Je suis tellement épuisé que je n'arrive même pas à ouvrir les yeux.
J'ai pas vraiment de souvenir de ce que j'ai fait hier soir, mais j'ai un sacré mal de tête. Je n'ai pourtant rien bu, à peine les 3/4 d'un mauvais bourbon, d'habitude, je peux encaisser bien plus, je ne comprends pas ...
Bon là, mes yeux sont ouverts et je ne vois toujours rien, mais alors rien de rien... Il fait aussi noir que dans le trou du cul d'un opossum, et Dieu seul sait à quel point on fait pas plus noir que le trou du cul d'un opossum ...
Et merde, sur quoi je suis allongé là ? On dirait des outils, ça me rentre dans la couenne, j'ai connu des heures plus agréables ... Allez, je vais essayer de me mettre deb....... Aie !!!!!!!!! P...... de b...... de C.......... à c......... !!!!!
Et merde ! je viens de m'exploser le crâne !!!!
Bon allez Steven, calme toi, fais preuve de sang froid, même si tu es un flic au sang chaud. Souffle un bon coup et analyse la situation....
Je suis bel et bien éveillé. Je ne suis pas ivre mort, j'ai bien une barre sur le front, mais ça doit être le stress ( mon médecin me met tous les maux du monde sur le dos du stress, alors si je suis coincé ici, c'est sûrement à cause du stress...). Apparemment, je suis enfermé dans une boite ou un placard à peine plus grand et à peine plus large que moi, autrement dit, un ours polaire ne tiendrait pas ici ... Quoique... Si c'est un bébé ours polaire, faut voir ... Mais diantre comment ai-je pu attérir dans un merdier pareil ?
Allez Steven, calme toi, rassemble tes esprits ( êtes-vous là ?) et refais le chemin à l'envers ( c'est Dave un pote à moi qui m'a donné le conseil afin de revivre le temps du bonheur à l'ombre d'une fille en fleur ...) afin de te rappeler du début du départ du commencement...
La dernière chose dont je me rappelle, c'est .... Ben c'est ... Enfin, bon sang ! La dernière chose dont je me souviens, c'est .... Ben non quand même !!!! Ben si ... C'est le jour de mon anniversaire, pour mes 8 ans ... J'ai vraiment de gros problèmes de mémoire moi, va vraiment fazlloir que je consulte un mémoirologue, parce que je suis vraiment en train de devenir mémoirophobe ... Ben j'ai beau cherché, je ne me souviens de rien d'autre...
En même temps, le jour de mes 8 ans fut un jour merveilleux qui restera à jamais gravé dans mon esprit ( es-tu là ? Ok, j'arrête ...), c'est le seul jour où toute la famille était réunie et où tout le monde avait l'air heureux... Enfin bon, ça c'était juste avant le dessert et juste avant que papa ne frappe maman au visage avec le couteau électrique pour découper la viande et qu'il ne tire et ne blesse grièvement mon oncle Sam en visant Mamie Molette qui l'avait traité de bon à rien et de lopette ... Ah oui, c'était bien avant le dessert ! Ce dessert fut un tournant dans la famille, bizarrement, plus rien ne fut comme avant... C'est pour ceci que je n'ai plus jamais mangé de roulé aux abricots. Premièrement parce que je déteste ça, deuxièmement parce que ça ne s'est jamais représenté et troisièmement rien, je me disais que ça ferait mieux avec un troisièmement ...
Bref, tout ça ne me dit pas comment j'ai pu attérir ici ...
Parce que j'ai beau être un flic aux méthodes peu star-académiques, je n'en suis pas moins claustrophobe ( en plus d'être mémoirophobe et yorkshirophobe ...). Il fait chaud là dedans, j'ai du mal à respirer... Si je ne sors pas bientôt, je sens que la panique va s'emparer de moi, et moi vivant, la panique ne s'emparera pas de moi. Elle est pas née la nana qui s'emparera de moi ! Ah si, elle est née... Bon alors, elle est pas née la deuxième nana qui s'emparera de moi, foi de morue..... euh foi de Steven !
Récapitulons. Je suis confiné dans un espace clos, sans aucune lumière. Je ne fume plus depuis l'âge de 5 ans, donc je ne suis en possession d'aucun briquet, ni d'aucun allume-gaz, donc pas moyen de voir quoique ce soit. J'ai chaud, j'ai pas de mémoire, j'ai aucune idée d'où je suis, je panique même si je sais bien que ce n'est pas forcément la meilleure des solutions, mais tant pis je panique quand même , parce qu'au fond, vu comment ça se présente, j'ai pas forcément le choix ... J'ai mal à la tête depuis que j'ai essayé de me redresser, je ....
Oh purée !!! Et si j'étais enterré vivant ???
Nan !!! C'est pas possible, je peux me mettre debout.
Oh purée !!! Et si j'étais enterré vivant en position verticale ???
Ca sent bizarre ici. Ca pue le renfermé, l'humidité...
Hééééééééééééééééééééééééééééééé !!! Y'a quelqu'un ?
Quelqu'un m'entend ??? Héééééééééééé !!! Répondez !!! Est ce que quelqu'un m'entend ???
Et merde, allez Steve, ressaisis toi, surtout ne craque pas. C'est forcément un mauvais rêve, y'a forcément une explication plausible à tout ça. Allez Steve, refais le chemin depuis ton dernier souvenir. Euh non, c'est pas une bonne idée, si je me remémore tout depuis mes huit ans, je vais crever de vieillesse avant même d'avoir pensé que je pourrais crever de faim, de soif, de peur, voire même d'ennui ...
C'est pourtant dans ces moments là qu'on est censé revoir défiler sa vie en quelques instants... Mais moi rien. En même temps, je ne demande pas toute la vie, seulement les dernières 24 heures. Si seulement j'avais une télécommande avec une touche Rewind ...
Bon, qui aurait pu m'enfermer dans un truc pareil ? Un ennemi ? Ouais, les amis, ça fait pas ça d'habitude. Donc partons sur l'hypothése d'un ennemi ... Et merde on est mal barré. On est vraiment mal barré. J'suis flic depuis plus de 30 ans, j'suis pas foutu de me rappeler combien de fois je suis allé aux toilettes la semaine dernière, et je dois me rappeler tous les noms de mes ennemis ? Mais merde, j'ai que ça , moi des ennemis !!! J'ai du coffrer plusieurs milliers de salopards en tout genre, dont la plupart étaient innocents ( ne le répétez pas au boss, il croit que je suis infaillible ...), comment je pourrais deviner qui est derrière tout ça ? Hein comment ?
Et si l'explication n'était pas rationnelle ? Et si j'avais été enlevé par des extra terrestres ?
Ils seraient venus pendant mon sommeil, auraient fini mon stock de bières dans le réfrigérateur prévu à cet effet, ils auraient matté les photos cochonnes que j'ai faites avec Kimberley lors de notre nuit de noce, celles où elles ... et merde, ça ne vous regarde pas bande de voyeurs vicelards !!! Ils auraient essayé tous mes costumes en soie de Singapour, essayé mes mocassins Gucci et fait mes noeuds de cravate à l'envers, et comme ils auraient eu encore un peu de temps pour déconner, ils m'auraient enlevé pour faire des études sur la race humaine ... Ils vont me découper !!!!
Mais non, que je suis bête, c'est pas possible cette histoire... J'ai pas de mocassin Gucci ...
Mais alors, c'est peut-être un gang de requins de la pègre de Chicago ... Depuis le temps que je bouleverse tous leurs plans, ils ont voulu se débarasser de moi et m'ont enterré vivants. Oui, c'est ça, je ne vois d'autre explication. Ils veulent me faire payer ma curiosité et mon opiniâtreté... Oh purée, depuis le temps que je rêve de le placer ce mot !!! Je vais peut-être mourir d'une absence de vie d'ici quelques heures, mais au moins j'aurais placé opiniâtreté dans un texte, et ça, ça vaut tout l'or du monde ...
Bon allez Steven, il faut trouver un moyen de sortir de ce trou à rat.
Tiens, c'est quoi ça ? On dirait une poignée ... Merde, ça bouge !!! Y'a une porte, et elle s'ouvre !!!
Ben voilà, je me suis encore endormi dans le placard à balais du commissariat...
Bon sang, faut vraiment que j'arrête les noix de cajou avec le bourbon, ça me fout une de ces migraines...
Mais vous êtes qui vous ?
September 10 Mandragore.Je viens de m'apercevoir que ça faisait un p'tit bout de temps que je n'avais point narré l'une de mes anecdotes à tendances aventureuses, rien depuis le début de ce mois de septembre.
Mais à ma décharge ( non, je vis bien dans un appart, ne vous leurrez pas ...), le mois de septembre est un mois que j'affectionne tout particulièrement.
C'est le mois des vents d'anges.
Alors, si vous vous attendiez aujourd'hui à vibrer au rythme de poursuites effrénées en voiture ou autre fusillade, ce billet vous décevra car aujourd'hui, rien de tout ça. Seulement de la mélancolie, de l'amour, un autre regard sur ma vie, sur la vie, mon avis.
En effet, septembre est un mois tout particulier pour mois, car il se postionne bizarrement après Août, le mois du pâté en croûte ( j'adore cette association de mot "pâté en croûte" qui ose les deux accents circonflèxes tout en plaçant un petit accent aigu au centre, c'est grave ...).
C'est comme le disait un poète dont j'ai perdu le nom, un sorte d'été indien. Un été avec une coiffure de plumes, assis sur un canasson relativement bien dressé et armé d'un arc et de quelques flèches taillées dans un bois, qui souvent est issu d'un arbre. Et comme tous les indiens, celui-ci est affublé d'un nom ridicule à rallonge : été indien vaut mieux que deux tu l'auras... Autant dire que pour trouver du boulot....
Ce mois de septembre marque un tournant pour moi cette année.
Je vais avoir bientôt 57 ans, l'âge d'une bonne bouteille de Bourgogne qui serait pas mauvaise, et je viens de découvrir l'amour.
Je croyais aimer Kimberley, mais je m'aperçois que cette fille, croisée par hasard il y a de ça quelque temps, hante de plus en plus mes pensées. Depuis notre rencontre, je ne vois que ses yeux et son sourire enjôleur.
Quand je rêve le nuit, je ne rêve que d'elle, quand je mange le midi, je ne mange qu'elle, quand je fais mon footing le matin, je ne transpire que pour elle et quand j'ai besoin de nouveaux sous-vêtements, j'ouvre le catalogue Quelle...
Mon travail me pèse de plus en plus ( l'arrivée de Carlos n'arrangera rien, je le sais bien ), le temps me rattrape et finira bien par me toucher, ma jeunesse s'éloigne à reculons en me faisant de grands signes que je distingue de moins en moins bien et voilà qu'à plus d'un demi-siècle de vie commune, la Vie me balance en travers du visage un de ses plus beaux travers : l'Amour... Moi qui adore tous les travers, et notamment le travers de porc, me voilà comblé !
A ce jour, j'ai envie de me laisser aller, de tout plaquer, de la suivre au bout du monde pour m'assoir sur un rocher, sous une cascade et la regarder se déshabiller, lentement, très lentement... Je porterai mes trois croix s'il le faut, nous nous allongerons dans les ronces, dans un silence religieux, à nous demander ce que peut bien être ce bâtiment gris, là en bas ...
J'aspire au calme, j'aspire à la sérénité, j'aspire à la paille.
Demain, j'irai voir le boss.
J'irai lui dire que je plaque tout. Que le petit Carlos est fin prêt pour la relève.
Je vais me consacrer à elle.
Je vais me consacrer à mes passions de toujours : la musique, la lecture, la contemplation des belles choses.
Un jour nous serons réunis, je le sais, c'est écrit.
Kimberley m'a donné deux beaux enfants, mais je m'aperçois aujourd'hui que je ne l'ai jamais aimée, jamais ...
Ma vie commence seulement aujourd'hui. J'ai pris du retard, mais rien ne fait peur à présent. La vie, je la connais, je connais ses pièges et ses coups retords, la vie, je vais maintenant la croquer à pleines dents, et malgré mon âge, j'ai encore une belle dentition...
Septembre est un mois que j'affectionne tout particulièrement.
C'est le mois des vents d'anges...
August 29 Laconique. Ma première mission avec mon nouvel équipier Carlos vient de se terminer ...
Putain ! une semaine que ça a duré !!! Une simple mission de routine qui ne m'aurait pris que quelques heures si j'avais été tout seul... J'ai cru que ça ne se terminerait jamais, vous m'entendez bien, jamais .... Vous m'avez bien entendu ? Jamais que je vous dis ! ...
Tout a commencé mercredi dernier quand le boss nous a convoqué tous les deux devant la machine à pâtes ( ben oui, le boss est un grand consommateur de pâtes, alors il a fait installer un distributeur de pâtes dans le hall de la salle de réunion, juste entre le distributeur de préservatifs ( ça nique pas mal au commissariat ...) et le distritibuteur de boeuf bourguignon ( pour accompagner les pâtes du boss )), pour nous annoncer le programme de notre première mission ensemble, à Carlos et à moi...
J'ai lu à ce moment là de la compassion, de la compréhension, de la douleur et une envie folle de pâtes avec une sauce de bourguignon dans les yeux du boss. Il savait bien ce que je pensais de tout ça. Il savait bien que je ne pouvais plus travailler en équipe depuis la mort d'Henry l'Irlandais. Il savait bien que je n'avais qu'une seule envie, celle de plaquer cette vie qui ressemblait de moins en moins à celle dont je rêvais. Il savait bien que s'il ne faisait pas vite pour nous brieffer, son plats de coquillettes allait refroidir , et il avait horreur des pâtes froides, d'ailleurs sa femme ne faisait plus de salades de pâtes depuis qu'il l'avait violemment frappée au visage le lendemain de leur mariage, alors que cette dernière croyait bien faire...
C'est alors qu'il dit de sa grosse voix : " Les gars, l'heure est grave !!! On a de grosses emmerdes avec les trois bandes à Didas... Les chefs de clan ne se supportent plus depuis la mort du padre, ils veulent tous le fauteuil de parrain, mais il n'est pas assez larges pour leurs trois culs. Je vous raconte pas les règlements de compte qui pourissent la vie des habitants du quartier nord ... C'est pourquoi j'ai pensé à vous pour faire un peu de ménage là dedans, afin que mon neveu qui habite le quartier puisse garder une voiture plus de 48 heures, faites en sorte qu'il puisse les garder au moins 48 heures de plus, qu'il lui reste plus de 58 minutes à vivre, qu'il ne perde pas son sixième sens, et pour ceci vous avez 24 heures chrono, pigé les gars ? Steven, je te fais confiance pour bien t'occuper de Carlos, quant à toi Carlos, ne fais pas preuve de trop de zèle, écoute bien Steven, il a fait ses preuves. Bonne chance les gars ! Ah oui, j'allais oublier le cinquième élément, le plus important : ramenez vos culs sains et saufs, j'ai plus vraiment de gens compétents pour assurer une telle mission ... Allez , cassez vous, mes nouilles vont être froides et ça va encore me foutre dans une colère noire ..."
Rien n'y ferai ... Le boss ne savait pas faire une phrase de moins d'un quart d'heure ...
Nous nous rendîmes ( c'est beau le passé simple, non ? ) à la machine à café avant de prendre la route et de passer à l'armurerie prendre nos magnum 747. Comme avant chaque mission, je pris un café bien noir et bien serré, alors que Carlos se contenta d'un vulgaire chocolat chaud fait avec de la flotte polyphosphatée... Ca commençait fort ...
Je pris le volant de la Ford Mustang qui m'accompagnait sur toutes mes missions depuis déjà de nombreuses années, quand Carlos, qui me dévisageait comme si je venais de dévorer un goeland à pleines dents, m'interpela : " C'est vous qui conduisez ? N'est ce pas dangereux à votre âge ? "
Je crois que si j'avais eu un goéland sous la main, je l'aurais dévoré à pleines dents ...
Mais pour qui il se prenait ce petit merdeux ? Il pensait déjà m'apprendre mon métier, et en plus il voulait m'apprendre à conduire ? Ma seule réponse fut un sourire en coin un brin moqueur. Je crois que si j'avais chiqué du tabac, j'aurais craché un gros glaviot brunâtre sur ses mocassins Gucci... Va falloir que je me mette à chiquer moi ...
A peine sa ceinture bouclée, je fis ronfler les 450 chevaux de mon étalon et crisser les pneus pour lui montrer à qui il avait à faire, petit con, va !
Les 20 minutes de trajet qui nous séparaient des quartiers nords se sont transformés en 8 mn 46 secondes... Je ne vous cache pas que je n'ai pas respecté les limitations de vitesse, mais n'ayant jamais eu mon permis, je ne risquais pas de me le faire retirer...
Carlos était d'une blancheur à faire peur à Casper le gentil fantôme, on aurait dit un cachet d'aspirine passé à l'eau de Javel ... Je tenais ma petite vengeance, mais plus nous nous approchions ( j'adore la dernière syllabe de ce mot ...) des quartiers nords, plus je m'inquiétais pour le petit. En effet, il sortait tout droit de l'école, où ses seuls faits d'armes étaient de tirer sur des mannequins en carton ou en plâtre, en faisant bien attention de ne pas butter la petite vieille avec son caddie à course à carreaux et la mère de famille mexicaine avec ses 17 enfants dans les pattes... Ca risquerait de faire un peu court si on était pris dans une fusillade avec les chicanos de la pègre des quartiers nords. Je l'ai assez dit qu'on se rendait dans les quartiers nords, ou il vous faut encore une petite piqure de rappel ?
Je lui donnai les derniers conseils : " Ecoute moi bien Carlos, là, t'es dans la réalité, c'est pas du théorique. Je sais qu'on t'a appris plein de choses à l'école des champions et au collège fou fou fou, mais là, rien ne se passe comme prévu. Tu peux prévoir une éclaircie et c'est un orage de gros calibre qui te tombe sur le coin du nez ... Alors, à partir de maintenant, ne fais pas le flambeur, tu écoutes ce que je te dis, tu fais ce que je te dis, tu pisses quand je te le dis, tu avales ta salive quand je te le dis, et quand je te dis rien, tu fais comme si je te l'avais dit, c'est clair dans ta petite tête de flicaillon ?"
Le sourire qu'il me décrocha me glaça le sang. On aurait planté un batonnet dans mon bras à ce moment là, on en aurait retiré un sorbet de globules blancs et rouges m'appartenant...
Je ne lisais rien dans ses yeux d'autre que de la suffisance et une confiance en soi que je n'avais même pas depuis toutes ces années de service. Deux solutions, soit ce gamin était complètement barjot, auquel cas on était dans de beaux draps à fleurs, soit il n'était pas du tout conscient du danger que nous courions à nous aventurer dans ce quartiers de truands dont le QI total ne devait pas dépasser les 50... Dans les deux cas, ça s'annonçait mal, voir même pas bien du tout. Qu'est ce que le patron avait fait ? Etait-il seulement au courant que ce gosse n'avait plus d'essence dans le moteur ?
Avant de descendre de la voiture, il me dit : "Ne t'inquiète pas Steven, je maitrise la situation, fais moi confiance. J'ai pris des cours du soir pendant l'école, des cours qu'on ne prodigue pas à l'école de police ..."
Ce gosse était tout bonnement taré. Je connaissais ces malfrats mieux que leurs parents eux-même, et je savais que le petit ne survivrait pas plus de 43 secondes dans ce merdier, mais qu'est ce qui lui prenait bon sang ?
Il s'éloigna de la voiture, non sans avoir négligemment jeté son flingue sur le siège arrière.
Je m'étais trompé sur le gosse, il n'était pas taré, il était fini à la pisse. J'allais perdre un deuxième co-équipier, et celui ci, je ne savais même pas si je pourrais hériter de sa collection de films pornos ... Qu'est ce que j'allais dire au boss ? Que j'avais laissé le môme prendre les commandes de l'opération ? Que j'avais eu trop les boules pour l'empêcher de se suicider devant mes yeux ?
J'allais finir à côté du distributeur à nouilles. On mettrait une pièce d'un dollar et on pourrait y déguster un sorbet au sang froid de Steven ...
J'étais tellement surpris par sa démarche insensée que je ne pus rien faire d'autre qu'observer. Et ce que je vis, je le vis avec mes yeux qui se trouvent dans mes cavités occulaires où ils sont bien à leur place ...
Un mec barrait la route de sa vieille Honda Civic, un fusil à pompe dans chaque main, prêt à canarder quiconque oserait s'aventurer sur son territoire. Il regarda Carlos s'approcher lentement, d'une démarche nonchalante, en souriant. Il attendait surement qu'il soit assez près pour lui faire sauter la cervelle de ses deux canons sciés.
Mais il n'en fit rien.
Quand Carlos fut près de lui, il le serra dans ses bras. Je n'entendis pas ce qu'ils se racontaient, mais aucun des deux n'avait l'air d'avoir le moindre esprit belliqueux. C'est alors que Carlos me fit signe de m'approcher.
Pour la première fois depuis des années, un gamin venait de me bluffer.
Mais qu'est ce qu'il avait dit au type pour qu'il y ait autant d'effusion de tendresse entre eux ?
Je ne savais même plus si je devais pointer mon arme sur le gars ou si je devais le fourrer maladroitement dans mon caleçon, au risque de me faire éclater les noix de cajou ...
Carlos m'expliqua lors du banquet final ( comme dans Asterix ...) qu'il était né ici, et qu'il avait passé toute son enfance ici. Que les trois bandes à Didas étaient sa famille, dans les quartiers nords ( ...) tout le monde était cousin... Et ce que le boss avait pris pour des coups de feu, n'étaient qu'en réalité que des feux d'artifices célébrant le mariage de la fille d'un des parrains, Katarina Chikachikachikayayaye. Et dans cette communauté, il était de tradition de fêter un mariage pendant deux semaines.
Nous étions arrivés à la fin de la première semaine, et la seconde tradition voulait que toute personne entrant en cours de mariage se devait de rester jusqu'à la fin de ce dernier, sous peine de se voir trainer derrière une voiture pendant 126 km attaché à une corde et en slip...
Je ne pris pas le risque. J'avais un caleçon avec des ours et des coeurs, et j'avais une réputation à tenir.
Nous fûmes reçus comme des rois. Ce fut une semaine rude pour les nerfs et la santé...
Ma première mission avec mon nouvel équipier Carlos vient de se terminer ...
Putain ! une semaine que ça a duré !!! Une simple mission de routine qui ne m'aurait pris que quelques heures si j'avais été tout seul... J'ai cru que ça ne se terminerait jamais, vous m'entendez bien, jamais .... Vous m'avez bien entendu ? Jamais que je vous dis ! ...
August 16 Kinésithérapie.Je me pose la question de savoir si je dois arrêter ce métier ou le continuer.
J'ai 56 ans, dans quatre ans, j'en aurai 60, et dans sept ans, j'en aurais 63...
Le mois dernier, je suis allé voir le boss pour qu'il me trouve une place dans les bureaux, à faire de la paperasse. C'est pas mon truc la paperasse, mais mes jambes ont 56 ans, dans quatre ans, elles en auront 60, et dans sept ans, 63... Et des jambes de 56 ans, quoiqu'on en dise, ça va pas aussi vite que des jambes de 37 ans, et encore moins que des jambes de 23... A moins que le gars de 23 ans ne souffre d'une double fracture tibia-péroné, auquel cas, je peux le griller sur un 86 mètres lancé, mais sinon ...
Le boss, il m'a dit d'aller siffler là haut sur la colline et de l'attendre avec un petit bouquet d'églantines. J'ai cueilli les fleurs et j'ai sifflé tant que j'ai pu, j'ai attendu, attendu, il n'est jamais venu... Zai, zai, zai zai ....
En d'autres termes, ça voulait dire : " Non Steven, la police de Chicago a trop besoin de gars comme toi, qui connaissent les rues de cette putain de ville par coeur ( oui, le boss est parfois peu à cheval sur la politesse, il est plus à poney ...) et qui connaissent les malfrats de cette saloperie de ville sur le bout des doigts de pieds ( vous voyez, je vous disais !...). Alors non Steven, tu as commencé le boulot à 23 ans, et avec le nouveau régime de banane de la sécu, tu dois cotiser 53 ans, donc tu atteindras l'âge de la retraite aux alentours de l'âge du capitaine, ce qui signifie qu'il te reste quelques années à tirer, ce qui signifie que tu ne seras pas un planqué dans les bureaux avant au moins 29 nouvelles lunes, ce qui signifie que tu restes sur le terrain avec Carlos Gipsyking, ton nouvel équipier qui vient d'arriver de l'école des champions, après être sorti major de promo du collège fou, fou, fou... Oui, je sais, tu n'étais pas prévenu, maintenant tu l'es, que ça te plaise ou non, il a été désigné pour t'accompagner dans tes missions jusqu'à ce que ses dernières dents de lait soient tombées... Cette phrase interminable touche à sa fin Steven, tu peux sortir du bureau en claquant la porte vitrée très fort si ça te chante, et passe m'acheter un steack de jument fécondée à la boucherie chevaline en bas de la rue, car ce soir c'est la finale du Super Bowl, avec Céline Dion à la mi-temps, je ne louperais ça pour rien au monde, alors je n'aurai pas le temps de cuisiner ce soir, surtout que ma femme est chez sa mère car elle ne supporte plus le football..."
J'ai bien cru que le boss ne terminerait jamais ce monologue.
Ce que j'en avais retenu ?
Que non, je n'aurais pas cette place laissée vacante par le vieux Jim qui venait de décéder dans un accident de barque sur le lac Titicaca, qu'il me restait encore quelques années à tirer et surtout qu'on m'affublait d'un équipier !... Chose à laquelle je n'étais plus habitué depuis la disparition de mon vieux pote Henry l'Irlandais ...
A cette époque, j'avais posé mes conditions, je restais dans la police à la seule condition de ne plus m'attribuer d'équipier, chose que le boss avait acceptée et signée le soir de l'arbre de Noel du commissariat. Je m'en souviens comme si c'était avant-hier, c'était le 23 Juin d'une année à 4 chiffres, et il avait signé ce papier, alors qu'il était sous l'emprise d'un cocktail maison à base de jus de carottes râpées et d'oasis pomme-cassis, le tout arrosé d'un alcool de contrebande que j'avais saisi la veille lors d'une arrestation un peu musclée près de Cherokee Park, dans le Wisconsin ...
Je m'en étais bien tiré à l'époque, et pour ne pas que l'affaire s'ébruite, le chef avait accepté mes conditions : à partir de ce jour, je bosserais seul, je marcherais seul, moi j'préfère rester toute seule, car sous leurs airs innocents, ce sont de vrais brigands ...
Et aujourd'hui, après toutes ces années, on m'obligeait à faire équipe avec un p'tit Porto-Ricain au nom bizarre, me rappelant ce bar à tapas lors de mon séjour au Vietnam dans les années 60... C'est pas que j'aime pas les jeunes, mais les méthodes ont beaucoup changées depuis mon époque, et aujourd'hui, on leur bourre le crâne de concepts et match, on leur fait croire qu'ils sont les meilleurs, on les entraine avec des flingues qui trouvent leur cible sans viser... Plus rien à voir avec les vieilles méthodes de mon époque, les vraies bonnes méthodes, celles qui ont fait leurs preuves depuis que le monde est monde et depuis que Nancy Kerrigan s'est fait bousiller les genoux par les hommes de main de Tonya Harding ...
Et là, à quelques années de la retraite, on allait "m'emmerder" avec un jeune blanc-bec qui sait tout et qui va m'apprendre comment menoter un malfrat sans violence et comment prendre un virage lors d'une poursuite sans laisser trop de gomme sur le bitume fraichement refait ???
Moi ? Le super flic ? On m'affublait d'un stagiaire avec de l'acné sur le nez et aux cheveux gras ?
Bon sang, qu'est ce que j'avais donc fait pour mériter pareille malédiction ? Simplement parce que j'avais demandé au boss un boulot un peu plus peinard ?
J'allais devoir m'y faire, que je le veuille ou non, et cette seule idée de savoir que je ne serai plus maitre de mes actes sans avoir un rapport à faire en 14 exemplaires, me terrifiait au plus haut point, pour ne pas dire que ça me foutait les glandes entre le bout des doigts de pieds et la pointe extrème de ce qui me restait comme cheveux ...
Ce soir là, je ne suis jamais allé à la boucherie chevaline acheter le steack du chef.
J'avais l'esprit ailleurs, avec cette certitude certaine que les années qu'il me restait à tirer allaient être longues, très longues, trop longues.
Demain, je vais rencontrer ce Carlos Gipsyking, et je vais devoir le former, c'est pas gagné, c'est plus de mon âge ...
Allez tiens, je vais aller me matter le Super Bowl, et je vais passer chez le bookmaker du coin pour miser un billet de cent sur Tampa Bay, ils ne sont pas favoris, mais je peux pas piffer ces péteux de St Louis ...
August 07 Jokari.Aujourd'hui, j'ai pas le moral.
Et pourtant je me suis mis un disque de la compagnie créole, il parait que c'est bon pour le moral ...
J'approche de la soixantaine, et je me dis que je suis plus proche de la sortie que du grand videur bodybuildé à l'entrée de la boite.
Pas mal d'éléments me font comprendre qu'il serait peut-être temps d'arrêter.
Mon boulot me pompe toute mon énergie, c'est plus de mon âge tout ça ... Quand je vois tous ces loups aux dents longues qui intègrent l'école de police, je me dis que le temps fait son oeuvre, que les mentalités ont changé, que peut-être je n'ai plus ma place ici.
Pourquoi tant de mélancolie traverse mes pensées aujourd'hui ?
Sûrement parce qu'au moment où je vous parle, je suis sur le trône avec un mal de tripes carabiné...
Putain, hier soir, j'ai mangé au japonais du coin avec un ami, et j'ai mangé trop de riz.... Et le riz, ça me constipe, là comme c'est parti, j'en ai pour minimum une semaine ... Pourtant, d'habitude, je digère le riz dans les sushis, mais là, y'a un truc qui passe pas ...
Bref, je ne vais pas m'étendre sur mes problèmes gastriques, à moins que vous y teniez vraiment ? Oui ? Non ? Sûr ? Vous n'allez pas regretter ?
Ok, alors on passe à autre chose ...
C'est vrai que mon métier demande beaucoup de temps, d'énergie et surtout de temps ... Je suis allé parler au bureau du patron hier matin, vers 17 h 36, et je lui ai dit le fond de ma pensée. Vraiment le fond, il a fallu que j'aille racler les parois... D'ailleurs, ça me fait penser qu'il serait temps d'y faire un peu de ménage, car il y reste encore pas mal de trucs pas jolis-jolis ...
Je suis rentré dans son bureau et lui ai dit : " Patron, je vais vous dire le fond de ma penseé !"
Et là, il me rétorque : " Ok, Steven ! Mais râcle bien les parois, et pendant que tu y es, il serait temps d'y faire un peu de ménage, car il y reste encore pas mal de trucs pas jolis-jolis ...!"
Comment ce mec là pouvait-il lire aussi clairement dans ce qui me sert d'esprit ?
Parfois je me demande pourquoi il est mon chef ? J'avais ma réponse aujourd'hui ...
Interloqué, je suis resté quelques secondes complètement muet, et j'ouvris la bouche d'un ton hésitant : " Patron, il faut que je vous dise le fond de ma pensée !"
Oui, ok, ça peut vite devenir très lourd, c'est pourquoi je vais éviter le comique de répétition pour aujourd'hui, et surtout pour faire un peu plus court, car on ne va pas y passer la nuit. Et puis, j'ai pas vraiment l'intention de passer ma journée assis sur le trône, de toute façon, je me connais et je connais mon corps, quand ça veut pas venir ... Putain de riz !
Le patron, lisant en moi comme dans un livre ouvert dans un panier en osier au bord d'une plage de Bretagne, m'invita à m'assoir, et comme il n'était pas non plus trop pour le comique de répétition, m'invita à faire vite, prétextant une partie de golf avec le maire ( qui fut très heureux de retrouver sa fille, au demeurant... Une fille un peu demeurée, par la même occasion ...), alors que moi, je savais bien qu'il prenait des cours du soir, des cours de découpe de viande, car son rêve le plus fou était d'ouvrir une boucherie chevaline à sa retraite, car, comme moi, ce métier l'épuisait et vous pouvez reprendre votre respiration, car cette phrase interminable va prendre fin après le troisième bip sonore : bip sonore, bip sonore et dernier bip sonore ...
Allez-y, prenez votre temps et votre respiration, nous ne sommes pas aux pièces, et puis je vois bien que vous êtes un peu rouges. Soufflez un grand coup !
Je m'assis donc sur la petite chaise en velours vert qui était réservée aux visiteurs du boss ( qui lui, posait son gros fessier dans un magnifique fauteuil en cuir de vachette rose, faisant croire à tout le monde que c'était un cadeau de sa fille pour la fête des pères, mais moi je n'étais pas dupe ... Je savais bien qu'il avait eu ce cadeau pour Noel... Mais je suis une tombe, j'emmènerai ce lourd secret avec moi ....
Je me rends compte qu'on avance pas beaucoup dans cette narration, il faudrait peut-être que j'arrête les appartés et toute sorte de parenthèses, sinon, nous sommes encore là l'hiver prochain, et je vais choper des escares sous les fesses à rester assis ainsi sur la lunette des toilettes de cette aire d'autoroute ... Ah, je vous avais pas dit ? Ben oui, je suis sur une aire d'autoroute, car je me rends à un festival de jazz, où je chante avec mon orchestre en première partie des Beach Boys, et juste après François Feldman.
Venons-en aux faits ! Le boss me dévisageait, il savait que j'avais quelque chose d'important à lui dire, n'oubliez pas qu'il lisait en moi comme dans un livre ouvert dans un panier en osier au bord d'une plage de Bretagne ...
J'allais ouvrir la bouche quand le téléphone rouge, sur le bureau, retentit. En fait, ce n'est aucunement le téléphone qui retentit, ma la sonnerie de ce dernier, car tout le monde sait bien qu'un téléphone ne retentit pas, il vibre ou sonne quand il n'émet pas toute sorte d'autres bruits, alors on la refait pour que vous compreniez mieux.
J'allais ouvrir la bouche quand la sonnerie du téléphone rouge, sur le bureau, retentit. C'est mieux ?
Le boss décrocha et parla d'une voix fluette que je ne lui connaissais pas : " Allo ? Oui, moumoune... Ce soir ? Chez les voisins ? Ben c'est que ... Oui, d'accord, d'accord, t'énerves pas ... Oui, moumoune... Oui, je sais que toi tu ne dis jamais rien quand ma mère vient passer 3 ans à la maison...Oui, moumoune, d'accord.... Je passe chez le fleuriste et j'achète une bouteille de scotch bon marché ... Moi aussi .... Moi aussi ... Oui, moumoune... Non, là je peux pas te parler... Oui, moi aussi ... Moi aussi ... Non, c'est toi qui raccroche ... Non c'est toi ... Non, toi d'abord ... Non, la dernière fois c'était moi ... ( Anais, si tu nous écoutes !) Allez, Moumoune, raccroche, je suis en entretien, je peux pas ... Oui, moi aussi, là où tu aimes ... Moi aussi ... Moi aussi ... Oui, la noire ... Non, pas la rouge, elle te fait de grosses fesses .......... Mais non, elle te va très bien, mais oui je t'aime aussi dans la rouge.... Mais t'énerves pas Moumoune, oui, j'aime aussi la rouge ..... Bon, ben comme tu veux, mets la rouge ... En même temps, ce n'est qu'une garden party chez les voisins .... Oui, d'accord, tu mets la rouge ... Je me tais ... Mais quand même je te préfère dans .... Ok, la rouge .... Oui, moi aussi moumoune ... Oui.........."
Bon, je vais couper là, parce qu'en réalité, cette conversation téléphonique a duré environ 27 minutes, et je dois bien vous avouer qu'à un moment, j'ai un peu décroché pour aller me chercher un café noir sans sucre à la machine à café noir sans sucre dans le couloir ... Celle juste à côté du distributeur à Kinder Bueno ...
Quand je revins le lendemain, le boss avait racroché, il me dit en me voyant arriver : " C'est bon Steven, pour ce que tu m'as demandé hier soir, tu les as tes 3 semaines de congés, tu en as bien besoin vieux frère !..."
Ce mec lisait vraiment dans mes pensées, et maintenant je savais pourquoi c'était lui le boss....
J'avais trois semaines devant moi, et des projets plein la tête... Je pourrais enfin nettoyer ces taches de fraises sur mon bar ...
Hiuoyuioygnui uiy yutf yrd tesh kuo ouiyg ouiyg u uiyt ftrsu oiupiug tfrxqercx fcjhvbuyt gc....
Bruit de la chasse d'eau ...
Vous ne croyiez quand même pas que j'allais rester sur les chiottes après votre départ !!!
July 30 Immersion.Je n'ai jamais voulu être flic.
C'est mon parrain qui m'a forcé quand j'étais tout petit.
Moi, mon rêve de gosse, c'était d'ouvrir une boucherie chevaline entre Street Poker et la 11 ème, parce que c'était là qu'habitait ma prof de chant de l'époque, et surtout parce que j'étais amoureux d'elle.
Pour mon treizième anniversaire, mon parrain, que j'appelais "parrain" pour plus de commodités, m'offrit, m'offra ou m'offrut ( au choix, coche la bonne réponse ) une panoplie du parfait petit gendarme.
Une bricole qu'il avait du trouver au bazar du coin à un prix modique à tendance pas cher ... Mon père, qui était déjà pas mal attaqué par l'alcool à l'époque s'écria bruyamment entre deux rots de bière chaude : " Ah ben ça c'est une bonne idée parrain !!! L'autre je croyais que j'allais en faire une danseuse à toujours être dans les jupes de sa mère et fourré au cours de musique de cette trainée de Mme DePique !!!"
Il mourut sur le coup .
Une fléchette de plastique collée entre les deux yeux et un couteau de la même matière planté dans les omoplates.
Le légiste avoua à ma mère, un peu plus tard, que mon vieux était mort d'une crise cardiaque due à l'absorption trop poussive de toute sorte de boissons à base de substance alcoolisées.... Autrement dit, il venait de faire une overdose d'alcool frelaté, sa dernière cuite en somme.
Mais moi je savais que je l'avais tué, je ne l'ai jamais avoué à ma mère.
Je savais que c'était ma fléchette et mon poignard qui avaient eu raison de mon alcolo de père. Il n'aurait jamais du insulter Mme DePique....
Je n'ai jamais regretté cet "assassinat", j'y ai même pris un certain plaisir.
C'était décidé, je n'ouvrirais pas ma boucherie chevaline.
5 ans plus tard, j'intégrai l'école de police de Chicago pour devenir ce que je suis aujourd'hui : un flic respecté, aux méthodes peu académiques, j'en conviens, mais aux méthodes efficaces...
July 26 Horticulture .Hier matin, sur le coup des 20h30, juste avant la météo, le central m'appelle pour une mission de routine... Pas de chance, c'était mon seul jour de repos depuis bientôt 27 ans de carrière, et j'avais prévu de faire du shopping avec des copines ...
Meuh non, j'déconne !!! j'suis pas une fiotte moi !!! Nan, sans rire, j'avais prévu de me faire une épilation définitive du maillot au fromage suisse fondu ... Il parait que c'est une méthode d'épilation révolutionnaire et très efficace, qui aurait fait des preuves chez les manchots d'Afrique équatoriale.
Bref, j'allais partir quand le téléphone sonna. Pas moyen de le retrouver, quand soudain, après plusieurs jours de recherche, je remis la main dessus... Il était resté dans la quiche aux tomates cerises que j'avais oublié de faire cuire pour le mariage de ma soeur.
Je décrochai.
Au bout du fil, le boss, l'air un peu impatient ...
" Steven !!! Je sais que tu es en repos et que tu n'as pas eu de repos depuis bientôt 27 ans, et je sais également que tu vas tester cette nouvelle méthode d'épilation. Me demande pas comment je sais, je sais ... J'ai vu ton nom sous le mien quand j'ai pris mon rendez vous ... Mais c'est pas pour moi, c'est pour ma grand mère..."
" Quoi, j'ai pas de grand mère ? Mais si que j'ai une grand mère ! C'est la meuf à mon grand père... Bref, je ne t'appelai pas pour ça, c'est juste que j'ai une mission de routine à te confier, et comme tous les autres flics de la brigade sont à la fête de l'école de leurs enfants, il ne me reste plus que toi..."
Je n'ai pas su quoi lui répondre, je pense qu'un non catégorique ou un " va te faire foutre et fous moi la paix " aurait été de circonstance, mais j'étais tellement chiffoné par le départ de Kimberley depuis deux jours, qu'un vague " oui chef " fut tout ce qui sortit de mon gosier endolori par un mauvais passage de sandwich au thon... Saloperie de pain trop cuit !!!...
C'était effectivement une mission de routine... Ca aurait bien pu être une mission de comptine, ou alors une mission de copine, de rustine, de vaseline, de trampoline, etc ... mais non, c'était une mission de routine : il suffisait juste que je sauve le monde, rien que ça ...
Le chef m'avait expliqué plus ou moins vaguement en quoi elle consistait ( la mission ) : un groupe de dangereux terroristes détenaient la fille du maire de la ville. Ils l'avaient kidnappée au mariage de sa soeur ( décidément ...), le pire c'est qu'ils l'ont enlevée par pur hasard : c'était la seule fille mignonne de l'assemblée qui portait une robe avec une bretelle réparée par une épingle à nourrice, c'est quand même pas de bol ...
J'enfilai alors mon uniforme de police... Et bon sang, je me suis dis à ce moment qu'il fallait que je fasse un régime à base de saucisson à l'ail, il parait que ça fait fondre les calories, à défaut des filles ... J'attachai tant bien que mal mon pantalon de cuir ( oui, j'aime bien être sexy quand je suis en mission, mais attention, je ne suis pas une tarlouze hein ! C'est pas parce que j'ai un sac à main et que je me fais des masques au concombre que je suis efféminé...) et mes santiags à bout carré.
J'ai enfilé ma Harley, direction l'endroit inconnu où les bandits détenaient la jeune héritière, endroit inconnu dans une ville comme Chicago, la tâche s'annoçait difficile... Mais j'avais une bonne lessive.
Mon MP3 sur les oreilles, je filai vers l'inconnu, sauver une inconnue aux mains d'inconnus, tout en passant par LINCOln aveNUe... Je frisai le 69 Km/h quand un zébu traversa devant moi, et pourtant z'avait pas bu ...
Rien à voir, je sais, mais un zébu au centre ville, ça frise pas les moustaches ?
Après 4 heures de recherches, je fus obligé de m'arrêter dans une station service pour faire pipi.
Chose faite plutôt proprement ( Kimberley m'a toujours reproché mon problème de visée ...), puis lavage de main... C'est important, sinon ça pourri les gants et ça devient vite intenable ...
Je lançai une pièce à la dame pipi qui s'était assoupie.
Ce n'est que quelques minutes plus tard, alors que j'étais en panne le long de Dire Street, que je m'aperçus que j'avais oublié de faire le plein de la moto à la station... Quelle tête de bigotte !
Les recherches et cette mission de routine s'avéraient plus difficiles que prévu....
Je tendai alors le pouce droit pour faire du stop, peut-être trouverais-je une âme charitable pour me conduire à la prochaine aire de service ... Mais chose peu évidente quand on a mon allure, je dois faire peur aux gens, à moins que mon gant ne sente vraiment trop l'urine ...
Après 6 jours d'attente interminable, une camionnette de dépannage s'arrêta et me proposa son aide ( pas la camionnette, le mec qui la conduisait , celà va de soi ...), aide que j'acceptai, peut-être parce que j'étais affamé et assoiféet surtout fatigué ... Le mécano chargea la moto sur la plate-formr de son camion, et après deux minutes de route, nous arrivâmes au garage.... J'aurais peut-être du y aller à pieds ...
A mon arrivée dans la station, une ambiance particulière me frappa.
Un téléphone à cadran.
Une table en formica.
Des chaises enveloppantes oranges en plastique dur.
Un portrait d'Elvis en canevas.
Une télé sans télécommande.
Je venais de réaliser que j'avais fait un bond dans les années 70, ce garage avait oublié de vieillir.
C'est un refrain surraigu des Bee Gees qui me sortit de ma torpeur, il ne fallait pas que j'oublie ma mission principale, sauver la fille du maire, car sa mère, qui avait un rôle de figurant dans "Les dents de la mer ", serait amère si je ne lui ramenais pas sa progéniture vivante.
Un bruit dans la remise attira mon attention.
Un gémissement.
Une voix étouffée.
Cette odeur de merguez.
Putain que j'ai faim.
Je lutte pour garder les idées claires.
Dessine moi un moufflon.
Je déraille, je vais m'évanouir.
" AU SECOURS !!!!! "
La voix d'une jeune fille.
Cette putain de bordel de merde d'odeur de merguez !
Il me fallait choisir : porter secours à cette fille qui était peut-être celle que je recherchais ou bien me jeter sur le barbecue devant la porte d'entrée.
Choix cornélien.
Choix racinien.
Choix moliérien.
Choix sheakspearien.
En choix, j'étais un vrai poisson ....
Le mécano me regardait bizarrement, d'un oeil bizarre. Il se doutait que je me doutais qu'il se doutait que je me doutais qu'il se doutait que je me doutais que quelque chose de bizarre se tramait ici, et ce qu'il se tramait ici se nommait désir...
Ce qui reste de mon cerveau ne fit qu'un tour, car s'il en avait fait deux, il se serait retrouvé à la même place .
Je me jetai sur le mécano, lui mordit le lobe de l'oreille en lui mettant mon pouce sous le menton.
Il hurlait de douleur.
C'est le moment que je choisis pour me diriger d'un pas alerte et léger dans la pièce de derrière...
L'horreur se mêlait à l'odeur.
Cette vision était insoutenable.
Comment un humain était-il capable de laisser faire une chose pareille ?
En 27 ans de métier, je n'avais encore jamais vu ça, jamais ...
On ne nous avait pas appris à réagir devant de telles situations à l'école de police.
J'étais arrivé trop tard, bien trop tard, la faute à cette panne d'essence...
Comment pourrai_je retrouver le sommeil après ceci ?
Je détournai les yeux, détachai la victime ( qui était bien la fille du maire, elle portait un T-shirt avec l'inscription " je suis la fille du maire " ) et m'enfuis pour fuir ce qui hanterait mes nuits jusqu'à la fin de mes jours...
Comment quelqu'un d'humain pouvait-il laisser pourir une si belle côte de boeuf sur une table de cuisine ? Pourquoi étais-je obligé de m'imposer cette vision ?
La victime était sauve.
La victime était saine.
Elle était les deux à la fois.
Je rentrai en héros au poste, la jeune fille dans mes bras.
" Steven, t'es vraiment un crack !"
" Steven, tu es l'image de la police de Chicago !"
" Steven, t'as pas un jeton pour un café ?"
Mais plus rien ne serait comme avant désormais.
Putain que j'avais faim ...
July 21 Gorgonzola.En ce moment, je suis en congé.
Le mal et les méchants peuvent bien attendre, et de toute façon, tout est très calme en ce moment. C'est peut-être du à la chaleur, les bandits de moyens chemins ont chaud, comme tout le monde ...
Et moi, j'ai la tête ailleurs ...
On dit de moi que je suis un dur, que je suis sans coeur, que le mal est ma seconde nature, que je vendrais ma mère pour un indice me permettant de coincer un malfrat, que je vendrais mon père pour un cône glacé à la vanille et aux pépites de chocolat... Mais derrière ce masque que je me suis forgé au fil des années, se cache un homme.
Un homme avec un coeur, un homme avec un carreau et pis aussi un homme avec un pique et un trèfle.
J'ai rencontré, lors d'une récente enquête de routine, une jeune fille formidable...
Oui, je sais, je vous entends déjà : " Oh ben Steven !!! tu n'es pas déjà marié à Kimberley ?"
Et là, je vous réponds : " Mêlez vous donc de ce qui vous regarde ... "
J'étais à la poursuite d'un malfrat déguisé en clown, un bandit recherché par toutes les polices du monde pour vol de cahiers de coloriage dans les bibliothèques municipales ... Il avait déjà été arrêté il y a dix ans pour copie illégale de cassettes des Forbans, mais s'était échappé de la prison de haute sécurité dans laquelle il avait été enfermé en se faisant passer pour un matelas le jour du lavage de ces derniers ... Me demandez pas comment il a fait, je n'en sais strictement rien ...
Bref, j'étais donc à la poursuite de Jim Nastik, quand au détour d'une baraque à frites, je suis tombé nez à pied avec une créature d'une beauté magnifique ...
Le choc fut d'une rare violence, une telle violence que la belle m'explosa l'arcade sourcilière droite, heureusement, je ne m'en servais plus depuis quelques temps déjà ...
La conséquence de cette rencontre ? La fuite de Jim, qui put continuer sa ballade tranquillement.
Je perdis connaissance sur le coup. Oh, pas longtemps ! Juste un p'tit coma de 17 jours... Vous pensez bien que le poursuivi échappa au poursuivant que j'étais, mais je n'avais pas perdu espoir, j'appelai immédiatement à mon réveil le commissariat le plus proche pour leur demander de boucler le périmètre de 17 jours d'avion autour de l'endroit où je l'avais laissé échapper... Je pense que quelques minutes de recherche auraient du suffir ... Mais pensez-vous !!! Il n'y a pas que des gens compétents dans la police de Chicago ...
Mais je m'éloigne du sujet qui hante mon esprit depuis cet instant : elle ...
Je m'aperçois aujourd'hui que je ne connais même pas son prénom, notre rencontre fut brève mais d'une intensité intense au niveau de l'intention.
A mon réveil, et avant d'appeler le commissariat, j'ai vécu un instant merveilleux.
Mes yeux se sont ouverts sur elle.
Elle était là.
Elle me veillait depuis notre choc.
Elle s'inquiétait pour moi.
Mon esprit était encore embrumé par l'accident, mais un halo de lumière entourait cette magnifique jeune femme. Elle me parlait, je ne comprenais pas tout, mais je buvais ces paroles comme si je buvais un bon vin rouge accompagnant un cuissot de sanglier aux morilles ...
Quelques bribes de conversation me reviennent désormais à l'esprit : elle possédait la fameuse peluche Kiki, même si son rêve le plus fou était de posséder le fameux mini-Kiki que toutes ses copines possédaient. ( trois fois le verbe posséder dans la même phrase, serais-je possédé ? ).
Je me souviens également que malgré cette beauté aussi pure, elle avait un gros handicap physique, en effet elle avait deux pieds de couleur blanc bidet ... Mais ça, je ne l'ai pas vu tout de suite ... Elle m'a également raconté être fan de zouk love... Me demandez pas à quoi ça ressemble, je n'écoute pas de musique, il suffit d'écouter mon dernier disque pour s'en apercevoir ... Elle m'a également avoué être à deux heures de train de chez moi. C'est également une fan du dessin animé Pac Man ( elle connait le générique par coeur ... ), mais le pire, et ce qui m'a le plus marqué, c'est qu'elle a des poils de fesses qui lui poussent dans la bouche ... C'est quand même particulier, vous en conviendrez ...
Mais malgré ceci, je fut subjugué par son charme. Sur le coup, j'ai même oublié que Kimberley partageait ma vie, j'ai même souhaité que Kimberley n'aie jamais partagé ma vie.
C'est à ce moment que le boulot reprit le dessus, il fallait que j'appelle le commissariat le plus proche, avec les conséquences que vous connaissez maintenant . Et quand j'ai reposé le combiné nordique du téléphone, elle n'était plus là.
Il ne me restait maintenant que le souvenir de son visage d'ange, de sa voix douce et sensuelle, de son sourire à déterrer un mort vivant, de ce poil frisé sur sa joue ...
Bon, c'est pas le tout de rigoler, y'a des vilains méchants qui courent encore les rues, et si je n'y vais pas, y'a personne qui va faire le boulot à ma place ...
July 16 Funiculaire.J'entends, de ci de là, des tas de gens qui pensent que mes aventures sont trop longues... C'est pourquoi la plupart ne les lisent pas jusqu'au bout.
C'est pourquoi aujourd'hui, je ferai court.
July 14 Epistolaire.Aujourd'hui, j'ai la patate, car chez nous, les états uniens, le 14 juillet est le jour de la fête du brocoli cuit à la vapeur, et j'adore le brocoli cuit à la vapeur, mais je préfère quand même les patissons cuit dans l'huile de vidange, c'est moins fade, mais moins digeste également, enfin, j'vous dis ça moi, p'têt que vous vous en fichez ...
C'est vrai que nous ne sommes pas là pour parler cuisine, mais pour vous narrer mes aventures ...
Seul sur le sable, les yeux dans l'eau, mon rêve était trop beau .
Je vais vous parler d'un 14 juillet, mon premier 14 juillet en tant que flic, pas en temps que super flic, j'en étais à mes débuts dans le métier à tisser, je me faisais lers dents comme le disait souvent un mec qui n'était pas mon ami, mon dentiste...
L'été qui s'achève, tu partiras, à cent milles lieues de moi. Et comment t'aimer si tu t'en vas, dans ton pays loin là bas ?
Excusez moi, j'éteinds le poste, ça me distrait, et j'écris n'importe quoi ...
Oui, donc on parlait de quoi ? Du brocoli, alors moi, je les préfère ... non, non, on parlait du 14 Juillet.
J'étais affecté à la surveillance du marchand de hot dogs, c'est dire si on me faisait déjà confiance à l'époque ... Mes collègues ont riz, même le p'tit nouveau chinois... Je me suis fait chambrer : " Alors Seagal, tu bosses à la SPA maintenant ? Tu vas surveiller les chiens chauds ? " ou encore " Hey Seagal ! Tu sais quel bruit elle fait la fourmi ? Elle crohonde, parce que la fourmi crohonde ... " Je sais , ça n'a aucun rapport, avec l'histoire, mais le flic qui fit cette remarque n'a également aucun rapport avec cette histoire, puisque je l'ai tué sur le coup en sortant du commissariat. J'ai une sainte horreur des fourmis, faut pas rigoler avec ça, ça m'a mis hors de moi, alors j'ai perdu mon sang froid, heureusement que j'en ai toujours une bouteille au congel ... Et pis faut pas trop me chauffer moi, j'suis pas un tendre...
Direction les feux d'artifices... Ce que le commissaire avait oublié de nous dire, c'est que nous devions être présent de manière incognito, à tendance un peu cachée pour pas dire qu'on ne devait pas savoir qu'on était des flics ... Ce qu'on ne m'avait pas dit, c'est que je serais déguisé en hot dog et que je devais attirer les gens vers le stand...
Au début, j'ai cru que ce poste était bidon, autant que mon déguisement, mais j'appris par la suite que le mec que nous recherchions ( oui, parce qu'en fait on recherchait quelqu'un, on n'était pas seulement là pour faire la surveillance ...) ne se nourrissait que de hot dogs, et donc qu'il passerait forcément par mon stand... Nous recherchions Bob Ricard, dit le hot dog ( je me suis promis de placer hot dog plus de dix fois dans le texte, j'suis dans les temps ...). Ce mec était responsable de plus de dix braquages de boucheries chevalines dans l'Est du pays et il était recherché depuis plus de 30 ans, on ne savait d'ailleurs même pas si il était toujours en vie ...
Le temps passait.
J'avais chaud sous mon costume de hot dog ( et de 6 !), presqu'aussi chaud que dans une pièce où il fait très chaud !
Le temps passait. Je le regardais passer. Je l'écoutais passer. Je l'entendais même passer . Ma mission était de divertir les enfants et je devais chanter toutes sortes de chansons toutes plus débiles les unes que les autres : " Mangez mon hot dog, vous verrez Montmartre !" , ou encore " Ne mettez pas votre chien au micro onde, achetez votre hot dog chez Crazy Frog le roi du hot dog ! " Mine de rien, j'en suis à 9 hot dogs, et avec celui là, ça fait 10, mission accomplie !!!
Il était tard, j'étais mou. J'étais mou tard ...
Il faisait chaud sous le costume, mon maillot était trempé, j'étais fatigué.J'avais un maillot naze ...
J'ai pas trouvé de vanne avec ketchup, si vous en avez une, n'hésitez pas à me la confier... de canard ... Ok, je sors ...
J'allais quitter mon poste quand je reçus un message par épervier voyageur ( les pigeons n'étaient plus assez fiables à l'époque ...) qui me disait : "Seagal ! Ne quitte pas ton poste... Bob Ricard passe souvent chez le marchand de hot dogs très tard, quand les gens commencent à rentrer chez eux, il adore les saucisses un peu trop cuites qui baignent dans leur jus de saucisses trop cuites ..." Oui, comme moi, j'imagine, vous pensez que ce message est beaucoup trop long, alors qu'un simple : " Bouge pas Seagal, si tu bouges le p'tit doigt, on tue tes enfants et ta femme ... Euh, ta femme, on va peut être en profiter un peu avant de brûler ton chien ..." , j'aurais compris de suite, quoique à la limite je m'en fichais, j'avais pas de chien ...
En effet, le chef avait raison, Bob arrivait.
Je le reconnus tout de suite, il marchait les mains dans les poches, attitude typique de tous les gars qui cherchent un billet pour s'acheter un hot dog ( ça défile les hot dogs, je suis en train d'établir un record ! ). Avant qu'il ne puisse faire quoique ce soit, je lui sautai dessus, malgré l'inconfort engendré par mon costume de plusieurs dizaines de kilogrammes. La bataille fut intense, elle dura plusieurs centièmes de secondes, court pour le commun des mortels, une éternité pour Bob qui décéda sur le coup, sans même pouvoir se défendre.
Bavure ou exploit ?
Je ne savais plus quoi penser, alors je fis comme la plupart des flics, je décidai qu'à ce jour, j'arrêterais de penser.
L'autopsie révèla que Bob ( qui n'était pas Bob, au passage, mais Papy Brossard, un trafiquant de gâteaux dans la savane ...) avait le coeur comme une éponge, et que de toute façon, il ne lui restait pas plus de 30 ans à vivre... Qu'est ce que c'est que 30 ans, quand on en a déjà 77 ?
Nous n'avions pas eu Bob, mais un de ses disciples, c'est ce qui sauva ma place ce jour là ... Mais depuis, je ne vais plus chez le dentiste dans la savane après avoir manger du brocoli de Montmartre à l'arrière d'une boucherie chevaline déguisé en hot dog... Oh non, on ne m'y reprendra plus, sauf s'il le faut vraiment , mais bon si on peut éviter ...
Allez, ces aventures me fatiguent, et demain il faut que je me lève tôt, j'emmène Brian à son cours de tir à balle réelle sur des joueurs de foot italiens ... Bonne nuit .
July 11 Déonthologie.Mon dernier billet n'était pas de toute gaieté, je vous le concède, mais était indispensable pour comprendre la suite des aventures, et le pourquoi de mon acharnement à faire disparaitre les méchants de la surface de la terre. Parce que les méchants, à la mongue, ils sont pas très gentils ...
Bref, revenons un peu dans une humeur un peu plus badine, aujourd'hui, je vais vous raconter comment m'est venue la vocation de policier, car au début du commencement, je voulais devenir osteopathe- charcutier ...
A 10 ans, j'obtins mon Bac ( Brevet Artistique et Culinaire ) avec la recette de boudin et cuisses de grenouilles confites et sa purée de brocolis aux pastèques ... Je crois que les examinateurs m'ont offert le diplôme pour que je ne revienne pas l'année suivante, car ils m'avaient déjà recalé l'année auparavant avec mon ragoût de lézard fumé au bois de cerf et ses petites framboises au bleu d'Auvergne ... Allez comprendre pourquoi, la nouvelle cuisine a vraiment du mal à percer de nos jours ...
Puis ce fût le déclic !
Alors que je me rendais à mon cours de gymnastique rythmique et sportive, en passant par la 56 ème entre Quality Street et Street Fighter, je fus accosté par un individu louche... En effet, il sentait la soupe.
Il me tint à peu près ce langage : "Que tu es beau, que tu me sembles tendre dans ce petit juste-au-corps pourpre... Tu veux monter dans mon automobile, je te ferai découvrir Montmartre..."
C'est là où j'ai compris la louchitude du gonze, je savais très bien que Montmartre ne se trouvait pas à Chicago, mais à Dakar, en Afrique du Sud... On me la fait pas à moi ...
Ca n'a rien à voir avec la suite de l'histoire, mais j'avais vraiment besoin de vous en parler, je n'en ai encore jamais parlé à personne, sauf à Michel Drucker, lors d'une interview qui ne m'était pas consacrée au Festival de Cannes .
Ce n'est que quelques années plus tard que je compris que je ne serai jamais menuisier-chauffagiste, car j'avais une sainte horreur des serpents de mer.
Mes parents, que je ne connaissais pas, étaient toujours en train de me rabâcher la même chose : "Steven ! à taaaaaaaaaaaaaaaable !" ou alors : "Steven ! c'est toi qu'a laissé des traces au fond des toilettes ?" ou encore : "Steven !!! Non rien ..."
Un matin de décembre, alors qu'il faisait 26 °, je décidai alors de prendre mes clics et mes clacs, de mettre un pansement sur mes cloques, pris mes clefs et mis les voiles, bien que la navigation ne fut pas mon fort, hein Nelson ? ( Nelson est mon perroquet, et commente tous les matchs de curling qui ne passent pas à la télé...)
Je n'ai jamais revu mes parents à ce jour, je sais que ma mère vit encore et que mon père était un homme, mais pas plus... Je partirai peut-être un jour à leur recherche, quand j'aurai deux minutes après l'apéro.
Bref, nous nous éloignons du sujet-verbe-complément.
Je partis alors un soir de juillet de chez moi, je me rappelle qu'il faisait un froid de pingouin. Je dormais sous des ponts en fermant les yeux, et quand je me réveillais, je les ouvrais. Une vie de nomade en quelque sorte.
Je vivais de petits boulots divers et variés pour pouvoir m'acheter des albums d'Otis Redding et d'Aretha Franklin, malgré l'absence de lecteurs de CD en ma possession.... C'était bien beau tout ça, mais j'avais faim, alors j'ai revendu les 259 albums que j'avais en ma possession contre un sandwich au jambon d'Auvergne au beurre de cacahuète. Ce n'est que la semaine dernière que je m'aperçus de l'inégalité du troc ...
Je faisais donc de petits boulots plus ou moins honorants quand ils n'étaient pas totalement déshonorants.
J'ai été soudeur de capsules de canettes de Fanta Citron, nettoyeur de coins de vitres ( le centre était confié à une société spécialisée ), toiletteur pour hamsters, serveur dans un self service (les journées étaient très longues ...), vendeur de papier toilette à la sauvette, gardien d'immeubles désaffectés et plâtrier-avocat ( ce job consistait à........ en fait, je n'ai jamais bien compris en quoi ce job consistait ...Si tous ces métiers ne m'ont pas affaibli, ils m'ont rendu plus fort.
C'est alors qu'une révélation se révéla à moi de façon révélative. Je voulais intégrer la police de Chicago. Le cheminement était simple dans ma tête ! Je n'aimais pas les sushis, j'étais allergiques aux poils de dromadaire, l'alcool me rendait amoureux ( même d'un dromadaire une fois, je n'en suis pas très fier ...), la politique m'ennuyait au point de m'ennuyer, je n'avais pas d'appareil photo numérique et je ne savais pas faire de bulles avec d'autres chewing gum que les Malabar, je serai donc flic...
Je suis allé dans la première boucherie chevaline ( oui, je sais, je fais une fixation ...) et j'ai déposé mon CV. Je reçus le premier coup de fil environ 17 secondes après ! C'était le boucher qui m'annoçait que j'avais oublié une chaussure dans sa boutique ... Fausse joie, surtout que je n'avais pas de téléphone ... Je me suis rendu dans le commissariat le plus proche, j'ai fait rigoler la femme de ménage ( qui couchait avec le commissaire ) et 21 jours après, j'intégrai l'école de police du Michigan afin de devenir policier-en-devenir-mais-d'abord-faudra-faire-tes-preuves, un poste qui avait été créé pour moi spécialement !!!!
Et depuis, je sers la patrie, mon pays, l'opprimé, la veuve et l'orphelin et le café du commissaire accessoirement ...
July 07 Cornélien.Après ces brèves mais longues introductions concernant ma vie personnelle à moi que j'ai, et qui surtout m'appartient, je vais vous faire partager ma vie de super flic qui gagne toujours à la fin, même si on croit tout le long de l'aventure qu'il ne va pas s'en sortir, mais en fait si, il s'en sort, car c'est un super flic, et que les productions américaines sont un peu frileuses pour faire gagner les méchants à la fin, ce qui est bien dommage, ça nous changerait un p'tit peu ...
Après cette phrase longue et incompréhensible, je m'en vais vous conter un épisode noir de ma vie, ce jour où j'étais en mission de routine avec Henry, ce jour où il a perdu la vie... Vie qui n'a jamais été retrouvée depuis ...
Je me rappelle, c'était un 30 février à minuit et demi.
Il faisait jour comme dans une bouteille de jus de pamplemousse de Floride.
Nous étions en mission de routine avec Henry, une simple planque comme les flics en font souvent. Nous devions surveiller les allers et venues d'un journaliste bidon dont le nom m'échappe, mais je crois que ça devait donner quelque chose comme Clark Kent ou un truc comme ça ... Il était soupçonné par toute la ville d'avoir renversé une carafe de vin rouge sur une serveuse au Plazza Motel, sans lui avoir payé la note du dressing... Et Henry et moi, on était là à attendre que ce monsieur Kent veuille bien refaire une erreur afin de le coffrer. Y'a vraiment des moments où je me pose des questions sur la réelle utilité de notre boulot, mais c'est la capitaine qui décide, pas nous, pauvres inspecteurs ...
Celà faisait bientôt 3 jours que nous n'avions pas quitté l'entrée de l'appartement de Kent et il n'en était toujours pas sorti. Nous avions bien vu plusieurs fois un mec en collant bleu et avec une cape rouge entrer et sortir, mais pas de trace de Kent ... Au passage, faut vraiment pas avoir de goût pour s'habiller ainsi ...
Le plus dur dans cette planque prolongée, c'était l'odeur...
3 jours sans bouger de la voiture, le chauffage à fond et pas une paire de chaussette de rechange, ça devient vite très difficile à vivre, surtout qu'Henry avait de gros problèmes de sudation, en été comme en hiver...
Nous allions décider de quitter cette planque foireuse avec Henry, quand un bruit nous interpella. Oui, il faut que vous sachiez que " un bruit " est le standardiste du poste de police le plus proche ( enfin ça dépend où on se trouve, car si on est au fin fond du Nicaragua, ce n'est effectivement pas le plus proche ...).
Un bruit nous appela à la radio, l'air paniqué ( le pauvre, avec la face de rongeur qu'il trimballe, c'est clair qu'il est pas niqué ... L'auteur décline toute responsabilité sur cette vanne minable et coupable de délit de sale gueule ... ) en nous disant de nous rendre au plus vite sur la 29 ème entre Main Street et Pied Street, aux alentours de Ventre Street, et ceci le plus rapidement possible et munis de nos armes, car là bas, ça sentait la fusillade, et la merguez aussi ...
Après avoir vérifié la présence du barbecue électrique dans le coffre de la Chevrolet, nous nous mîmes en route afin d'accomplir notre mission.
Nous n'avons jamais vu le journaliste Kent sortir au même moment avec son chausson aux pommes entre les dents et ses pantoufles Donald Duck ...
Après 14 secondes de route, nous arrivâmes sur Ventre Street. Et en effet, y'avait du grabuge !!! On peut même dire en restant poli que c'était même un putain de sacré bordel, non de Dieu !
C'était un règlement de compte entre Samy Kado, le boss de la pègre de Chicago qui réglait ses comptes avec Mitch Hoko, patron d'une lignée de boucheries chevalines du même nom, et accessoirement boss de la pègre du quartier chinois de Chicago ... Bon sang que cette ville avait besoin d'un bon nettoyage !
Henry et moi allions nous y atteler ( boucherie chevaline - atteler, non ? ), mais c'était sans compter sur la malice de Denis ( le bras droit, ou plutôt le gauche, à moins que ce ne soit celui du milieu ...) qui se doutait bien que la police de Chicago allait rappliquer, il pourrait ainsi régler un vieux différent qu'il avait eu avec moi en 1978, alors que je l'avais battu aux billes dans une vieille ruelle sombre où les lampadaires l'avaient ébloui lors du dernier lancer ...
Il était caché derrière un chien quand nous arrivâmes en trombe au volant de la Chevrolet ( je sais que vous savez que nous savons que nous avions une Chevrolet, mais pub oblige ... Comment voulez vous faire vivre un blog sans sponsors ... ). Il attendit que je descendasses ( un moment donné, je vais avoir un problème avec tous ces temps du passé, j'suis flic moi, pas astrologue ! ) de la Chevrolet ( ok, c'est bon ...) pour attraper Henry par le pouce et lui faire avouer qu'il connaissait les réponses du Trivial Pursuit de Noel dernier, partie qu'il avait gagnée haut la main, sans que personne ne trouve rien à y redire ( à part peut être la grand mère, si elle n'avait pas été muette ...) ( et non, je ne suis pas sponsorisé par Parenthèses.com, je mets autant de parenthèses que je veux dans mes histoires, non mais !!! )
Tiens je vous le prouve !!! (((((((((((((((((((((((())))))))))))))))))))))))())()()()()(
Bref, revenons à nos chameaux.
Ce ne fut que 5 heures après son enlèvement que je m'aperçus de la disparition d'Henry du siège bébé où je l'avais installé avant de partir pour le Mexique ... La panique s'empara de moi. J'avais tué tout le gang de Samy, mais je n'avais pas pris soin de mon équipier, la peur s'empara de moi ... ( ah non, c'est pas possible, y'a déjà la panique qui s'est emparée de moi, y'a pas de place pour tout le monde ...).
Je décidai alors de partir à sa recherche en faisant mine d'appeler mon canari, pour ne pas éveiller les soupçons ...
" Henry ! Henry ! " criai-je . ( eh oui, mon canari s'appelle aussi Henry, c'est pour piéger l'ennemi ....)
Quand soudain ce fût le drame. un drôle de drame ... ( ok, je sors ...)
J'ai assisté, impuissant, voire même deux puissants, à cette scène horrible sans pouvoir esquisser le moindre geste...
Denis ( vous suivez toujours ? non, parce que j'en vois qui somnolent là bas au fond ... ) avait ligoté Henry comme un saucisson fumé à l'ail sur une chaise en formica ( ça se faisait encore beaucoup à l'époque ...) et lui avait coincé 6 kilos de spaghettis dans le gosier.
Ce salopard attendait que je pointe mon nez pour le pousser, si seulement j'avais pointé autre chose que mon nez, peut être l'aurais-je sauvé ...
Il le poussa devant mes yeux incrédules et remplis de larmes, je voyais mon ami mourir devant moi. Il n'est pas mort tout de suite, rappelez vous, j'ai mis plus de 6 heures à le retrouver, les spaghettis avaient donc cuit dans sa bouche. Mais Denis avait tout prévu. Lorsqu'Henry s'effondra, sa tête alla heurter une boite de Légo posée sur un baril de lessive au muguet. Ceci le tua sur le coup ...
Le temps de reprendre mes esprits, Denis s'était volatilisé.
C'est à ce moment très précis, où tu m'as dit je vais partir. Et puis, tu es parti, j'ai cherché le repos, j'ai tourné comme un robot. Mais aucune autre n'est venue, remonter ma vie ...
C'est ce jour où j'ai découvert mon but dans cette vie : retrouver ces salauds et leur faire payer la mort du seul ami qui comptait vraiment pour moi, car en plus d'être mon ami, il était mon comptable ...
Vous connaissez maintenant la genèse de l'histoire ...
A suivre ...
July 05 Anachronisme.Après vous avoir un peu parlé de moi, et avant de vous faire entrer vraiment dans mon monde, je vais vous parler un peu de ceux qui font ce que je suis et sans qui je ne serais rien, ceux qui comptent beaucoup pour moi, sans qui je n'en serais pas là aujourd'hui, ceux pour qui je pourrai me sacrifier, ceux qui ... Ok, ok, j'arrête... Je vais donc vous parler de ma famille, ceux sans qui je ........ Boing !!!
Qui m'a balancé cette casserole au visage ??? Qui ? Que je le châtie !!!
Bref, je retrouverai bien le ou la coupable ( je soupçonne déjà quelqu'un ... Hein Pompom ??? )
Bref, ne nous écartons pas du sujet du jour : mes proches, ceux sans qui ... Nooooooooooon !!! je plaisante !...
Tout d'abord ma femme : Kimberley.
Kimberley est une femme magnifique, nous nous sommes connus il y a 33 ans, alors que je rentrais à l'école de police de Chicago, mais bizarrement, Kimberley n'a que28 ans ... Je m'explique : il y a 33 ans, quand je suis arrivé à l'école de police de Seattle, ou Chicago, je ne sais plus, j'ai fait connaissance d'Henry Mc Kannagan avec qui je me suis lié d'amitié immédiatement. Il venait d'Irlande et moi du Sud des Etats Unis, on était presque du même coin ... A l'époque, j'avais 23 ans et lui 28, il m'a pris sous son aile ( c'est une image, n'allez pas croire que Henry est un oiseau ...) et m'a apris le métier, c'est aussi grâce à lui que je suis le flic respecté que je suis devenu ...
Mais nous nous éloignons du sujet, j'ai donc sympathisé avec Henry, je passais souvent chez lui après le service quand ce n'était pas lui qui le faisait. Nous étions amis, il avait une femme formidable, moi je volais de bras en bras avec des femmes pas toujours très respectables ...
5 ans après, il eut une fille avec Jean Pierre ( sa femme, oui, moi aussi ça m'a fait bizarre au début, mais on s'y fait vite ...), cette fille c'était Kimberley, un bébé magnifique... Il me désigna tout de suite comme le parrain attitré. Moi, parrain alors que mon but ultime était de faire partir la mafia de Chicago, c'était un comble ...
Puis arriva , l'accident, le drame, le carnage ...
Alors que nous étions en mission de routine, Henry et moi, nous sommes tombés dans une embuscade tendue par Samy Kado, un sous fifre de la mafia qui m'en voulait personnellement après que j'ai brûlé son caniche au lance-flammes lors d'une partie de golf ...
Je vous passe les détails de cette boucherie, et je ne sais toujours pas aujourd'hui comment j'ai pu m'en sortir vivant ( merde, je me suis tout de même retourné un ongle ...), mais ce que je sais, c'est qu'Henry y a laissé la vie. Il a aussi laissé un ami au bord du chemin, une femme formidable et une petite fille ...
Avant de mourir, il me fit promettre de veiller sur sa femme et sa fille et de prendre soin d'elles tant qu'il me sera possible de le faire, chose que je promis sur le champ, bien que nous soyions sur le trottoir, mais je ne pouvais pas lui promettre sur le trottoir, ça n'aurait pas été correct ...
Depuis ce jour, comme promis, je subviens aux besoins de sa famille jusqu'à 10 ans en arrière où Jean Pierre a mis fin à ces jours en se jettant de la deuxième marche de ses escaliers des spaghettis pas cuites dans la bouche. Elle fut tuée sur le coup, et aussi sur le coude et sur le genou.
Kimberley avait alors 18 ans.
Elle était déjà très belle. Je la considérais comme ma fille, elle me considérais comme son parrain. Je ne remarquais pas à l'époque tous ses petits clins d'oeil et tous ses petits soulevers de juppe, je croyais qu'elle transpirait beaucoup ...
Lorsqu'elle sortit de la fac à 23 ans après avoir redoublé 5 fois sa première année de droit ( bon Dieu ce que ça m'a coûté cher ...), elle trouva immédiatement de petits boulots dont elle n'a jamais voulu me parler, je ne les connais toujours pas à ce jour... Puis un soir un peu trop arrosé après le troisième titre d'affilé des Lakers, elle m'avoua son béghin pour moi et nous nous mariâmes 3 jours après. C'était le début d'une grande histoire d'amour.
C'était il y a 5 ans, depuis nous vivons le parfait amour, nous avons deux enfants : Brian 18 ans ( je ne comprends toujours pas comment je peux avoir un enfant de 18 ans avec Kimberley, alors que nous avons couché ensemble pour la première fois ensemble il y a 5 ans ... Mais Kim me dit de lui faire confiance, alors je lui fais confiance ...) et Kelly, une petite fille de 2 ans, belle comme un coeur de Lion ... Mais j'ai quand même un doute quant à ma paternité... (voir dans l'album photo : mes proches ...)
Voilà, maintenant que vous connaissez un peu mieux mon entourage, nous allons pouvoir commencer la narration de mes aventures à bases de cavalcades rocambolesques et autres aventures aventureuses et aventurières à tendance aventurantes ...
Soyez toutes et tous les bienvenus dans mon humble espace. Et merci de ne pas mettre de pop corn partout sous les sièges, c'est moi qui fait le ménage !...
June 28 Biographie.
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