Steven's profileSteven Seagal et la four...PhotosBlogListsMore ![]() | Help |
|
There are no categories in use.
|
Steven Seagal et la fourmi...Faut pas manger de yaourts quand t'as la courante ! 02 November Alinéa.Non, vous ne rêvez pas, c'est bien moi, Steven, qui reprend du service.
Ca fait un bail que je n'ai pas mis les pieds ici, mais pour les deux ou trois derniers lecteurs qu'il me reste, je me dois bien de vous donner quelques nouvelles ... J'ai écrit "lecteurs", parce que je pensais que "fans" serait un chouilla prétentieux ...
Je vous écris de France, où je me suis installé depuis mon départ de Chicago, et plus précisément d'une plage près de Belfort.
J'ai tellement de choses à vous raconter, que je ne sais par quoi débuter. Et si je débutais par le commencement du début ?
Quand je suis arrivé sur le territoire français, je ne savais pas encore où je mettais mes santiags. J'avais choisi la France pour plusieurs raisons, et tout d'abord pour la première. Puis la seconde qui précédait la troisième.
J'avais choisi la France, tout d'abord parce que c'était suffisamment loin et civilisé pour essayer de ma faire oublier les Etats-Unis. Je ne pouvais plus vivre aux USA, où tout le monde me connaissait et me harcelait pour diverses raisons. En effet, mes exploits étaient quasiment relatés tous les soirs aux infos de midi, et ce, sur toutes les chaines du câble et du satellite. Même hors-circuit, j'étais pour ainsi dire une légende. Je ne pouvais plus pisser contre un lampadaire sans que les chiens du quartier viennent me renifler le derrière ... Pour les novices, c'est une image ...
Les éditeurs me téléphonaient 20 fois par jour pour que j'écrive mes mémoires, les publicitaires pour escaliers roulants s'arrachaient mon image pour une page centrale du programme télé. Les producteurs d'émissions à sensation me voulaient tous sur leurs plateaux trop éclairés, entre un reportage sur la femme aux deux anus et un cours de bourse pour les adolescents pré-pubères.
Merde, je ne pouvais pas tomber dans cette déchéance. Je n'avais jamais fait ce boulot pour la gloire, juste pour aider mon prochain, et mon précédent, s'il était encore en vie.
Vivre et laisser mourir. C'est en entendant cette chanson de McCartney sur mon vieux transistor à piles, que j'ai pris ma décision. Je laisserais mourir Steven, le personnage public, pour continuer à vivre ma vie d'homme. Mais plus loin, plus ici ...
Et je suis parti après la petite fête organisée au commissariat. Le taxi m'attendait en bas de l'immeuble, mes bagages m'attendaient dans le coffre du taxi. L'avion m'attendait sur la piste B54 de l'aéroport de Chicago, sur le vol 02SUD'1NI2COUCOU. En quelque sorte, tout le monde m'attendait, et moi je ne savais pas où j'allais.
La deuxième raison pour laquelle j'avais choisi la France était pûrement par facilité. Mon père avait des origines Hongroises, et ma mère Thaïlandaises, il fallait donc que je m'établisse et retrouve mes origines en France.
Et la troisième raison était la plus simple. Elle était l'appel du ventre. Les Français étaient de purs connards de donneurs de leçons, mais ils cuisinaient comme personne, et ne parlons même pas de leur pinard ... Comme ils le disent ici.
Quand je suis arrivé à l'aéroport d' Aurillac, je me suis tout de suite senti dépaysé. Certes, ce vol n'était pas le plus direct, mais sensiblement le moins cher. Il ne faut quand même pas oublier qu'une pension d'invalidité de flic, ça paie pas un aller simple Chicago-Paris. Alors on s'organise autrement, pour moins de 100 dollars, j'ai pris un avion pour la France, mais avec plusieurs escales : tout d'abord à Chicago, après que le commandant de bord se soit aperçu de l'absence de kérosène dans les réservoirs, puis à Buenos Aires, même si je doute que ce fut le chemin le plus direct. Après, le voyage fut sans encombres jusqu'au Qatar, et après nous avons filé tout droit jusqu'à Dakar avant d'arriver enfin à Aurillac en plein après-midi d'été. On m'aurait dit qu'Aurillac était une des villes les plus froides de France, j'aurais évité la chemise à fleurs et les tongs en plastique alors qu'il ne faisait que 3 degrès à 15 h du matin ...
Je ne connaissais personne en France, juste une fille qui avait été un contact lors d'une affaire d'espionnage international à Ibiza, au siège de Seat. Et encore, je ne l'avais jamais vue, elle était juste un contact téléphonique. Je me souviens de notre première conversation comme si elle datait de la semaine dernière. Le boss m'avait donné son numéro et m'avait dit de la contacter pour qu'elle me fournisse les dernières informations sur le chassis bi-latéral à double ponction lombaire avec détente à air comprimé de la dernière Seat Tolédo. Je ne rentre pas dans les détails, mais un baron de la drogue de Chicago était un ferru de voitures européennes, et plus particulièrement de la marque Seat. Il avait flashé sur la dernière Tolédo au salon de Détroit et avait décidé qu'il transporterait a drogue dans cette voiture, qu'il trouvait passe-partout, tout en étant d'une fiabilité hors-norme. C'est en arrivant en Europe, que j'ai appris qu'il n'y connaissait rien du tout en voiture ... Bref, j'avais infiltré son gang en tant que préparateur de toutes ses voitures, et je devais donc contacter cette fameuse fille qui bossait à l'accueil chez Seat au siège français de Vesoul, en Normandie. Cette fameuse fille qui répondait au mélodieux prénom de Santa Christina d'el Pibe de Oro de Conzalo de Sanchez da Conceicao Maria del Plata, me fit perdre la fin de ma phrase. En l'écoutant se présenter au téléphone, je décidai de la surnommer Monique, ce serait plus simple et c'était un bon moyen mémotechnique pour éviter d'écorcher son nom.
Inutile de vous dire que Monique n'était pas vraiment secrétaire, mais faisait partie de la branche européenne du FBI, avec qui nous travaillions parfois, quand on ne pouvait pas faire autrement ...
Je me rappelle avoir trouvé sa voix très rocailleuse au début, c'était bien avant de savoir qu'elle mangeait réellement des cailloux, ne trouvant plus les poux, les choux, les joujoux, les genoux et le hiboux à son goût ...
Là, je sens que je rentre un peu dans les détails, alors que je vous avais promis plus haut de ne pas le faire.
Bref, je n'avais jamais rencontré Monique, mais malgré tout, j'avais senti à l'époque, que le courant était bien passé entre nous, car grâce à nous deux, le baron de la drogue était passé sur la chaise électrique ( je me mets un magnifique 10/10 pour cette blague d'électricien ! ).
Sur le tarmac de l'aéroport d'Aurillac, dans mon fauteuil roulant, je me suis rappelé que j'avais encore son numéro dans mon portable, et alors j'ai appelé le siège de Seat France à Vesoul, où on m'a dit que Monique était partie après notre premier et dernier appel, et qu'on ne l'avait jamais revue.
C'était donc clair à ce moment là dans ma tête, je ne connaissais donc personne en France.
J'avais transféré mes économies dans une banque française en prévision de mon départ. Je n'étais donc pas à poil sur le territoire hexagonal, je devais avoir assez de liquidités pour me payer une petite bicoque au milieu des vignes et une voiture qui pourrait s'adapter à mon handicap. Car pour celles et ceux qui n'ont pas tout suivi, il faut savoir que je suis en fauteuil depuis la chute de ma fenêtre de chambre. Cette chute m'ayant privé de l'usage de mes deux jambes et d'une partie importante qui faisait de moi autrefois un vrai putain d'enculé de mâle !
J'ai d'abord trainé d'hôtels en hôtels, en épluchant les annonces avec mon économe. Puis je suis tombé sur elle, la petite maison à la française par excellence. Une maison avec une porte, des fenêtres et surtout un toit. Elle n'était ni trop grande ni trop petite, ni trop claire ni trop sombre, ni trop cher ni trop glycérine. Elle était donc parfaite pour moi, mais il me manquait 10 € pour pouvoir l'acquérir. J'ai bien essayé de négocier avec le vendeur, mais comme un con de Français, il n' a rien voulu entendre. J'ai donc été obligé de rouler sur les pieds d'une vieille dame à la boulangerie en tirant son sac de toutes mes forces, puis de m'enfuir en récupérant le précieux billet rose avant de jeter le sac dans un cerisier, ou ce qui aurait dû en être un ...
Il m'a fallu acheter quelques meubles et un peu d'électro-ménager pour pouvoir espérer vivre à peu près comme tout le monde, c'est-à-dire en ayant des affaires rangées, de la bouffe chaude et un peu d'eau pour me laver les pieds.
Ca y était. J'avais pris un des plus grands virages de ma vie, et comme tous les virages de ma vie, j'y suis quand même allé d'une bonne série de dérapages, mais ce coup-ci, c'était bon, je pouvais démarrer une seconde vie, dans un endroit où je n'étais pas connu, où je pouvais pisser contre les réverbères et où je pouvais espérer me reconstruire sans les regards et les jugements de tous ceux qui m'avaient connu valide, qui m'avaient connu autrement.
Ce petit village en Bourgogne me convenait bien. Il y avait par miracle une très bonne boucherie chevaline et un accès handicapé pour se rendre à la mairie, qu'est ce que je pouvais demander de mieux? A cette époque, j'aurais presque osé dire que j'étais heureux, que je ne regrettai pas tout ce que j'avais laissé derrière moi. A cette époque, c'était avant que n'arrivent les problèmes, avant que mes démons ne me rattrapent à nouveau ...
09 March ZE END.
Et voilà, ce qui devait arriver arriva. Mon handicap m'empêchant d'exercer mon métier, je suis passé hier au commissariat pour rendre ma plaque, mon arme de poing, mon uniforme et tous les trombones que j'ai piqué dans les tiroirs de mes collègues depuis toutes ces années de sévices. ( TRUST, si tu m'écoutes ... ). Mes collègues m'avaient réservé une petite surprise, le commissaire les ayant prévenus de mon passage. Il faisait froid hier matin vers 15 heures, quand je me suis levé après une bonne nuit à regarder les émissions cochonnes sur la pêche en rivière, ce genre d'émission qui vous tient éveillé toute une nuit, et qui doit aussi être responsable d'un bon nombre de suicides collectifs des deux côtés de l'hémisphère. J'avais prévenu le commissaire de mon souhait de quitter la police. Il avait essayé maintes fois de me faire changer d'avis, mais ces derniers temps, je ne changeais même plus de slip, c'était pas pour changer d'avis. J'avais fait mon temps ( quand on partait sur les chemins, à bicycletteuuuuuuuh ...) chez les poulets, et je ne voulais pas de l'emploi de bureaucrate qui m'était offert, en récompense de mes nombreux états de service. Je ne me voyais pas derrière un bureau de huit heures du matin, jusqu'à huit heures quinze, l'heure où débutait la pause café. Depuis ma tendre enfance, j'avais voulu être flic. Depuis ma tendre adolescence, j'avais tenté d'être un bon flic. A la fin de ma carrière, j'aurais pu prétendre au rang de super flic. Alors comment pouvais-je accepter un job où ma plus grande excitation serait de classer les contraventions par ordre croissant de prix ??? Je m'étais entretenu très longtemps avec le boss, avant de prendre ma décision. Nous avons ri aux larmes en s'empiffrant de riz au lait, nous avons remémoré nos plus grands souvenirs, comme nos plus grosses bavures, nous avons pleuré, nous avons décidé que, malgré nos différences, nous resterions comme deux amis, chose que j'ai refusé sur le champ. Ma décision était prise, je prenais ma retraite. J'ai un peu d'argent de côté, caché à l'intérieur d'un vieux ballon de rugby, qui doit trainer sous mon lit. Je n'ai plus l'usage de tous mes sens, mais j'ai envie de respirer le peu de temps qu'il me reste à vivre à plein poumons. Je vais voyager en première classe, j'essaierai de draguer les plus jolies hotesses et je boirai toutes les mignonnettes de whisky qu'on mettra dans les mini-bars des hotels de luxe que je fréquenterai. Merde, j'ai bien mérité cette luxure après avoir passé des nuits en planque dans ma vieille Mustang. Il n'était pas plus de seize heures quand je suis entré avec mon fauteuil roulant dans le hall du commissariat. Personne ... Pas même cette vieille standardiste aussi usée que l'intérieur de mes paumes de mains. Pas un seul flic dans les escaliers en train de se baffrer de ces donuts que tout bon flic de cinéma affectionne. Pas de téléphone qui sonne dans tous les coins. Rien que du silence. Je sentais le traquenard, en plus de trente années de service, je n'avais jamais vu cet endroit aussi calme. C'était aussi calme qu'un concert de Mylène Farmer. Avec un sourire au coin des lèvres ( ne me demandez pas lesquelles, je suis un mec ... ), je me suis engagé dans l'ascenseur et j'ai appuyé tant bien que mal sur le bouton 5 et demi, l'étage de mon service à la criminelle. Ne me demandez pas pourquoi 5 et demi, car je vous répondrai que cet étage avait la particularité de se trouver entre le quatrème et le huitième étage. L'architecte de cet immeuble a repris ses études de broderie sur soie après s'être essayé à l'architecture. La petite musique d'ascenseur s'est mise en route après la fermeture des portes, une gentille ritournelle au piano à la limite du supportable. Si j'avais été coincé dans cet endroit confiné avec cette musique, je crois que j'aurais essayé de me percer les tympans avec une de mes rognures d'ongle de pied. La porte s'est ouverte sur un bureau vide. Le genre de bureau qui aurait pu être plein, mais qui en fait était vide. Comme si tout avait été déménagé depuis mon dernier passage en ces lieux. Mais ce n'est qu'après de longues minutes à me creuser les méninges que je me suis aperçu que je m'étais trompé de bâtiment, et que j'avais confondu le commissariat avec la vieile boucherie chevaline à l'angle de Quality Street et de la neuvième avenue. Le temps de faire le chemin inverse et de me rendre pour de bon au commissariat, il était plus de 18 heures, heure à laquelle tous les flics de la ville décident que les bandits et criminels attendront bien le lendemain pour être coffrés. A mon entrée dans le hall de l'immeuble, je m'aperçus avec soulagement que la vieille standardiste ronchonne était bien à sa place. Elle se leva de son siège en velours pour venir me saluer : " Oh Steven , j'ai appris la nouvelle !!! Vous allez nous manquez !!!" Puis elle me glissa en chuchotant à l'oreille : " Mais je vous promets de toujours penser à vous quand mon idiot de mari essaiera de me faire jouir ... " Je ne connaissais pas Miss Térébouldegomme sous ce jour, et rien que d'y penser, ça me fichait des frissons jusque dans le bas du dos. Je crois lui avoir souri et je me suis empressé de prendre l'ascenseur avant que celui-ci ne se referme et ne me force à rester plus longtemps avec cette vieille sorcière. Les deux jeunes flics qui composaient la population de cet espace confiné était encore des jeunes poulets sans plume, qui ne savaient même pas qui j'étais. Ils s'arrêtèrent au troisième en pouffant comme deux jeunes pucelles, sûrement à se foutre de la gueule d'un handicapé dans un fauteuil. Les flics, c'était plus ce que c'était à mon époque ... Maintenant, ils roulent dans des japonaises et montrent leurs insignes quand ils sortent en boite, des fois que les vraies pucelles sans cervelle soient impressionnées ... Ils boivent de la vodka, noyée d'orange, en criant à qui veut bien les écouter qu'ils vont débarasser Chicago de toute sa vermine dans les quinze prochains jours. Et merde, si j'avais pas déjà gerbé ce matin en me levant, je crois que j'aurais encore posé une galette sur la moquette verdâtre de l'ascenseur ... Le petit "Cling" familier me tira de mes pensées, et m'indiqua, que j'étais arrivé au cinquième étage et demi. Mon coeur se serra l'espace de quelques centièmes de secondes. Et si tout le monde était indifférent au fait que je me mette hors-service ? Et si, j'avais cru des années durant, à tort, que j'étais devenu indispensable à l'ordre de cette ville ? Ces interrogations s'évanouirent à l'ouverture des portes de l'ascenseur ... Ils étaient tous là. Elles étaient toutes là aussi. Tous les gars avec qui j'avais fait équipe étaient présents, même ceux qui étaient morts en service, d'où cette drôle d'odeur qui régne encore de façon persistante dans mes narines, au moment où je vous écrit cette dernière lettre. Toutes les filles des bureaux qui avaient essayé de me faire du gringue étaient présentes. J'ai même cru un moment que mon entre-jambe se durcissait, mais de mauvais souvenirs me rappelaient que tout ceci était scientifiquement impossible ... Ils et elles étaient tous affublés d'un T-shirt ridicule à mon éfigie, où était inscrite une phrase encore plus ridicule : "Steven, avec ou sans tes roubignoles, tu vas nous manquer ". Cette phrase aurait du me décrocher un fou rire, mais ils n'obtinrent qu'un minuscule sourire forcé. Je devais avoir mon humour placé à côté des roubignoles ... Il y a de celà quelques temps, j'aurais rigolé comme une baleine à ce genre de boutade, mais les temps ont changé, en bien, en mal, je ne saurais le dire, mais ils ont changé bordel ... Il y avait des ballons partout. Il y avait des ballons au plafond, il y avait des ballons au sol, il y avait des ballons sur les tables, il y avait des ballons dans les toasts. Il fallait bouffer un ballon si tu voulais bouffer un toast, c'était le deal. Tout le monde parlait trop fort. Cette fête était pour moi, tous les gens étaient là pour moi, et je me sentais malgré tout étranger à tout ça. J'avais toujours détesté les pots de départ, peut être pour les mêmes raisons qu'aujourd'hui : je détestais bouffer des ballons et des cotillons ... Tout le monde est venu me voir, même ceux qui auraient préféré ne pas le faire, mais quand un mec voulait se défiler, le commissaire l'attrapait par la peau des couilles ( chanceux va !!! ) et lui ordonnait de venir me débiter deux ou trois phrases d'une banalité consternante, genre : " Bravo Steven pour tout ce que tu as fait pour cette ville. Tu vas nous manquer tu sais, je te promets de m'inspirer de tes méthodes pour débarasser la ville de tous ses méchants qui sont pas gentils !!! " Pauvre con !!! Il ne me conaissait même pas ce type, on avait du se croiser une ou deux fois à la machine à café. S'il savait que je m'étais tappé sa femme au dernier barbecue du commissariat ... Certains ont pleuré aussi. Certains ont essayé de pleurer. Les premiers auraient pu prétendre à un Oscar, les seconds à n simple César ... Cette fête fut bien trop longue à mon goût. Une fête qui dure plus de 7 minutes est bien trop longue à mon goût. J'ai bu plus que de raison. J'ai bu bien plus que ne me l'avait ordonné mon médecin : " Steven , le traitement que vous prenez multiplie par dix lea dose d'alcool dans votre sang, alors faites bien attention !!! " Je venais d'ingurgiter alors l'équivalent de 10 litres de whisky, et si je n'avais pas été dans mon fauteuil, je crois que je me serais étalé de tout mon long dans le décolleté plongeant de la femme du commissaire. Mort par asphyxie dans les gros bonnets de la femme du commissaire. Je voyais déjà les gros titres en page centrale du Chicago Tribune in the Night oh the Sky but where is the Dog. He's in the kitchen. J'ai toujours trouvé ce titre de journal un peu trop long, mais fort amusant. Tout le monde commençait à partir, non sans un dernier mot d'encouragement pour mon avenir et non sans les dernières félicitations pour tout ce que j'avais accompli tout au long de ma carrière. Puis, je me suis retrouvé seul avec le boss, au milieu des ballons, des flaques de gerbes et des cotillons collés par les flaques de gerbe. Je priai pour que la femme de ménage de la nuit n'ait pas trop mangé au diner ... Le boss s'approcha de moi et me tappa sur l'épaule qui était dans le prolongement de mon bras droit : " Te connaissant, tu dois être soulagé que tout ceci soit terminé, non ?" Le boss savait à quel point les mondanités m'étaient insupportable et je lui répondis en éructant bruyemment : " Oui, Boss. Mais j'étais pas pourri. Je crois que j'aurais pu encore donner beaucoup à cette ville. La roue tourne, et je dois laisser la place aux jeunes et prendre du repos bien mérité, même si je ne sais pas ce que signifie repos ... " " Ca va aller Steven !" dit-il dans un souffle en éteignant les derniers néons. Connaissant le boss, je m'attendais à devoir subir à nouveau un de ces longs discours dont lui seul avait le secret. Mais il n'en fit rien. Un signe de la main fut le dernier signe qu'il me fit en murmurant, des trémolos dans la voix : " Bonne chance Steve, prends soin de toi. Garnier ". Ma carrière de flic s'est terminée ici et comme ça. Pas de feux d'artifices. Des adieux bruyants, mais somme toute simples et chaleureux. Cet endroit me manquera, il me manque déjà. Certains gars me manqueront, quoiqu'en y réfléchissant bien, pas tant que ça. Et là, 24 heures après, je me dis qu'il me faut forcer le destin et tenter de reprendre, ou plutôt de prendre une vie normale. J'ai bientôt 60 ans, j'ai fait mon temps ( à bicycletteuuuuuuuuh !!! ) et j'ai atteint un âge ou je dois courir après le temps perdu plutôt qu'après les malfrats et autres sacripans de la drogue ... Aujourd'hui, je vous fait mes adieux, le cul posé dans un grand fauteuil en cuir, à dix mille mètres au dessus de vos têtes. Cet avion me conduit en France, un endroit qui m'a toujours fait rêver étant môme. C'est l'occasion de connaitre le luxe à la française, la bonne gastronomie, les meilleurs vins et les plus belles femmes du monde. J'ai besoin de repos, malgré tout ce que j'ai pu croire, et le repos, je vais le chercher jusqu'à temps que je le trouve. Si j'y pense, je vous enverrai une carte postale de temps en temps. Prenez soin de vous et merci pour vous savez quoi ... Quant à toi, ce n'est pas sans un immense pincement au coeur que je te dis merci d'être passée en ces lieux un beau matin de l'été 2006 (à moins que ce ne soit un soir ... ). Jamais je n'oublierai que c'est ce boulot de flic qui m'a fait te connaitre. Ce dernier billet est le tien, et jusqu'à la fin, c'est pour toi que j'ai entretenu ces lieux poussiéreux. Et tu sais quoi ?
30 December YAOURT.Ca va bientôt faire 5 mois que je vous ai laissé sans nouvelles, vous, mes fidèles lecteurs ... Enfin toi, ma fidèle lectrice ...
5 mois où j'ai enduré les pires souffrances suite à mon stupide accident de l'été dernier. 5 mois qui m'ont parut durer 5 longues années.
Ce n'est pas tant la souffrance physique qui fut le plus difficile à supporter, les médicaments étaient là pour ça. Morphine, tranquillisants, héroine, cocaïne et Marie-Jeanne ( mon infirmière ) ont fait leur effet. Non, ce sont ces 5 mois scotché devant la télé qui furent les plus éprouvants. En quarante ans de carrière, je n'ai jamais pris de vacances, jamais pris de week end, donc jamais pris le temps de me poser devant ma télé. J'ai même failli acheter des poissons à mettre dedans à une époque où je me suis intéressé à la zoophilie, et plus particulièrement à l'aquariophilie.
Et pendant 5 mois, je n'ai eu d'autres choses à faire que de végéter devant mon poste de télévision. J'ai bien tenté de mettre fin à mes jours une bonne dizaine de fois, mais ma cuillère en plastique n'a jamais été assez solide pour m'ouvrir l'artère aorte ...
Les médecins viennet souvent me voir dans ma chambre. A chaque fois, ils me disent que ma vie est hors de danger et à chaque fois je leur réponds qu'heureusement que ma vie est hors d'Angers car il parait que cette ville est un p'tit peu pourrite !!! Et à chaque fois, les médecins quittent la chambre en souriant, ou en se foutant de ma gueule, au choix ...
5 mois dans un hôpital, c'est un peu comme si on vous forçait à regarder tous les "Commissaire Moulin " depuis le début de la série.
5 mois où les toubibs rentrent sans frapper alors que tu es en train de te faire une petite douceur sous les draps. J'ai fait mes stats, j'ai eu le temps, je me suis fait chopper 14 fois, soit moins de 5 % de mes petits plaisirs solitaires, j'm'en suis quand même pas mal tiré.
5 mois que je tourne en rond dans un lit de 2 mètres sur 1 mètre 20, soit 2.4 m² si mes souvenirs scolaires sont bons. Et bien je vous garantis qu'on a vite fait le tour du propriétaire ... J'ai bien essayé de faire les yeux doux à quelques infirmières aux blouses avantageuses, mais rien n'y fit, j'ai tout perdu, même mon fluide de séduction avec les femmes. Je suis certain que de pisser dans une poche en plastique et de porter une robe de chambre avec des pingouins roses en motifs doit quand même jouer en ma défaveur dans l'acte de parade nuptiale ...
De toute façon, qu'est ce que je lui ferai comme mal à la pauvre infirmière qui me dirait oui ? Quand on voit l'état de la tuyauterie, on se dit que le meilleur des plombiers ne pourrait pas y faire grand chose, même avec les meilleurs outils du monde.
J'ai encore la chair de poule quand je repense à ce moment où mon service trois pièces s'est coincé dans l'escalier de secours. Je m'entends encore hurler comme une truie à qui on apprend qu'elle vient de louper pour la troisième fois consécutive son permis de conduire, surtout quand on sait à quel point il est facile d'obtenir le permis de conduire quand on est un cochon ....
Les meilleurs chirurgiens se sont penchés sur mon cas, se sont penchés très près même ... Ils ont tout essayé : la greffe du sexe d'un acteur porno décédé d'overdose n'a jamais prise, je pissais du crack ... Le maintien de mon propre organe dans la glace aurait pu fonctionner si l'ambulancier n'avait pas pris mes attributs pour un glaçon fantaisie afin de fêter avec ses copains la naissance de sa petite fille ... C'est surtout quand il a croqué le glaçon qu'il s'est rendu compte de sa grossière erreur ... On m'a même proposé de changer de sexe. Quitte à perdre le mien, autant le perdre pour de bon. J'ai beaucoup réfléchi à la question, mais le simple fait de penser que je devrais finir ma vie à faire la vaisselle, à récurer les sols, à faire les boutiques avec mes copines et à faire semblant d'avoir mal à la tête pour éviter que mon homme ne me touche, m'est vite devenu insupportable et non envisageable ...
Je serai assexué ou je ne serai pas ...
J'ai perdu pas mal de choses dans cet accident, mes couilles, mon boulot, ma santé, l'usage de mes jambes ( la gauche et la droite ), mes amis ( même si mon seul ami a toujours été ce chien mort dont le cadavre est resté plusieurs mois devant ma porte ). Ils m'ont tout pris, mais il me reste ma liberté de penser !!! Il ne me reste donc plus que ça à faire. Peut-être qu'un jour j'écrirai mes mémoires, peut-être qu'un jour, je raconterai au monde toutes mes aventures, peut-être qu'un jour je prendrai une plume et que je me la carrerai bien profond dans le fondement afin de pouvoir faire l'avion et ré-inventer l'histoire de l'aviation.
Mais là, pour l'instant, je poursuis ma réeducation. Plutôt devrais-je dire mon éducation.
Je reprends les bases, réapprendre à manger sans les mains, réapprendre à ne pas arroser l'abattant des chiottes, réapprendre à faire confiance aux inconnus en imperméable qui donnent des bonbons aux enfants à la sortie des écoles, apprendre à aimer,
Aimer sans attendre,
Aimer à tout prendre, Apprendre à sourire, Rien que pour le geste, Sans vouloir le reste Et apprendre à Vivre Et s'en aller. Putain, je sais pas ce qui m'arrive, je me florentpagnise ... Va p'tête falloir que je consulte quand même ...
Je sais ce que vous vous dites : " Merde, nous qui avons connu Steven dans la pleine force de l'âge, courageux et bravant tous les dangers, ça fait quand même mal de le voir finir ainsi ... " Et pour les plus femmes d'entre vous, je vous entends d'ici vous dire : " Et merde, moi je me le serais bien tappé ce Steven !!! Il avait un sex-apeal hors du commun !!! Je pensais à lui tous les soirs quand je faisais l'amour avec d'illustres inconnus !!! "
Aux premiers je répondrai : " Merci de votre soutien, si je vis encore aujourd'hui, c'est en partie pour vous et grâce à vous ...
Aux secondes je dirais : " Vous n'êtes vraiment toutes que des salopes ... !!! "
Je dois vous laisser mes amis, mes aventures touchent bientôt à leur fin, je repasserai faire mes adieux très prochainement.
J'ai bien vécu, j'ai vu des culs, j'ai eu plein d'écus, et encore plein de choses se terminant en cul.
Ce n'est qu'un au revoir mes frères, ce n'est qu'un au revoir.
Merde, ce coup-ci je vous laisse, y'a cette garce d'infirmière en chef qui vient me planter son aiguille de 14 mètres dans le fion !!!
Si je m'en sors vivant ce coup-ci, promis je me mets plus sérieusement à la chanson !!!
06 August Xylophone.La pendule de l'entrée s'était arrêtée sur midi. A ce moment très précis, où elle m'a dit je vais partir.
La grosse Bertha allait nous quitter. Soudainement cette prise d'otage prenait fin.
Ce qui aurait pu tourner au carnage se terminait comme ça, comme une fin d'épisode de Scoubidou.
Bertha tonna de sa grosse voix : " Ecoute Steven, je viens de réfléchir. On va tout stopper ici, tu es Steven Seagal, un mec quand même vachement respecté dans le monde de la police, du kung-fu et de la peinture sur soie, et je viens de relire la fin de ton dernier billet où tu dis très clairement que tu vas t'en sortir. Après avoir lu ça, je vois pas comment on pourrait obtenir 150 millions de dollars et un avion pour les Bahamas, parce que si toi tu t'en sors, nous, fatalement on reste sur le carreau, et je peux pas me le permettre car j'ai plein de choses à terminer dans ma vie civile : un cendrier en pâte à pain, le mur qui délimite ma cabane de jardin de la niche du chien du voisin, et de plus je suis enceinte de 14 mois, je ne devrais plus tarder à mettre bas ... "
Un silence.
" Ecoute Steven, on en reste là, aucun mal ne t'a été fait, on laisse partir le môme aussi. Tu ne nous as jamais vu, tu remontes tout seul dans ta bagnole, tu laisses partir Pedro ( le p'tit dealer), tu prends un café au coin de la rue et tu dis que tu as fait un malaise et que le p'tit s'est fait la malle pendant ton inconscience, ça te va comme scénario ? "
Ce scénario m'allait très bien, surtout par cette chaleur. Je n'avais aucune envie d'assister à l'accouchement de la grosse Bertha. Je lui demandai, d'une voix fatiguée : " C'est pas une connerie ? Je peux réellement partir ? "
Elle me répondit, d'une voix un peu moins fatiguée, mais fatiguée quand même : " Oui, Steve. Pars et ne te retourne point . Ne m'en veux pas, je ne savais pas ce que je faisais, et prends cette offrande comme un cadeau en souvenir du bon vieux temps, ce temps où tu arrivais encore à me faire jouir 6 fois de suite en croyant à chaque fois que j'allais mourir ... "
Putain 6 fois de suite, à l'époque ??? J'ai vachement perdu la main ...
Je suis parti, sans me retourner. Je ne comprenais pas encore ce qui venait de se passer. Cette journée de merde venait subitement de se terminer, et il n'était pas encore 9h37 du matin. Un flash me traversa ce qu'il me restait d'esprit : aujourd'hui était mon jour de chance, il serait peut-être le plus beau jour de ma vie. Je venais d'échapper à une mort peu certaine sans vraiment comprendre pourquoi, juste grâce à l'aura que j'avais sur les gens de cette ville et j'avais quand même réussi à récupérer mon café et un donut beaucoup trop sucré avant de sortir de la boutique.
Ce qui suivit me file encore la chair de coq, rien que d'y penser.
Ce 31 juin 2007 resterait à jamais gravé dans ma mémoire, comme le jour où ma vie a basculé du côté clair de la force. Ce jour là, j'ai laissé derrière moi une vie complète de débauches, de mauvaises actions, de mauvais choix, de corruption et de beaucoup d'échecs.
A 9h42 très précise, je reçus un appel téléphonique sur mon cellulaire qui ne marchait plus depuis maintenant un mois ( il me servait juste de réveil matin et parfois de vibro-masseur ... ), c'était un premier signe, comment un téléphone en panne pouvait-il remarcher d'une minute à l'autre ? Itinéris, le Dieu Grec de la téléphonie mobile veillait sur moi, c'était sûr ...
C'était Kim ... Ma Kimberley !!! ... Celà faisait plus de deux ans que je n'avais pas eu de nouvelles d'elle. Elle était partie sans me prévenir, me brisant le coeur, sans laisser d'adresse, sans laisser la moindre petite culotte dans laquelle j'aurais pu soulager mes pulsions ... J'avais failli en finir avec la vie, Kim était tout pour moi. J'avais certes aimé beaucoup de femmes avant elle, mais elle avait été la seule à me comprendre et à me rendre vraiment heureux, et surtout la seule à me donner deux magnifiques enfants dont j'ai oublié les prénoms ...
Depuis son départ, je n'avais jamais cessé de l'aimer. Elle hantait mes rêves les plus fous, les plus chauds et les plus tôts ( comme le chien de Mickey ... ).
La 69 ième sonnerie retentissait. Je n'osais même pas répondre. Je ne pensais pas revoir un jour mon portable sonner, alors le revoir sonner avec le nom de mon ange affiché dessus, j'étais en plein rêve ...
Je répondis.
C'était bien elle au bout du fil, je sentais son haleine de mobylette à travers l'espace, je reconnaissais son souffle haletant qu'elle avait après avoir fait l'amour pendant des heures, je reconnaissais sa manière de toujours tenir le combiné trop près de sa joue au point qu'on ne comprenne pas un mot de ce qu'elle raconte ...
Je pris ma meilleure voix de séducteur : " Kim, éloigne le combiné de ta joue, je ne comprends pas un traitre mot de ce que tu racontes ! "
Sa voix m'emplit les oreilles de bonheur : " Oh excuse moi Steven !!! Je disais que je venais de faire l'amour pendant des heures avec un réparateur de mobylette, alors j'ai tout de suite pensé à toi et je me suis dit que ce serait super que je te rappelle afin d'entendre ta voix et de t'exciter un peu ... "
Cette nana me rendait dingue. Même après tout ce temps, j'étais fou d'elle comme au premier jour, ce jour où son père me la posa au creux de mes bras pour que je lui donne le sein. Chose que je fis, mais avec un biberon, faute de poitrine opulente et pourvue de lait maternel ... Kimberley m'avait offert les plus belles heures de ma vie, et voilà qu'elle réapparaissait comme par enchantement, de nulle part. Elle voulait me revoir, elle voulait nous redonner une nouvelle chance, elle s'excusait d'être partie sans crier gare, sans même crier un autre mot...
Cette journée noire avait viré au blanc, au blanc immaculé. C'était ma journée, mon Jiminy Criquet me l'hurlait à l'oreille : " C'est ta journée Steveeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeen !!! "
Je ne quittais plus mon nuage.
J'ouvris la porte de la Chevrolet et me mis au volant en observant sous l'essuie-glace. Rien. Pas de PV ... C'était la première fois en 30 ans de carrière que je me garais sur une place de bus pour handicapés sans me prendre une prune !!! Oui, c'était ma journée .
J'en étais tellement persuadé que je mis le moteur en route pour me rendre au premier drugstore venu afin de valider une grille de notre fameux loto national en y jouant mes numéros fétiches.
En entrait dans la boutique, j'esquissai un sourire. La jeune et jolie vendeuse aurait de l'avancement, ou tout au moins une jolie prime à la fin du mois, en attestait cette petite bulle de liquide blanchâtre au coin de ses lèvres. Le patron venait de rentrer dans son bureau vitré afin de remettre sa chemise dans son pantalon. Ce genre de spectacle me donnait toujours le sourire ... Angelica m'expliqua brièvement les règles du jeu car je n'avais jamais joué de ma vie au Loto, c'était une première. Je validai mes 6 numéros fétiches : le 2 car j'ai 2 testicules, le 14 car la grosse Bertha en était à son quatorzième mois de gestation, le 23 car quelqu'un que je connaissais, sans réellement me souvenir qui, était né un 23, le 31 car c'est mon record de pintes de bières en une heure, le 38 car c'est la taille de chaussure que je faisais le jour de mes 14 ans et enfin le 49 car c'est l'âge que j'avais il y a 8 ans. Angelica, c'était écrit sur son badge, valida ma grille et me souhaita une bonne fin de journée.
Cette journée fut la meilleure de toute ma vie, bien meilleure que les jours de naissance de mes enfants, bien meilleure que la journée de mon premier orgasme et de ma première éjaculation faciale.
Tout allait bien, le soleil brillait, les gens me disaient bonjour, j'ai même cru un moment me retrouver au paradis. Je m'assis sur un banc en dégustant une glace italienne au fromage de chèvre et au rhododendron. Pour la première fois depuis des siècles, je me surpris à ne penser à rien d'autre qu'à ce qui se présentait à mes yeux.
Je riais quand les enfants riaient. Je fus ému quand une petite troupe de canetons traversa l'allée devant moi pour rejoindre leur maman dans la mare. Et si c'était ça la vraie vie ? Et si j'étais passé à côté de tout ça durant toutes ces années ?
La journée touchait à sa fin. Kimberley venait de me rappeler pour me fixer un rendez-vous, nous devions nous revoir le soir même dans un bon restaurant Pakistanais. Je devais l'attendre devant l'ancienne boucherie chevaline de son grand-père, clin d'oeil au passé...
En rentrant, je m'arrêtai devant le même drugstore qu'à l'aller pour vérifier le tirage de mes numéros.
Diantre !!!! J'étais l'heureux propriétaire de la coquette somme de 27 millions de dollars ...
Putain de journée !!! Putain de drôle de journée !!!
J'avais échappé de juste à un braquage, mon portable remarchait, j'allais revoir ma Kimberley, je n'avais pas pris de PV pour la première fois depuis 30 ans, j'avais assisté à une fellation et j'étais millionnaire. Rien que ça ...
Tout ceci ne tournait pas rond. Pourquoi un mec comme moi, qui a cotoyé la malchance pendant des années pouvait-il un jour se réveiller et voir sa vie basculer de la sorte ?
Je voulais en avoir le coeur net, je voulais savoir si ce n'était pas encore un sale tour de la vie pour me refaire tomber dans les méandres de la folie. Tout était trop beau, tout allait bien, mais de travers. Pourquoi moi ? Pourquoi aujourd'hui ?
Je montai les marches de mon appartement quatre à quatre, ouvris la porte, jetai mon paletot de laine négligemment sur la chaise du salon et ouvris la fenêtre de ma chambre donnant sur l'angle de Quality Street et de Street Fighter.
J'avais peur. En réalité, j'avais peur d'être heureux. Mon quotidien de flic ne laissait pas de place au bonheur et à la joie. J'étais perdu, je n'avais jamais appris à réagir face aux choses positives de la vie, avec le temps mon âme était devenue noire comme de la neige pas propre.
Je voulais savoir si ce n'était pas mon imagination qui me jouait des tours.
J'habitais au cinquième étage de mon immeuble. Une idée folle me traversa l'esprit : si je me jette de ma fenêtre et que j'arrive en bas sans la moindre égratignure, c'est que quelqu'un veille réellement sur moi et alors, je changerai totalement ma façon de voir la vie et ses joies.
Je ne réfléchis pas et sautai.
Aujourd'hui, je vous parle de l'hôpital Henri Guybet, près de St Tropez, en France. Le seul hôpital au monde capable de soigner les blessés ayant plus de 150 fractures sur tout le corps.
Aujourd'hui, je suis un légume. Mon médecin dit que j'ai eu beaucoup de chance, tu parles ...
J'étais tellement omnubilé par cette chance qui entrait dans ma vie que j'ai sauté de ma fenêtre, et comme prévu, je me suis écrasé comme une grosse merde 25 mètres plus bas.
Aujourd'hui, je suis dans un fauteuil roulant qui grince et personne n'a de burette d'huile pour faire cesser ces couinements ...
Personne ne veillait sur moi, personne. Je ne sais pas encore ce qui m'a pris de défier la mort à ce point, mais j'ai tout perdu. En sautant, je me suis pris l'appareil génital dans un escalier de secours, arrachant tout au passage ( je vous rassure, l'escalier est intact ... ), j'ai cassé mon portable qui remarchait ( le seul endroit où était stocké le numéro de Kim ... ), j'ai donc loupé le rendez-vous au restaurant sans la prévenir ( à l'heure qu'il est, elle est sûrement déjà dans les bras d'un autre homme ... ), les ambulanciers m'ont appris à mon arrivée à l'hôpital de Chicago qu'une dizaine de PV ornaient mon pare-brise, tout ça parce que j'étais garé sur un emplacement où on fait chier les caniches ...
Et le pire, c'est que dans l'affaire, j'ai perdu mon ticket gagnant de Loto ... Personne ne l'a jamais retrouvé.
Par contre, les secours ont bien retrouvé la petite tribu de canetons que j'ai écrasé en attérissant sur le trottoir ...
Aujourd'hui, je n'ai plus rien. Peut-être que le bonheur et moi n'aurions jamais fait bon ménage ...
19 June Wagonnet.Et merde !!! Pour la première fois en 30 ans de service, je me fais attraper par un malfrat ...
C'est pas comme si je m'étais fait serrer par un grand baron de la drogue, là encore, j'en aurais retiré une certaine fierté. Mais non, je suis comme un con tombé dans un piège à con, tendu par le pire des cons que la Terre aie pu féconder, genre le bon roi des cons ...
Ma première mission, lors de mon retour à la vie sociale, devait être une mission de routine, à la limite même de la mission de routier. Le boss, après un discours frôlant les 4 heures et 69 minutes, me confia la lourde tâche de conduire un petit traffiquant de drogue aux portes du pénitencier Jean Philippe Smet, à quelques kilomètres du poste.
Autant dire que mon égo en a pris un coup, sur le coup j'ai cru au coup du lapin. Moi ! Le grand Steven, on me confiait une mission de merde de ce style ??? La mission qu'on ose à peine confier à la femme de ménage ??? La mission où on préfèrerait encore acheter des fleurs à la femme du boss en bermuda et en tongs avec des chaussettes de sport ???
Le boss m'a dit que tous les stagiaires étaient en formation ce jour là, et que pour me ménager, il avait prévu de me faire recommencer en douceur ... Comme si je connaissais la définition de la douceur moi !!! Merde, je suis pas le mec qui a fait la pub pour Cajoline !!!
Mais bon, comme d'habitude, j'ai joué à faire semblant, comme d'habitude, je vais sourire, comme d'habitude, je vais même rire ... J'ai fermé ma gueule pour que le boss ferme la sienne. Ca faisait pas deux jours que j'étais revenu que j'avais déjà envie de me barrer à nouveau au fin fond du Pérou pour que personne ne me retrouve, afin d'élever des yacks sauvages et des tourterelles à poil ras ...
Et puis diantre, le boss avait raison, un peu de calmitude et de reposance ne me feraient pas de mal. Il ne fallait pas que je rote plus bas que mon torse, les poursuites en bagnoles dans les rues de Chicago et les fusillades à la sorties des supérettes, je pouvais bien laisser ça aux minots à duvet naissant. J'avais roulé ma bosse, je pouvais bien aspirer à autre chose que des miettes ...
Je ne sais pas pourquoi, mais je me rappelle de l'heure qu'il était exactement quand je suis descendu aux cellules pour signer la fiche me permettant de transférer le prisonnier, il était 6 h 66, une heure que je n'avais encore jamais vue sur l'horloge du sous-sol, d'habitude, elle changeait toujours d'heure à 6 h 59 ...
J'aurais dû me douter que quelque chose clochait à ce moment là. Mais il était très tôt, j'avais mal dormi et je n'avais toujours pas digéré le chili con carne de tante Queshua ( une tante du côté de mon oncle ) du week-end précédent, et on était vendredi ... Je sais pas ce qu'elle met dans son chili, mais ça pique les yeux et fait pleurer mes fesses ...
J'ai signé la libération du dealer.
J'ai pris les clés de la Chevrolet Impala qu'on m'avait confiée, une vieille ruine pour un vieux flic. J'avais tellement bousillé de caisses qu'on n'osait plus me confier les voitures les plus récentes, peut-être un problème de confiance ...
J'ai menoté le gamin, un type maigrelet, de style afro-américain, le style de mec à qui tu ferais confiance pour t'aider à traverser la rue et à porter tes courses. J'avais presque pitié de lui, ce gosse s'était retrouvé embringué dans une histoire de deal avec des gars qui se servaient de lui, afin de couvrir leurs arrières. D'après le boss, il n'avait rien vu venir, et quand les flics ont débarqué dans la planque, le gosse était tout seul, en train de se pignoler devant une redif de la Roue de la Fortune ... Les caïds avaient mis les voiles et étaient déjà partis pour un tour du monde en équipage et sans escale ...
Je lui ai baissé la tête et l'ai installé à l'arrière de la Chevrolet, la manipulation de routine, en somme.
Je me suis installé au volant, puis j'ai allumé une clope. Ouais, je me suis remis à fumer, j'avais arrêté au moins 489 631 fois au cours de ma vie, et j'ai replongé la semaine dernière après avoir battu mon record d'abstinence de 5 heures et 7 minutes ...
Puis j'ai mis le poste sur la seule fréquence qui marchait dans cette foutue ruine. Ils passaient un vieux tube de Chuck Berry, un truc sur lequel j'avais fait swinguer pas mal de nanas à l'époque où je faisais encore swinguer les nanas ... Merde, je ne me rappelais plus du titre, j'aime pas ça, ça allait me niquer ma journée ...
J'ai demandé au gamin, qui m'avait l'air d'être tout sauf un abruti, et il m'a répondu qu'il n'en savait rien. Qu'aujourd'hui, les jeunes n'écoutaient plus ce genre d'antiquités. Que ce genre d'antiquités ne passaient plus que dans les cafés les plus isolés du Territoire de Belfort. Tiens, ça m'a fait penser qu'il fallait que je retourne en Italie, j'adorais l'Afrique.
J'en avais à peu près pour 54 minutes de trajet jusqu'aux portes du pénitencier. Peut-être un peu plus car aujourd'hui, une manif anti-quelque chose devait avoir lieu à deux pâtés de maison plus loin, et Bison Bourré annonçait de grosses difficultés à circuler dans le périmètre.
Rien n'avançait.
Ca puait l'essence, il commençait à faire vraiment chaud dans l'habitacle. On avait dû faire 300 mètres en une demi-heure. La climatisation était en panne, et après mûre réflexion, je m'aperçus que cette bagnole n'avait jamais eu la clim' .... Un jour de repos qu'il disait le boss, tu parles Charles !
J'ai essayé de faire la conversation au môme. Je lui ai demandé où il avait fait ses études, s'il avait même fait des études. Je lui ai demandé qui était son acteur préféré, en espérant qu'il ne me réponde pas Chuck Norris, et tout un tas de questions qu'on pose quand on est comme moi un flic qui transporte un gars comme lui, un p'tit dealer de pacotille.
Mais rien, pas un mot. Le gamin gardait les yeux dans le vide, comme s'il fixait un truc dont je ne connaissais rien dans une direction que je ne verrais pas. Le seul indice qui prouvait qu'il n'était pas mort était ce petit reniflement entêtant qu'il émettait à chaque fois qu'un caniche passait sur le trottoir d'en face. Putain, c'est dingue le nombre de caniches qu'il y a à Chicago !
Ca faisait presque une heure qu'on avait quitté le commissariat et je le voyais toujours dans mon rétroviseur ( le comissariat ).Et cette chaleur suffoquante, et cette climatisation absente, et ces reniflements incessants et cette radio qui passait l'intégrale de Gérard Lenorman. Il fallait que je prenne l'air avant de péter un plomb, avant d'en manquer ( d'air, pas de plomb, merde suivez ! ).
Les portes arrières de la Chevrolet étant blindées et impossibles à ouvrir de l'extérieur, le grillage séparant l'arrière de l'avant de la voiture étant d'une solidité solidifiante, je ne prenais pas beaucoup de risques à m'arrêter deux minutes pour me prendre un café dégueulasse dans un gobelet en carton et un donut beaucoup trop sucré. Je l'avais fait des centaines de fois, malgré l'interdiction formulée expressément par le règlement au paragraphe 12 du chapitre 69, alinéa 45, page 822, qui disait : " Il est formellement interdit de s'arrêter prendre un café dégueulasse dans un gobelet en carton et un donut beaucoup trop sucré, lors d'un transport de prisonnier qui renifle". Putain, les gars qui avaient pondu cette bible du parfait petit flic avaient vraiment pensé à tout ...
Mais qui le dirait ? Pas le p'tit muet au nez plein, et encore moins la boulangère, que je connaissais sur le bout des doigts pour l'avoir pratiquée à une époque où Kimberley n'était pas encore née ...
Comme maintes fois auparavant, je me suis bien assuré de la fermeture des portes et des vitres. J'avais bien mis les pare-soleil "Winnie the Pooh" afin que le détenu n'attire pas l'oeil des passants. Tout était carré, sauf les roues de la voiture, question de praticité ...
Comme maintes fois auparavant, j'ai dit bonjour à la boulangère plantureuse qui répondait au doux nom de Bertha, en commandant 2 croissants et un expresso bien serré sans eau. J'ai jamais compris pourquoi on foutait de l'eau dans le café, alors qu'une goutte de bourbon faisait très bien l'affaire.
Bertha n'avait pas le même sourire bovin qu'à l'accoutumée. Je sentais comme une sorte de crispation dans ses traits. Sur le moment, j'ai pensé à une constipation passagère, mais cette idée s'est vite évaporée quand j'ai senti un truc froid sur ma nuque. La dernière fois que j'avais senti un truc aussi froid sur ma nuque, c'était lors d'un braquage dans la boucherie chevaline en bas de chez moi. Mais là, je ne risquais rien, j'étais dans une boulangerie ...
Et merde ... Je venais de mettre les pieds dans une prise d'otage ...
Pas le simple braquage de boulangerie où le gars aurait piqué les 20 dollars du fond de caisse et se serait barré en tirant la langue à Bertha, non pas ce braquage là ... Celui là semblait être un peu plus élaboré, le gars ne voulait pas d'argent, mais avait d'autres revendications ...
Il avait fallu cette mission de merde. il avait fallu que je l'accepte. Il avait fallu qu'on me refile la Chevrolet. il avait fallu qu'il fasse une chaleur de four à micro-ondes. Il avait fallu cette manif. Il avait fallu que Bertha fasse les meilleurs croissants de cette partie de la ville. Il avait fallu que je mette un pied dans cette foutue boutique qui puait le chou de Bruxelles et le produit à chiottes ...
Le gars me poussa violemment contre le mur derrière le comptoir, où se trouvaient déjà Bertha, qui sentait déjà la sueur à 8 heures du matin, un adolescent boutonneux qui était venu s'acheter un sachet complet de cocos bohères et de vrais roudoudous qui nous coupaient les lèvres et nous niquaient les dents, et une grand -mère matinale ( comme toutes grands-mères en réalité ... ) qui était venue comme tous les matins acheter son quart de baguette juste avant sa série matinale du style "les pneus de l'amour "...
Sur le coup, je fus rassuré, on était au moins 4 à mal commencer la journée ...
Et mon prisonnier qui attendait dans la bagnole ... Merde, j'étais bel et bien dans un beau p'tit tas d'excréments bien fumant ...
Le gars, la quarantaine, mal rasé, avec un bonnet rouge sur la tête ( remarquez, si je vous avais dit qu'il avait un bonnet rouge sur le genou, vous auriez trouvé ça étrange ... ) était en possession d'une arme de fort beau calibre. De là où j'étais, il m'avait tout l'air d'être en possession d'un Magnum chocolat blanc, couleur amande. Un de ces modèles qu'on ne fabrique plus dans les usines d'armes, car cette arme ne résiste pas beaucoup à la chaleur.
" Je suis flic, je peux peut-être t'aider !".
C'était la grand-mère qui venait de parler, mais au ton qu'elle venait d'employer, moi qui suis du métier, je savais qu'elle bluffait ...
" Ta gueule la vieille !!! Me prends pas pour un moufflon, t'es autant flic que moi je suis preneur d'otages !!!" répondit le malfrat à bonnet.
Merde, la vieille disait peut-être vrai, j'avais vu un reportage sur les vieux qui deviennent flics à leur retraite, comme ça, pour passer le temps et attendre la mort ... Décidément, la poisse me suivait, ce n'était vraiment pas ma journée, et le pire, c'est qu'elle venait seulement de commencer ...
C'est à ce moment très précis ( où tu m'as dit je vais partir ) que j'ai décidé d'interviendre ( c'est un peu comme intervenir, mais plus en douceur, en faisant preuve d'une plus habile diplomatie ).
" Ecoute mec, je suis Steven Seagal, tu as peut-être déjà entendu parler de moi, je suis le plus grand flic de cette ville encore en activité. J'ai une certaine influence dans le milieu, je peux faire quelque chose pour toi, mais seulement, il faut que tu me donnes ton arme."
Pas de réponse.
Le mec ne se laissait pas amadouer. Fut-il possible qu'il n'ait jamais entendu parler de moi.
Putain de journée de merde !!! Même les preneurs d'otages s'y mettaient !!! Ce type n'avait pas la télé ou bien ??? ( j'ai une grand-mère suisse du côté de chez Swann ... ).
C'est à cet instant que tout s'est mis à aller très vite. Trop vite.
Tout ceci n'était qu'un piège qu'on m'avait tendu. Que mon prisonnier m'avait tendu ...
Le preneur d'otages n'en était en fait pas un.
La petite vieille n'en était en réalité pas une. Une pulpeuse bombe atomique se cachait sous un déguisement digne des plus grandes heures de gloire de Patrick Sébastien. Seul le gosse se trouvait être à sa place. Comme moi, il était au mauvais endroit au mauvais moment. lui qui voulait simplement arracher un bisou de la plus belle fille du collège en lui offrant un bonbon ... Il m'aurait demandé, je lui aurais plutôt ( le chien de Mickey ) conseillé la 103 SPX avec un pot Devil et le guidon torsadé. Ca, comme piège à nanas, on n'avait encore pas trouvé mieux !!!
Même la grosse Bertha était dans le coup...
Je venais de me faire piéger, et c'était pas Marcel Béliveau derrière la caméra ...
Le dealer entra dans la boulangerie. Je ne sais toujours pas comment il a fait pour sortir de la voiture, à part par la fenêtre que j'avais laissée ouverte pour ne pas qu'il étouffe par cette chaleur.
Il avait tout prévu. Il avait organisé la manifestation. Il étrait de mèche avec Bertha et la grand-mère, même si cette dernière n'avait pas l'air d'avoir un très grand rôle dans cette histoire, mais la parité sociale était aussi de mise dans les prises d'otages.
Ils laissèrent partir le gosse, qui n'avait rien à voir là dedans, c'était moi la cible.
On m'avait fait sortir de ma retraite pour un aller simple pour l'enfer.
C'était vraiment pas ma journée ... Je sais, je l'ai déjà dit pas mal de fois, mais c'est pour bien insister sur le fait que c'était vraiment pas ma journée ...
Dans le prochain épisode, je vous raconterai comment je m'en suis sorti. Ben oui, parce que je m'en suis sorti ... Ben quoi ? J'suis pas Chuck Norris non plus !!!
21 May Viticulture.J'aime pas les navets.
D'ailleurs, j'aime pas tout ce qui est ....
DRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRING !!!
( purée, comme je fais trop bien la sonnerie de téléphone !!! )
Excusez moi, je dois répondre.
12 minutes, 14 secondes et 36 centièmes plus tard ...
Pardonnez moi de vous demander pardon de m'excuser, c'était le boss qui m'appelait pour m'ordonner de réintégrer illico le commissariat pour une affaire de la plus haute urgente importance. Une affaire qui me concerne qu'il dit. Un mystérieux tueur en série aurait demandé expressément que je m'occupe de ses affaires. Il ne veut parler qu'à moi, rien qu'à moi, à moi et à personne d'autre, pas à un gars du commissariat, non à moi. A priori, c'est à moi qu'il veut parler, même pas au boss, non, juste à moi et à personne d'autre que moi ...
Et merde, moi qui glandait depuis 3 mois, ce con veut me parler à moi, et rien qu'à moi, à personne d'autrte, juste à moi. Non, il pouvait pas demander à un autre flic, c'est moi qu'il veut le bougre ! En plus, on rentre en plein dans le mois du chamois, un mois où le soleil se dit : "Diantre, c'est un bon mois pour faire mon apparition !" Je faisais mes valises pour partir en Europe, et là, le boss m'appelle en me disant qu'un taré veut me parler, à moi, et à personne d'autre ... Et en plus, faut que je sois demain matin au commissariat à la première heure.
Flûte, zut, fichtre, diantre et crotte !
Je m'y étais fait à cette retraite. J'avais enfin le temps de me passionner pour d'autres choses que les flingues, les putes, les truands et les poursuites en bagnole. J'avais de nouvelles passions, le tir sportif, la drague, les copains et la course automobile ...
Fini les couchers à des heures pas possibles ( parfois, je me surprenais à m'endormir après 23 heures !!! ), fini les grasses mat' ( parfois je me surprenais à me réveiller après la rubrique santé de Télé Matin ... ), fini les siestes de 6 heures après l'apéro du midi ... Fini les heures à retapper ma vieille Ford Capri dans ce garage sordide qui sent la confiture de figues ... Ma Ford Capri, c'est fini ...
C'est dingue comme le temps passe trop vite quand on a été comme moi, des années sans prendre la moindre semaine de vacances complète. Le jour où tout s'arrête, on ré-apprend à vivre, on ré-apprend le goût des choses, on ré-apprend à connaitre les gens, leur goût, le goût des autres. Et surtout on apprend à faire ce genre de phrases bien mielleuses qui font dire au lecteur : " Bon, là ça devient super lourd et très chiant, je laisse un com' en rapport avec le début pour faire croire que j'ai lu le billet et je file à Auchan finir mes courses. Tiens, faut pas que j'oublie de racheter du papier-cul, parce que sinon, je vais encore rater ma moussaka. "
Dans ma tête, dans ce qui me reste d'esprit, je m'étais fait à l'idée de ne plus retravailler. J'avais bien essayé quelques boulots, mais sans succès apparent. Alors, je me suis laissé vivre, j'ai fait le vide dans mon lobe frontal gauche, j'ai fait le vide dans mes tiroirs. J'ai jeté quelques photos de moi en pyjama Snoopy, quelques photos de Kimberley aussi. Je me suis acheté une ligne de conduite, à défaut d'une ligne de coke, il me fallait tirer un trait sur mon passé, avec un gros crayon feutre violet ( dédicace à la cessité de la Neu et de RQDB ... ), en appuyant bien, et en repassant plusieurs fois sur tous les moments les plus difficiles à digérer ...
Aujourd'hui, tel que vous me lisez, je suis un autre homme. Je suis un homme, je suis un homme, quoi de plus naturel en somme ?
Alors oui, je vais retourner faire mon boulot, car après tout, c'est bien tout ce que je sais faire.
Alors oui, je vais continuer à coffrer ces idiots de malfrats en risquant ma vie à chaque minute.
Alors oui, je vais à nouveau me réveiller en sueur en plein milieu de la nuit en m'apercevant que je me suis encore endormi devant un mauvais film pornographique Hongrois.
Alors oui, mes démons vont revenir.
Mais j'ai changé.
Aujourd'hui mon regard est nouveau. Je ne supportais plus ces lentilles, j'ai acheté une paire de lunettes avec 17 paires gratuites à ma vue en sus ... Si avec ça, j'ai pas un autre regard sur ma vie ! A vrai dire, ce n'était pas trop les lentilles que je ne supportais plus, mais plutôt ( l'ami de Mickey ) les saucisses et les oignons. Bizarrement, ça me fichait les larmes aux yeux ...
Ce nouveau regard, j'essaierai aussi de l'avoir sur mon métier. J'essaierai de discuter un peu avant de tuer mes victimes de sang-froid. Je me renseignerai sur l'adresse avant de descendre toute une famille d'innocents dans leur sommeil. J'essaierai également de flinguer moins de deux douzaines de voitures de patrouille chaque mois ( le boss m'a dit que si déjà je bousillais simplement une caisse chaque semaine, le budget du commissariat se verrait être plus consistant afin d'acheter une nouvelle cafetière ).
Il faudra aussi que je ralentisse la picole dès demain. Fini le magnum de Ricard chaque jour, il va falloir que je me remette à la bouteille toute simple de 75 cl ...
Alors voilà, je me remets au boulot. J'ai conscience d'avoir un peu délaissé cet endroit ces derniers temps. Mais les aventures m'appellent à nouveau. Et pour ceux que ça intéresse, je vous parlera prochainement de ma passion pour les pélicans et de l'avancée de l'enquête de celui qu'on appelle déjà le "poinçonneur des lilas", en rapport avec son admiration pour Jacques Dutronc et le fait que ses victimes soient toujours de vieilles dames avec d'infâmes teintures violettes et de non moins infâmes caniches toilettés et customisés ...
A vrai dire, je vois pas trop où est le mal dans cette affaire, mais à ce niveau là, c'est le boss qui décide. Peut-être que ça a un rapport avec la femme du maire qui possède un caniche-tronc violé par une vieille dame qui fait du tuning ... Allez savoir.
Bon, les amis, je vous laisse. Il faut que je retrouve mes fringues de service, en espérant que ce ne soit pas celles qui m'ont servi à éponger l'huile de vidange de la Capri la semaine dernière ...
Steven is back babe, Steven is back ...
09 May A la façon de ... RQDB.Espace momentanément piraté ...
Coucou les amis !!! C'est RQDB !!!
Steven me prête son espace pour aujourd'hui, c'est le défi lancé par notre grand maitre kiffffffffeur à tous .
Alors, j'en profite pour vous parler un peu de moi car on a la forte impression de tous se connaitre, mais que savons-nous en réalité les uns des autres ?
Pour commencer, appelez moi Gigi, car c'est ainsi que me surnomme tous mes proches, car quand je viens c'est la magie !!! Je suis une fée fantastique et je crée un monde angélique où tout devient féérique, et puis surtout j'adore tous les mots qui se terminent en "ique", ça doit être un tic ... Bon, mis à part ça, en réalité, c'est le diminutif d'un prénom plutôt ringard ...
J'aime l'humour sous toutes ses formes, je suis toujours partante pour une petite blague, tiens d'ailleurs, en voilà une petite qui me fait beaucoup rire : Quelle est la différence entre Tintin et Milou ? Elle n'est pas excellente celle-ci ? Et c'est dire à quel point j'ai de l'humour, je vis avec un Rital, et ça me botte !!
J'aime également les choses simples de la vie : les Italiens, les bonbons, ceux qui fondent sous la langue, ceux qui croquent sous la dent, ceux que l'on mâchouille, ceux que l'on suce, les bonbons à l'anis, les bonbons à l'anus ... Oooooohhh mon Dieu, Manolo, sors de mon corps ! Tu as vu ce que tu es en train de faire de moi ? Moi qui étais si sage et si boulette avant de tous vous connaitre !
Je suis aussi une grande amatrice de grenouilles, je les déguste à toutes les sauces : dans ma salle de bain, à la persillade, simplement poêlées avec du sel de Guérande, j'ai également toute une collection de DVD sur la vie des grenouilles d'Amazonie que mon GNN m'a offert à Noël dernier. Si ça intéresse quelqu'un, je pourrai vous les faire parvenir ... On y apprend des tas de choses sur ces batraciens, mais je ne rentrerai pas dans les détails, de peur que vous ne vous croyiez chez Joey ...
Vous l'aurez toutes et tous compris, je croque la vie à pleine dent, même si à mon âge cannonique, il ne m'en reste plus beaucoup ...
En tout cas, une chose est sûre, c'est que je suis très heureuse de vous connaitre, vous mes kiffeuses et kiffeurs préférés, vous me mettez un peu de soleil dans le coeur, car je vous assure que vivre aux côtés d'un bouffeur de macaronis, c'est pas drôle tous les jours ... Et à propos de drôle, on va se quitter sur une petite note d'humour comme je les kiffe : Qu'est ce qui est blanc et qui est dans un coin ? A bientôt sur mon espace les kiffeurs !!! Et je ne pouvais pas vous laisser sans rendre un petit hommage à notre "mètre" à tous ! ça jouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuue !!!
11 March Uranus.Hier matin, vers 22h53, j'étais tranquillement en train de m'empifrer des restes de Chili de la St Valentin, le tout accompagné d'une limonade éventée aux extraits naturels d'édulcorants, devant une émission du câble sur la construction des pirogues au Moyen-Orient, quand tout à coup, une idée lumineusement éclairée me vint à l'esprit.
" Steven !!! tu dois te remettre au sport ! "
Oui, je pense toujours à des trucs importants quand ce que je fais ne l'est pas ( important ... ), et le contraire n'est pas faux ainsi que l'opposé à la médiane passant par le centre du cercle que forment les deux angles que multiplie le cosinus du vecteur Alpha, lui même étant un facteur essentiel au développement des bactéries sur les gencives de porc de tante Bertha.
Il fallait que je me remette au sport et rapidement, car ma silhouette se transformait sous mes yeux, mais également derrière mes yeux, car malheureusement, je ne vois pas encore derrière mon dos qui lui même tourne le sien à mon ventre qui cache bientôt entièrement mon sexe, qui lui se porte encore bien quand je pense à tous les trous noirs qu'il a traversé dans sa longue traversée de l'espace féminin ...
Surtout qu'aujourd'hui, ce n'est plus le temps qui me manque, depuis que j'ai quitté mon poste de chasseur de primes après avoir immolé par erreur tout un régiment de majorettes en poursuivant un voleur de tampons hygiéniques à la sauvette ... Une erreur qui m'a valu un isolement forcé de quelques jours afin d'échapper au fondateur du CMPI, le Club des Majorettes Potelées et Inodores ... Une aventure que je raconterai peut-être un jour à mes petits-enfants lors d'une soirée raclette au coin du feu dans un chalet en érable au Nord-Est du Canada, peut-être, ou pas, suivant si j'y repense ...
Donc, j'ai le temps. Donc j'ai repris du bide. Donc, je me dois d'entretenir ma ligne au cas où le boss me rappelle et me redonne mon poste si injustement ôté, parce que les méchants, par définition, ils sont pas gentils, donc si je dois les poursuivre à la course dans des ruelles étroites, sombres et surtout pas larges et mal éclairées, je me dois de courir au moins aussi vite qu'eux, car j'ai bien peur qu'ils ne m'attendent pas ...
Et puis je dois bien avouer que le départ de Kimberley a laissé un grand vide dans ma vie, depuis je me retrouve avec ce gros bide dans mon lit ... Je retrouve le goût et l'envie de séduire de grandes belles jeunes femmes. Enfin, de belles jeunes femmes ... Enfin ... de jeunes femmes ... Enfin ... de femmes ... Bref, des trous que je pourrais fourrer comme bon me semble à la mi-temps du Super-Bowl !!! Et merde, c'est plus la journée de la femme, j'ai le droit de penser ce que je veux !!!
Donc, hier, après avoir terminé laborieusement et avec moultes difficultés ce chili éventé à l'aspartame, mon cerveau s'est mis en action et m'a remis en mémoire tous les sports où j'excellais quand j'étais jeune. Oui, j'ai été jeune Madame, et ceci bien avant d'être vieux ! Ca vous en bouche un coin non ???
Tout d'abord, le football américain, qui comme son nom l'indique, est un sport qui n'intéresse que les américains. Sport créé pour que les Américains soient automatiquement champions du monde. Et là, mon cerveau a sorti sa bombe de peinture rouge fushia métallisé pour me faire une grosse croix sur ce sport, en indiquant très clairement en commentaire au bas de la page : "sport trop violent pour tes vieux os. Forts risques de contusions multiples au niveau du col du fémur ". Je ne ferai donc pas de football américain...
Puis, le Golf ( pas la voiture, hein ? vanne européenne, vous ne pouvez pas comprendre ... ), mais à vrai dire, ça me fait chier le golf ( pas la voiture, hein ? Comique de répétition !!! ), c'est un sport de vieux bourges joué par des vieux bourges, ou alors par de jeunes trous du cul qui finiront par devenir de vieux bourges, donc pas de golf ( pas la voiture, hein ? Comique de lourdeur ... ), même si j'étais plutôt doué dans les années 80 quand j'ai formé un p'tit gars du nom de Woods ... Tiens, d'ailleurs, je ne sais pas ce qu'il est devenu le p'tit Tiger, faudrait que je reprenne contact avec sa mère, elle qui faisait de si bonne tartes aux poires ... ( c'est dingue ça !!! je viens de remarquer que si j'enlève le "r", le "e" et le "s" de poires et que je le remplace par un "l" et un "s", ça fait tarte aux poils, et là, c'est plutôt ( pas le chien de Mickey, hein ? ) cocasse comme situation !!! Ca fait tarte aux poils !!!!
Mouhahahahahahahahahahahahahahahahahahahahaha !!! j'ai vraiment un mal certain à reprendre ma respiration !!!!
J'avais fait le tour des sports qui m'ont accompagnés tout au long de ma vie, le golf ( ok, j'arrête ... ) et le football américain. C'est là où je me rends compte que mon boulot m'a pris tout le reste de ma vie et que je n'ai jamais connu les parties de pêche qu'on se doit de partager avec son papa, les soirées bowling avec les amis pédophiles de ce même père, ni même les ateliers coutures des femmes qui partageaient les vies des amis de mon père, afin de fermer les yeux sur les-dites parties de bowling ...
C'est moi où y'a comme un froid là ? J'entends plus personne ?
J'avais désormais devant moi tous les éléments qui font que je devais me remettre au sport.
Et j'avais derrière moi ce putain de chat qui jouait avec mes cheveux en plantant ses griffes dans mon cuir chevelu ...
J'avais le choix, car le mec qui a inventé le sport, il y est pas allé avec le dos de la fourchette, il a mis le paquet le bougre !!! Sports de raquettes avec des balles de toutes les couleurs et de toutes les tailles, sport de ballons avec des ballons de toutes les formes et avec lesquels on a le droit de jouer soit au pied, soit à la main, soit les deux, qu'on peut passer en avant sans se faire engueuler ou alors qu'on doit mettre dans un truc avec des filets sans faire plus de deux pas sans le faire rebondir, bref, un sacré merdier en somme ...
Le type, il devait avoir que ça à faire, au lieu de trouver un boulot comme tout bon citoyen américain qui se respecte et qui respecte sa grand-tante qui lui offre tous les ans le même pull à col roulé avec cette tête de cerf brodé dessus ...
Puis ce fut une révélation.
Comme si j'étais Moïse en haut d'une putain de montagne et qu'un mec à la voix super grave me faisait une dictée en 10 paragraphes, et qu'en plus je ne saurais même pas d'où vient cette bon Dieu de voix !!! Genre, un truc de fou !
Je le savais comme si j'avais toujours su que je le saurais.
Le gars à la voix grave qui sort d'on ne sait où venait de m'apporter la réponse sur un plateau de plexiglass, je ne ferai pas de sport, parce que le sport, c'est trop fatigant et que je suis trop vieux pour ces conneries ...
Tiens, j'ai un reste d'andouillette au miel avec des patates à l'huile dans le frigo, j'ai une petite faim moi !
22 February Tarentule.Je m'emmerde grave ...
Comme vous le savez, ou pas, le boss m'a donné un congé sans solde pour que je me retrouve seul avec moi-même, afin de prendre conscience de mes erreurs passées ... Autant me dire que je suis trop vieux et que j'ai une trop grande gueule, ça aurait été plus honnête, et donc moins malhonnête.
Je tiens tout de même à rassurer les deux ou trois personnes qui suivent encore mes aventures, je ne suis pas viré, mais au repos forcé, sans plaque, sans arme et sans salaire ... Heureusement, ils m'ont laissé ma machine à expresso qui fait de bons cafés au bon goût de Javel ...
Alors j'attends. J'attends que le monde change, j'attends que changent les gens.
Depuis, je fais les petites annonces, je fais même les grandes, les poilues, les velues, les toutes ridées, les monts pelés ...
Aux States, comme en France, le boulot ne court pas les rues. Il y en a bien, mais pas pour moi ...
Comment voulez vous que je trouve un boulot à 57 ans, même si je fais bien 8 mois de moins ? Et Dieu sait que je ne suis pas fainéant de mes mains, et des autres parties de mon anatomie non plus d'ailleurs, mais ça, c'est une autre histoire, et je sais que des enfants de tous âges passent par ici ...
Depuis bientôt un mois, j'envoie des curiculum vitae à toutes les boites de Chicago cherchant de la main-d'oeuvre qualifiée mais sous-payée.
J'ai bossé 6 jours dans un abattoir, et me suis fait viré au septième pour avoir tranché la tête d'un collègue Porto-Ricain à la place de celui d'un boeuf.... Maladresse et malchance, quand vous me tenez !!! J'y peux rien, ce mec il était vache avec moi, une vrai tête de veau ... J'ai glissé et lui ai tranché la gorge, il hurlait comme un porc ... Le patron est venu me voir pour me dire de rassembler mes affaires et de partir sans passer par la case départ. Il a rajouté qu'il ne porterait pas plainte, vu que son abattoir sert à blanchir de l'argent, et que lui aussi avait du sang sur les mains ...
C'est le métier qui doit vouloir ça ...
J'ai bossé 5 jours en tant que commis de coiffeur ... C'est pas la peine de rigoler, y'a vraiment pas de quoi ...
A la base, j'étais embauché pour faire les shampoings et balayer la boutique de tous ces cheveux ... Le cinquième jour, la boutique étant pleine à craquer, je me suis proposé pour faire une coupe de cheveu à un aveugle du quartier, ayant moi-même été un temps coiffeur lors de mon service militaire. Il me restait quelques bases ... De toute façon, de par son état, il n'y verrai que du feu ... Tout se passa bien jusqu'à la touche final de la finition au rasoir ... La boutique étant pleine, à un moment je fus bousculé par un garnement courant après son chenapan de frère ... J'allai me retourner pour les gronder quand je me suis aperçu de la tache sombre qui grandissait à mes pieds ... Putain de merde, quand ça veut pas aller ! Si j'avais seulement loupé la coupe, ça aurait été moins grave, mais là, je l'ai pas loupé que d'un cheveu ...
C'est le métier qui doit vouloir ça ...
Puis je me suis fait embaucher dans une boucherie chevaline en prétextant une grande expérience dans un abattoir clandestin et en modifiant quelque peu mon CV, en prétendant posséder un D.U.B.C ( Diplôme Universitaire de Boucher Chevalin ). L'expérience fut brève mais intense ... Je fus admis à mon poste à 6.00 am. Je quittai ce même poste à 6.53 am. Je deviens ainsi l'homme qui a bossé le moins longtemps dans une boucherie chevaline, vous pouvez vérifier, je suis page 528 dans le Guiness Book à la catégorie " Pas de bol "...
Ma mission était simple : découper en quartier tout ce qui ressemblait de près ou de loin à un cheval ...
Je ne fus pas très inspiré de dépecer la femme du boucher avec sa dentition de cheval qui hennissait sous les coups de boutoir du second du patron, qui, par ailleurs, était monté comme un poney ...
Non, je ne fus pas très inspiré ... C'est le métier qui doit vouloir ça ...
J'ai cru que je m'en sortirai en acceptant le poste de videur de boite de nuit que me proposa un ancien collègue, viré lui aussi pour de sombres raisons pas très lumineuses ... J'ai tenu le coup 4 jours. Ou plutôt ( le fidèle compagnon de Mickey ) 4 nuits ... C'était pas un rythme pour moi, j'suis plutôt ( le toutou à Mickey ) diurne à la base ... Pas noctambule pour un sou ... Ma mission, si le l'acceptais, était des plus claires : virer les p'tits voyous de la boite. Facile pour moi, les p'tits voyous, je le chassais il n'y a pas si longtemps ... Et eux, ils me connaissaient, et me craignaient par dessus tout ...
Tout se passait bien, jusqu'à la quatrième nuit. Une nuit sans lune. Une nuit câline, une nuit coquine, une nuit d'amour. Une nuit où vous sentez que tout peut arriver. Une nuit pleine d'incertitudes, où le démon côtoie les anges, où le truand aide la p'tite vieille à traverser et où le samaritain écrase ce petit gosse sans arrêter son gros 4x4. Une nuit où le yaourt se met à tourner et prend ce goût aigre de Javel séchée sur une éponde qui l'est encore plus. Une nuit magique où Catherine Lara vient vous réveiller avec ses vieux relent de Gin ... Bref, une nuit en enfer ...
Tout a commencé simplement. J'ai refusé un groupe de jeunes aryens blonds platines, habillés bon chic bon genre, sentant bon l'eau de Cologne et fervant supporters du Bayern de Munich. Jusque là, rien d'étonnant, on aurait pu en rester là, mais celui que j'avais vite catalogué comme le chef de la bande, a commencé à me chercher des poux ... Erreur, j'ai jamais eu de poux, ma mère m'a toujours lavé les cheveux au vinaigre ...
La bagarre fut inévitable. Le combat ne fut pas équitable, ils n'étaient que 8 sur moi ...
J'ai dû fuir avant l'arrivée de mes ex-collègues, je n'avais pas envie de m'expliquer sur ce carnage. Bilan : 3 morts, 2 blessés graves, 2 culks-de-jatte et 1 intacte ... Je ne tape pas sur les filles, même si elles font 1m98 et pèsent 130 kilos ...
Moi, la nuit, je dors ... C'est le métier qui doit vouloir ça ...
J'ai pensé à la rédemption en acceptant un boulot de forain 3 jours plus tard ...
Mon enfance défilait devant mes yeux, parce que derrière, j'aurais rien vu venir ...
J'ai toujours adoré les fêtes forraines quand j'étais môme. A l'époque, je claquais les sous que je n'avais pas dans les manèges. J'achetais des pommes d'amour et des gauffres aux filles pour les épater de campagne. Je faisais mon crâneur sur les manèges à sensation, puis je me sauvais vite chez moi pour changer ces slips qui sentaient l'urine afin de sauver la face ...
Mon boulot consistait à entretenir et nettoyer les manèges la journée et à me déguiser en fantôme la nuit dans " le train de l'épouvante ", afin de faire peur aux gosses, qui comme moi une quarantaine d'années auparavant, cherchaient à impressionner les copines tout en masquant cette odeur persistante d'urine avec le parfum bon marché de papa ...
Ca aurait pu marcher, si on m'avait donné des limites à ne pas dépasser dans l'art de faire peur à des gosses...
J'ai peut-être été un peu loin dans la maitrise de l'horreur en me servant d'une vraie hache, bilan : 2 décapitations ( merde, il fait aussi noir que dans le trou du cul d'un cheval là dedans !!! ), un bras sectionné au niveau du coude ( je tiens à rassurer les parents, le petit va survivre ... ) et 3 crises cardiaques ( j'y peux rien moi si mon déguisement est super réaliste !!! ).
Pour ce métier, il faut avoir gardé une âùe d'enfant, et moi j'ai 57 ans ...
C'est le métier qui doit vouloir ça ...
Voilà, depuis hier, j'ai commencé un nouveau job qui ressemble plus à ce que je sais vraiment faire. Je me suis associé à un ancien taulard afin d'ouvrir un bureau de chasseurs de primes ... Lui, il doit s'occuper de toute la paperasse, c'est un ancien comptable, et moi, je serai l'homme de terrain. Et puis la chasse, c'est déjà plus mon truc à moi, et quand il s'agit d'une chasse à l'homme, je retrouve le goût du sang au fond de ma gorge ...
J'avais perdu ce goût ces derniers temps ... C'est ces métiers qui devaient vouloir ça ...
12 February Serre-tête.31 January Rouge-gorge.57 ans ...
57 ans que j'ai ...
57 ans que j'ai depuis que j'en ai plus 56 ...
57 ans et on me traite comme un gosse ...
57 ans, et pour la première fois de ma vie, je connais une mise à pied de la part de mon employeur, qui n'est personne d'autre que mon patron, le même que j'appelle boss ...
Le même boss qui m'avait conseillé il y a quelques temps de prendre des vacances, pratiquement les premières en 30 ans de carrière dans la police de Chicago. Et puis je rentre de ces vacances au début de cette semaine, reposé, serein, calmé, la tête vidée, d'attaque, prêt à courir derrière les traffiquants de bonbons comme au bon vieux temps de la prohibition des confiseurs, bref, en un mot comme en quarante, revigoré et motivé comme au premier jour.
En arrivant à mon bureau, j'ai su que quelque chose n'allait pas.
Mon bureau était rangé, chose qui ne s'était jamais produite au cours des 30 dernières années ...
Les deux cadres qui trônaient habituellement sur le-dit bureau avaient changé de place, je l'ai su tout de suite, j'étais fan des Mickey énigme quand j'étais môme ...
Tous les regards étaient tournés vers moi. Mes collègues m'observaient. Ils savaient quelque chose, c'était évident... J'avais une tache de sperme au coin des lèvres ? Mes chaussettes n'étaient pas assorties à ma chemise ? J'avais des pellicules ? Non, ça ne pouvait pas être ça, pas à l'heure du numérique ...
Simplement des " Salut Steven, bonnes vacances ? " ou encore " Alors Steven, bien reposé ? ", ou même encore un " Tiens Steven, t'as une drôle de tête !!! On dirait que t'as une tache de sperme aux commissures des lèvres, des chaussettes pas assorties à ta chemise, ou encore que tes épaules sont pleines de pellicules !!! Ah ben non, j'suis con, on est à l'heure du numérique !!! Ah ah ah ah !!".
J'allais répondre à ce con de ...
" STEVEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEN !!!!"
Merde, c'était le boss, et quand il gueulait comme ça, y'avait comme qui dirait, de l'orage dans l'air, une couille dans le potage ou encore une autre expression de votre choix qui voudrait dire à peu près la même chose ...
C'est pas que j'avais les boules, moi, j'ai peur de rien, même pas que le ciel me tombe sur la tête, mais là, ça sentait un mélange de propane et de butane, genre la bouteille pleine dont le robinet ferme mal ...
" STEVEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEN !!!" ( les habitués auront remarqué que le second appel contenait plus de E, ce qui signifie que le boss n'avait que faire de mes pensées de tête, genre "je meuble une histoire dont je ne connais pas la fin" , là, c'était urgent, et j'avais plutôt plus intérêt à me disperser...
Au moment d'entrer dans ce bureau que je connaissais par coeur, je sentis cette odeur de gaz, le robinet fuyait vraiment ...
" Assieds toi Steven, je crois qu'il faut qu'on parle toi et moi !"
Connaissant le boss, j'étais certain que cette conversation allait tourner au monologue uniquement, et que mes seules paroles seraient des "mais", des "ah ben" ou encore des "pourq...", c'était couru d'avance. C'était même trottiné d'avance, voire même marché d'avance ...
" Steven , joue pas la montre avec tes reflexions internes à la mord-moi-le-noeud et assieds toi ! Et écoute bien ce que j'ai à te dire, parce que je ne vais pas te le répéter deux fois, ni même 1.5 fois. Tu sais pourquoi je t'ai convoqué ?"
- " Ah ben ... "
- " Non, tu sais pas encore pourquoi, mais je m'en vais te le dire moi. Tu sais Steven, ça fait longtemps qu'on se connait toi et moi, ça fait longtemps qu'on bosse ensemble toi et moi, ça fait longtemps que je t'apprécie pour le bon boulot que tu as fait et pour les bons et loyaux services que tu as rendu à cette pourriture de ville de Chicago, mais là, tu as dépassé les bornes cette foi Steven !!!"
- " Pourq..."
- " Hier soir, j'étais en train de me tapper un bon steack de cheval avec ma femme, tu sais, celui qu'elle fait avec les salsifis et la mayonnaise, bref, je suis pas là pour te dire qu'on a mangé une salade mexicaine en entrée et une mousse au café en dessert, et je suis pas ici pour te dire que j'ai lâché des vents toute la nuit, parce que moi les salsifis, ça me fout des gaz ... D'ailleurs, j'sais pas si t'as senti en arrivant devant le bureau, mais on dirait un mélange de butane et de propane qui s'échappe d'une bouteille avec un robinet qui fuit ... Bref, je suis pas là pour ça, mais pour te dire que pendant que j'avalais la première bouchée de mon steack, j'ai reçu un coup de fil de Bruce Decouette, le patron de la police des polices des polices des polices ... Autant te dire que le mec qui surveille la police, qui surveille la police, qui surveille la police, qui elle-même surveille la police, quand tu l'as au téléphone, c'est pas pour te souhaiter un bon appétit, mais c'est qu'il y a une couille dans le potage, c'est qu'il y a de l'orage dans l'air ou encore une autre expression de ton choix qui signifierait la même chose ..."
- " Mais ..."
- " Et là, il me dit qu'il a un truc super important à me dire à ton sujet ... Et là, je lui demande si ça peut pas attendre un instant, parce que moi, un steack de cheval froid, ça me tente moyen ... Et là, il me dit que non, ça peut pas attendre ... Alors là, je lui demande s'il est sûr, parce que des salsifis froids, c'est pas excellent non plus ... Et là, il me répond que si je continue à lui casser les couilles, il me fout en retraite dans un pauvre commissariat au fin fond du Maine à trier des papiers et à traiter des affaires de chats perdus et de disparition de vélos ... Et là, je ferme ma gueule et je l'écoute ..."
- " Pourq..."
- " Ferme ta gueule et écoute moi !!!"
- " Mais ..."
- " Et là, il me dit que ses services te surveillaient depuis un moment, suite à des plaintes de tes collègues pour brutalité ou falsification de preuves. Il me dit que tu obtiens toujours de bons résultats, mais pas toujours avec la manière appropriée... Jusque là, rien de grave, mais là où ça se complique pour toi, c'est quand il m'a évoqué l'affaire Harpassé, tu sais le mec que tu as bouclé l'an dernier parce qu'il avait tabassé son chien avec le fer à friser de sa belle mère, et qui par la suite avait fait un carnage en cambriolant une cordonnerie, faisant trois morts, dont le cordonnier, sa femme et le médecin qui était au lit avec elle ... Et apparemment, d'après ses sources, tu aurais merdé lors de son interpellation, parce qu'apparemment, ce Harpassé, c'est une taupe de la police des polices des polices des polices et qu'il aurait été se plaindre auprès de ma blonde, qu'il fait bon, fait bon, fait bon ... Alors Seven, je ne vais pas prendre de gants avec toi, parce que j'ai pas froid aux mains, mais il faut que tu saches qu'ils ont enquêté sur toi et que pas mal d'affaires sont remontées à la surface, je sais pas si tu vois de quoi je veux parler ..."
- " Ah ben ... "
- " Oui, je crois que tu vois de quoi je veux parler, et laisse moi te rafraichir la mémoire... Mais avant de te rafraichir quoique ce soit, tu veux un café ? Parce que moi, j'ai eu une nuit et une digestion difficile à cause de toi, alors je sais pas toi, mais moi j'ai besoin d'un bon café bien serré, aussi serré que le p'tit cul de ta femme dans ce p'tit Jean que tu lui a payé pendant les dernières soldes ... Alors tu veux un café ou pas ?"
- " Ben ..."
- " Bon, tu veux pas de café... SHAROOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON !!! Un café s'il vous plait !!! Et sans sucre, et sans cuillère vu que j'ai pas de sucre à touiller et sans mouche flottant à la surface, et plus vite que ça, j'ai pas que ça à foutre moi ce matin, et puis j'ai eu une nuit difficile !!!"
- " Mais ..."
- " Bon, Steven, je ne vais pas y aller par 4 chemins avec toi, mais par 5 ... Parce que c'est bien sur 5 affaires que la police des polices des polices des polices enquête à ton sujet, et apparemment c'est pas gagné pour toi. Et je te cache pas que la réputation de mon commissariat risquerait de souffrir de tout le bruit que ça fait dans les hautes sphères ... La première chose qu'on te reproche, c'est d'avoir trop serré les menottes de John Doeuf quand tu l'as interpelé en 1995 au Panama, alors qu'il avait volé plus de 150 dollars à un enfant de 6 ans qui vendait de la drogue coupée à la Maïzena au croisement de Street Fighter et de Poker Street ... Tu reconnais les faits ?"
- " Mais ..."
- " Deuxième affaire : tu es soupçonné d'avoir falsifié le rapport balistique dans l'affaire Hacheval, concernant un braquage de banque dans le Mississipi en 1996. Apparemment, le suspect a braqué la banque avec un pistolet à eau, et le jour de son procès, il apparait sur le rapport balistique que ce même suspect était en possession d'un bazooka à missiles thermiques à têtes chercheuses et remplis d'un liquide contenant un virus bactériologique capable de rayer d'un seul coup la moitié des Etats-Unis de la carte. T'as quelque chose à dire là dessus ?"
- " Ben, c'est que ..."
- " Troisième épisode : en 1999, tu arrêtes Depoisson, un français recherché par toutes les polices du monde pour quadruple homicide sur la même personne, sa femme et les triplés qu'elle portait dans ses tripes. Et sur le rapport que tu as rédigé de tes propres mains, je le sais, y'avait plein de fautes de frappe, tu affirmes nettement que lors de la fouille de son appartement, tu n'as trouvé aucune cuisse de grenouille, aucun escargot, aucune bouteille de bon vin de Bourgogne, aucune huitre et aucun béret posé à côté d'une baguette de pain. Le tribunal l'a relaxé, prétextant le manque de preuves comme quoi ce type était bien français. Tu confirmes ? "
- " Non mais ..."
- " Quatrième et avant dernière affaire. Putain SHAROOOOOOOOOOOOOOOOOOOON !!!! Il arrive ce café ? Ou il faut que je prenne un billet pour la Colombie afin de trouver un enfant sous-payé qui voudra bien me le moudre et me le vendre pour une poignée de dollars ??? Me forcez pas à me lever Sharon, sinon vous allez le regretter !!!
Bon, j'suis un peu à cran d'arrêt moi. Reprenons. Ensuite, tu es suspecté de violence sexuelle sur un témoin à charge. Et là, je te cache pas que c'est un peu plus grave que le reste. En 2001, dans un bar appelé "l'Odyssée de laisse passe" du côté de Seattle, un témoin affirme sur la Bible, le Coran et le catalogue du Vert Baudet t'avoir vu en train de harceler une danseuse de cette boite, alors que tu devais juste l'escorter au bureau fédéral pour qu'elle témoigne contre le président du Burkina Fasso pour traffic de fringues de fausses marques pour poupées gonflables ... Ce témoin est formel, il dit t'avoir vu baisser ton caleçon et forcer la fille à réparer un des boutons qui venait de sauter avec une aiguille rouillée et une bobine de fil fushia... Tu trouves quelque chose à redire à ça ?"
- " Mais c'est ..."
- " Dernière affaire, et non la moindre ... En 2003, alors que tu étais en mission dans la jungle birmane à courir après Paulo Miélite, un multi récidiviste de vol d'oeuvres d'art comme des cannevas illustrant des scènes de chasse et des napperons en papier buvard, tu es soupçonné d'avoir volontairement laissé filer le suspect, que l'on cherche toujours à ce jour ... Apparemment, ta version des faits ne convient pas à la police des polices des polices des polices. J'ai ton rapport sous les yeux, je vais te le lire : " le suspect m'a échappé alors que j'étais à quelques centimètres derrière lui, quand j'ai trébuché sur une boule de billard, et si je me souviens bien, c'était le numéro 16. J'ai alors perdu l'équilibre et me suis rattrapé à une branche d'algue qui a cassé sous mon poids, car à l'époque, je ne faisais pas encore de régime. Le suspect avait eu le temps de prendre un taxi pour Tobrouck avec un hot-dog ketchup-mayo à la main, et quand j'ai repris mes esprits, j'étais entouré de guerriers Masaï en habits de danseurs de disco des années 70. J'ai perdu la trace du suspect quand mon téléphone s'est mis à sonner sur un air de samba, c'était lui. Il m'a dit qu'il était désolé de m'avoir grillé à la caisse de l'épicerie fine au coin de Canard Street et qu'un de ses lacets de chaussures venait de rompre à cause de la chaleur. Comme j'avais mon GPS de poche sur moi, j'ai pu le localiser, il était juste derrière moi, caché derrière une lampe de poche à l'effigie de Lady Di. N'écoutant que mon courage, j'ai sorti mon arme et j'ai fait feu sur un enfant qui se rendait à l'école, croyant que cet acte ferait sortir le voleur de sa cachette. Mais il n'en fut rien, et au lieu de celà, il fit demi tour et s'enfuit à cloche-pied les mains dans les poches arrières de sa casquette. Ayant contracté une tendinite aux chevilles suite à une trop forte consommation de pain d'épices, je n'ai pas pu le suivre, et il m'a échappé en se jetant sous les roues d'un hydroglisseur."
Steven, tu t'imagines bien que cette histoire est tirée par les cheveux et que ça ne tient pas debout une seule seconde !!!"
- " Mais ..."
- " Comment un gars de la classe de Paulo Miélite peut-il mélanger du ketchup et de la mayo dans un hot-dog ???"
- " Peut-être que ..."
- " Bon, Steven, je te cache pas que la police des polices des polices des polices m'a forcé la main pour que je te mette une mise à pied en attendant d'éclaircir toutes ces zones d'ombres qui noircissent ce tableau lumineux. Ce n'est pas de gaieté de coeur que je fais ça Steven, ni même de gaieté de foie ou même de gaieté de pancréas, mais je dois te demander ta plaque ainsi que ton arme, ainsi que les clefs de ton vestiaire, ainsi que ton after-shave, ainsi que la recette de ta grand mère du gâteau aux maquereaux, ainsi que le numéro de la danseuse que tu as violentée, ainsi soit-il ... Courage Steven, je te tiens au courant ..."
- " Mais ..."
- " Au revoir Steven. SHAROOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON !!!!!!!!!!!!!"
Voilà où j'en suis aujourd'hui ... En repos forcé.
Je sais pas si c'est encore de mon âge tout ça. Je songe réellement à la retraite.
Le point positif, c'est que je vais avoir du temps à consacrer à ma nouvelle passion, la réparation de mes boutons de caleçons ...
24 January Quinquennat.Pour celles et ceux qui s'inquiétaient de ma longue absence et de ma non-présence depuis les fêtes, j'ai deux choses à dire.
La première : le commissaire m'a donné quelques jours de vacances après ma dernière mission en Géorgie ( mission que je vous conterai très prochainement ), jours de vacances pendant lesquels je me suis beaucoup reposé, et surtout pendant lesquels je n'ai pas fait grand chose d'autre que de prendre du repos ...
La deuxième : pendant que je ne faisais rien, jai été contacté par le Prince du Goûter afin de faire partie de son aventure présidentielle. En effet, ce brave homme dont je suis plus proche qu'on ne pourrait le croire si on ne savait pas qui il est vraiment et quelle est sa véritable identité pour tous ceux qui ne savent pas vraiment qui il est, et vice-versa, m'a confié une mission de la plus haute importance en me nommant ministre de l'intérieur de son futur gouvernement virtuel au cas où il est élu... Y'a du boulot ! Au passage, allez lui accorder votre soutien en cliquant ici : http://ouinouintom8.spaces.live.com
Ma mission, si je l'accepte, est de présenter un programme à mon futur président, concernant le ministère de l'intérieur. Allez savoir pourquoi il m'a confié ce poste, moi qui ait bossé pendant plus de trente ans dans la police !!!
Alors très cher président, voici mon programme concernant l'intérieur.
Ce programme se divise en plusieurs points, je ne peux pas vous dire exactement le nombre, puisque j'improvise au fur et au moulin.
Première partie. J'ai décidé d'appeler cette partie ainsi parce qu'elle arrive en premier, la logique faisant le reste. Je ne vous cache pas que si je vous l'avais énoncée en second, son nom aurait été différent. Bref, je gagne du temps et ça va finir par se remarquer.
Ma première partie concerne la décoration intérieure. Pour la modeste somme de quelques euros ( si vous êtes dans la zone Europe) ou de quelques dollars de plus ( si vous êtes dans un pays dont la monnaie est le dollar, ce qui ne vous concerne pas, puisque mon programme concerne la République française, à moins que d'ici là, la France ne soit rachetée par un pays dont la monnaie est le dollar, chose peu probable à moins qu'elle n'arrive par derrière, auquel cas, je ne réponds de rien ...), vous pourrez acquérir les services d'un gars un peu efféminé qui vous refera votre décoration intérieure. Après, libre à vous de choisir un gars efféminé qui a du goût, car tant va la cruche à l'eau que deux tu l'auras ... A noter, que je n'ai rien du tout contre les gars à l'allure un peu efféminée, puisque je suis un grand consommateur de viande chevaline ...
Un nouveau gouvernement implique une nouvelle vie, une nouvelle vie implique un nouveau cadre de vie, un nouveau cadre de vie implique une nouvelle décoration intérieure, une nouvelle décoration intérieure implique un budget, un budget implique une aide de l'état, et c'est là que j'interviens : je viens poser le papier-peint en personne ...
Deuxième partie : j'ai longtemps hésité à la baptiser autrement, mais comme elle venait en deuxième, ce nom s'est imposé naturellement ...
Cette seconde partie ( oui, on peut aléatoirement parler de seconde partie, seconde étant un synonyme de deuxième ) parle d'un matériau en voie d'extinction : le cuir.
Je compte travailler sur ce point avec le ministère des transports afin de créer un sous ministère à mon ministère : le ministère de l'intérieur cuir. Ma mission, sur ce point sera d'une simplicité déconcertante : équiper tous les véhicules de sièges en cuir, avant tout pour une question de confort, mais également pour relancer le commerce de la vache et du boeuf, qui s'essoufle nettement face à la forte hausse de la consommation de la viande chevaline en France et à l'échelon européen ...
Ainsi, toutes les automobiles ( plus communément appelées voitures ), les bicyclettes ( plus communément appelées vélos) , les motocyclettes ( plus communément appelées motos ), les aéroplanes ( plus communément appelés avions ), les trains ( plus communément appelés trucs qui n'arrivent jamais à l'heure ) et les skate board ( ok, c'est bon ... ) seront équipés d'intérieur cuir, sauf si vous préférez le velours cottelé de couleur merdique ...
Troisième partie : cette partie sera la dernière, j'aurais ainsi pu la nommer dernière partie, mais ça impliquait un manque évident de suspens et la tristesse vous aurait envahi ( vous vous seriez dit : "oh non, c'est déjà la fin, diantre, fichtre, mince, flûte, c'est déjà la fin !!!" ).
Donc, cette dernière partie concerne les buveurs de thé.
Pourquoi ? me direz vous.
Parce que. Que je vous réponds.
N'avez vous jamais remarqué que tous les buveurs de thé sont des gens tristes ? Vous connaissez de buveurs de thé qui sont de grands déconneurs ? Et d'ailleurs, même si vous en connaissez, je vous interdis de me le dire, ça n'aurait rien à voir avec ce que je veux vous dire ! Merde, c'est qui le ministre ici ???
J'ai donc pour ambition de supprimer tous les thés du marché pour n'en implanter qu'un seul, un thé issu de mes laboratoires secrets dans le Kentucky, un thé dont moi seul et quelques personnes, dont ma mère-grand, ont le secret. Un thé qui redonne le sourire et qui ne dénote pas du ministère dont j'ai la charge, je l'ai nommé : un thé rieur ... Un thé à base de trucs pas très légaux,mais on s'en fout puisque j'aurai l'appui du président du goûter ... Le ministère d'un thé rieur, ça le fait non ?
Je vous ai donc énoncé le programme du ministère de l'intérieur si le Prince du Goûter est élu, et il le sera forcément ( Prince du Goûter et LU ... ).
En attendant, vive la France, vive la République et vive Duteil !!!
Bon, c'est pas le tout, j'ai des traffiquants de drogue colombiens, des putes slovaques et des hommes d'affaires Russes véreux à coffrer moi ...
07 December Palourde.Bon ça va j'arrive !!!
C'est quoi cette foule en délire qui réclame mon retour ?
Vous croyez que je m'amuse à poursuivre toute la journée toute la vermine de Chicago ?
Vous croyez que je me prélasse en attendant d'avoir quelque chose à faire ?
Vous croyez que je glande derrière mon bureau au commissariat central de Quality Street ?
Vous croyez que je devrais me faire teindre les cheveux pour cacher ceux qui deviennent blancs ?
Vous croyez au Pére Noël ?
Vous allez peut-être vous payer ma tête, mais sous mes allures de gros dur, j'ai longtemps cru au Père Noêl.
Aujourd'hui, je ne vais pas vous conter une de mes aventures rocambolesques à base de poursuite en voiture et de fusillades, ni même comment j'ai été malade la semaine dernière en dégustant un steack de cheval pas frais chez le boss.
Non, aujourd'hui, je vais vous narrer le jour où j'ai cessé de croire au Père Noël. Premièrement, parce que la période est propice à ce genre de conte, et deuxièmement parce qu'ici, c'est moi le patron, et que je dis ce que je veux. Troisièmement, rien... Mais j'aurais bien aimé vous mettre un troisièmement ... Et ne cherchez pas de quatrièmement, parce que si j'ai pas été foutu de vous pondre un troisièmement, c'est pas pour faire tomber un quatrièmement du ciel ! Alors, je ne vous parle même pas du cinquièmement ... Et le mistral gagnant ...
J'ai l'image de quelqu'un de dur.
J'ai parfois l'image d'une personne prétentieuse et un peu trop sûre d'elle. Tiens, ça me fait penser que j'aurais pu mettre cette dernière phrase au masculin, du genre : j'ai parfois l'image d'un homme prétentieux et un peu trop sur de lui... Oui, en effet, ça rend mieux ..
Mais ce masque qui me colle au visage, je me l'impose. Je ne peux pas me permettre de paraitre faible dans le métier que j'exerce, c'est une façade, un mur derrière lequel je me cache au risque de me prendre quelques gravats sur le crâne ... Vous avez vu un peu la métaphore du mur et des gravats ? Quoi ? C'est nul ?
J'ai aujourd'hui près de 57 ans.
Un âge où pas mal de gens pensent à mettre de côté pour leur prochaine retraite, un âge où le passé est forcément plus lourd que le futur, un âge de pierre, un âge où on se retourne plus volontiers sur ses exploits que sur ses échecs, même s'ils sont mats ...
Oui, aujourd'hui, j'ai près de 57 ans, et je ne crois plus au Père Noël depuis l'an dernier... Il parait que ça fait de moi l'homme le plus âgé à croire au vieux barbu, et que je suis entré l'été dernier au Guiness des records, moi qui y figurait déjà, mais au chapitre du plus gros buveur de Guiness, un record ! Surtout quand on sait que cette foutue bière irlandaise est la chose la plus infecte au monde, juste après ce putain de steack de cheval avarié de la semaine dernière ...
Oui, pendant toutes ces années, j'ai cru, comme la plupart des enfants du monde au Père Noël, à ce vieux monsieur que tous les enfants du monde connaissent, du moins de réputation ... Celui qu'on nomme dans certains pays le père Fouettard, le père Hoquet, ou encore le père Faikto, le père Hidural, ou même le père Pignan. Bref, quel que soit le nom qu'on lui donne, il est assimilé à celui qui procure du plaisir à la fin décembre.
Quoiqu'il n'y a pas que lui qui procure du plaisir fin décembre, je me souviens d'un réveillon arrosé chez un collègue avec une pute hongroise... Mais ce n'est pas le sujet...
Comme je vous le disais quelques lignes plus haut, j'ai cessé de croire au Père Noël l'an dernier.
J'ai toujours été préservépar rapport à cette croyance par tous mes proches. Je sais que ça doit vous étonner, mais chaque année, à l'arbre de Noël du commissariat, je n'ai jamais réalisé que le boss n'était jamais présent, et j'ai encore moins réalisé que le vieux bonhomme en rouge avait les mêmes mocassins en daim verts que ce même boss... Ben quoi, ça aurait pu être une coïncidence ... J'en ai déjà vu des daims verts à Verdun !
Même étant enfant, mes parents faisaient tout pour que mes croyances restent intactes, entre deux râclées ...
Je n'ai su que l'an dernier, par un manuscrit retrouvé dans un vieux coffre en cèdre de chez Ikea, écrit des mains de ma mère ( le manuscrit, pas le coffre ...), que c'était mon père qui faisait le père Noël tous les 25 décembre... Je comprends aujourd'hui pourquoi j'ai toujours cru que ce vieux bougre était un ivrogne, et qu'il était la plupart du temps étalé devant la porte, les cadeaux sur la tronche, et la tronche dans une flaque de gerbe...
Je suis maintenant rassuré, ce n'était que mon père. Le bonhomme rouge n'est donc pas forcément un alcolo notoire ... Et puis un père Noël qui vous fiche une râclée en vous balançant les cadeaux à la gueule en vous disant que vous n'êtes qu'un fils de chien, le tout avec une haleine de hyène empaillée, ça aurait du me mettre la puce à l'oreille ...
Même à mon adolescence j'ai du faire face aux railleries de mes camarades de classe. A la fac, on m'a même proposé de faire le père Noël lors d'une soirée de veille de vacances de fin d'année civile. Chose que j'ai catégoriquement refusée, de peur de ne pas être présent quand le "vrai" arriverait... Je comprends aujourd'hui tous ces sobriquets dont on m'a affublé : petite poupée Noël, Mister Laponie and Clyde, Pipiculotte ( ça n'a rien à voir, mais à l'époque, j'avais de gros problèmes de prostate ...), et je vous en passe et des meilleures ...
Ma première vraie alerte s'est produite lors de ma première année à l'école de police.
J'étais encore à la circulation, comme la plupart des nouvelle recrues, le jour où il y a eu ce carambolage monstrueux au carrefour de la 8 ième et de Street Tease. Un poids lours transportant de l'essence a soudainement perdu le contrôle, fauchant au passage une centaine de manifestantes féministes qui défilaient devant le siège des LDC ( Laveurs De Carreaux ) en demandant que soit révisée la dénomination de ce corps de métier, et transformé en LLDCOALDDE ( Les Laveuses De Carreaux Ont Aussi Le Droit D'Exister ). Et pourquoi pas une femme à la présidence de la république pendant qu'on y est ?...
Plusieurs voitures vinrent s'emboutir sous la carcasse en flamme du camion. Un vrai carnage.
J'avais à peine 3 mois d'uniforme dans les pattes, et apparemment j'étais le seul représentant de l'ordre dans le quartier. J'ai bien pensé appeler des renforts au Central, mais les piles de ma radio venaient de me lâcher... Ces putains de piles salines venaient de me lâcher !!! Ce jour là, j'ai au moins appris une chose d'une réelle importance : les piles salines, c'est vraiment de la merde, depuis, j'ai toujours pris de bonnes vieilles alcalines, y'a pas à chier, elles durent quand même bien plus longtemps ...
En quelques secondes, la panique m'avait envahi ... J'étais pétrifié sur place, incapable d'exécuter le moindre mouvement, comme si le monde s'était arrêté autour de moi. Les 3 volets de Matrix n'étaient pas encore tournés à l'époque, mais j'étais comme Néo devant cette balle qui file sur lui, j'avais l'impression que tout se déroulait au ralenti autour de moi, mais sans être capable d'esquisser ne serait-ce qu'une grimace à ce petit con qui me tirait la langue du haut de son balcon infesté de géraniums...
Les voitures venaient s'entasser sous cette citerne en feu, qui menaçait d'exploser à chaque instant.
Un bruit de tôle froissée insoutenable, un bruit d'os brisés insupportable, une sonnerie à la con sur mon portable, des sons qui allaient me hanter pendant de longs mois, et moi qui ne bougeait pas. J'étais spectateur d'un spectaculaire spectacle, une sorte de spectre hantant les lieux n'ayant aucun moyen d'intervenir réellement dans cette réalité bien réelle ...
C'est le cri d'un automobiliste coincé dans ce qui restait de sa Jaguar qui me tira de cette torpeur dans laquelle j'étais en train de plonger : " Dis, toi espèce de trou du cul !!! Tu attends l'arrivée du Père Noël pour intervenir ???"
Cette phrase résonne encore dans ma tête, et à ce jour, je me demande encore comment j'ai pu laisser passer un tel indice... Ce jour, j'aurais du faire le rapprochement entre cet homme au visage brûlé et aux membres déchiquetés et disséminés au quatre coins de la rue et la possible non-existence du gars qui pose les cadeaux sous le sapin, j'aurais dû... Et si j'avais réagi à ce moment là, ça m'aurait évié de tomber de si haut l'année dernière ...
Oui, car c'est bel et bien l'année dernière où j'ai définitivement arrêté de croire au Père Noël...
Je rentrais d'une mission en Moldavie Orientale. J'allais deguster un repos bien mérité après 3 semaines bien pourries dans un pays de l'Est bien pourri. Je me souviens que j'étais en train de jeter mon sac sur le canapé, sans voir que Bobby ( mon St Bernard ) était mort depuis déjà près de 5 mois. J'allais prendre une douche bien chaude, (3 semaines sans même une goutte d'eau tiède ça pousse pas à avoir une hygiène parfaite...) quand le téléphone pleura... C'était Cyril, mon neveu ( private vanne ...) qui m'invitait au repas de Noël qu'il organisait le soir même.
Et merde ! Je venais de me tapper 12 heures d'avion dans un coucou des années 40, et voilà qu'il fallait que je me rende chez ce couillon de neveu français, le fils que mon couillon de frère avait eu avec une couillonne de française lors de ces vacances à Vesoul au début des années 80... Je ne sais toujours pas comment je me suis débrouillé, mais deux heures plus tard, je me retrouvai à table avec une bonne partie de ma famille que je ne connaissais pas, ou plutôt que je n'avais jamais voulu connaitre...
Je vous passe les détails sur les souvenirs de famille ( tu te souviens que Steven avait fait pipi dans sa culotte le jour de ses 16 ans, trop ému par la bise de sa p'tite copine Cindy de l'époque ? ), je vous passe également les discours sur la politique internationale de George W. Bush ( Putain, ce con, il a qu'à y'aller lui tuer ces fumiers d'Irakiens, pourquoi ce sont nos fils qui se font tuer là bas pendant qu'il bouffe ses bretzels !!!), je vous passe aussi le dernier bulletin du p'tit dernier qu'est atteint de la progéria ( Tu vois Kévin, si tu ne fais pas d'effort en sport à l'école, tu ne seras jamais aussi fort que tonton Steven !), et surtout je vous passe tout le reste... A vrai dire, je n'ai pas vraiment de souvenir de ce repas, je me suis revu comme ce jour où j'ai assisté au carambolage : un simple spectateur épuisé et dépassé par tout ce qui se trame autour de lui ...
Mon réveil, par contre, fut brutal ...
Nous étions au dessert.
Il était près de 23h56 à ma montre que je ne portais pas ... C'est juste l'heure que je lisais sur celle de ma voisine de droite, qui était censée être une tante éloignée du côté d'un oncle à ma mère qui était voisin avec le gars qui tenait la boucherie chevaline de Street Poker, bref, une vieille inconnue avec une vieille montre à son vieux poignet frippé ...
23h56 !... Dans quatre minutes, le Père Noël allait passer. J'étais excité comme une puce, même si je savais au fond de moi que je n'aurais rien, car comme tous les ans, j'avais encore oublié de faire ma lettre... Pas moyen de trouver une poste en Moldavie, et le pigeon que j'avais envoyé de là-bas me paraissait en mauvaise santé, il n'avait sûrement pas pu traverser l'Atlantique ... Tant pis, j'étais résolu à passer encore un Noël sans cadeau, Kimberley ne m'en faisant plus depuis des années... Mais le bonheur des autres suffisait au mien... Dans maintenant deux minutes, je me réjouirais des rires des enfants et de la simple vision du Père en rouge ... Peu de choses suffisaient à mon bonheur, surtout dans l'état de fatigue dans lequel je me trouvais, fatigue due au décalage horaire, mais surtout à la bouteille de mauvais whisky bue à l'apéro ...
Minuit !
Les lumières se sont éteintes.
Tout s'est passé très vite. De brefs éclairs, un silence pesant, un homme en rouge entrant dans la pièce, une barbe grise pendant du menton de cet homme en rouge, des cadeaux par dizaines, des cris d'enfants, des rires d'adultes, des applaudissements, et merde, je viens de me dégueuler dessus ...
Puis le trou noir.
Plus de gros bonhomme en rouge avec des Rangers aux pieds, plus de barbe grisâtre avec des bouts de bûche de Noël qui pendent du menton, plus de cadeaux par demi-douzaines, plus de cris de ces sales mômes mal élevés, plus d'applaudissements de toutes ces mains pleines d'arthrite... Par contre, toujours cette gerbe...
Cette bonne vieille gerbe qui orne tout le devant de ma veste et environ 97 % de mon pantalon ...
Putain de saleté de mauvais whisky ...
C'est Franklin qui m'a réveillé. On n'attendait plus que moi pour ouvrir les cadeaux.
Franklin, encore un cousin de la tante du gars qui met les crottes en chocolat en sachet, par alliance avec la vieille bique qui me servait de voisine de droite, bref, un gars que je n'avais jamais vu, mais qui avait l'air de me connaitre par coeur, lui. Franklin était un bon rouquin d'irlandais, plutôt élancé, une carrure de présidentiable...
Franklin, roux, svelte. Ca me disait quelque chose ... ( celle là, j'en suis pas peu fier ...)
Mon retour dans le salon fut digne de la visite du pape Jean Paul II en Pologne...
C'est tout juste si on n'avait pas convoqué la garde nationale ...
" Ahhhhhhhhhhh !!! Steven, nous n'attendions plus que toi pour ouvrir les cadeaux ! Les petits commençaient à s'impatienter !! "
Ben oui, apparemment c'est une tradition dans cette famille, on n'ouvre pas les cadeaux en douce dans les toilettes... On ouvre chacun son tour et tout le monde commente, et y va de sa petite blague souvent pas drôle du tout, mais alors du tout...
Pendant que tous les gosses pressés s'empressaient d'ouvrir leurs paquets, j'attendai mon tour patiemment et avec une grande patience, avec cet air des Guns N' Roses qui me trottait dans la tête ...
Mais au fond de moi, j'étais aussi excité qu'eux... Je n'avais pas fait de lettre au vieux bonhomme, mais j'avais tout de même des paquets, je les voyais là bas, au pied du sapin en plastique un peu dépouillé ... 3 paquets où figurait mon prénom ...
Je parcourus la pièce des yeux. Non, j'étais bel et bien le seul Steven de cette pièce, ces paquets me revenaient donc de droit ! Allez les mioches magnez vous le fion, j'ai pas que ça à foutre moi, faut que j'ouvre mes cadeaux !!! Oui, c'est bien ça que je me suis dit dans l'excitation du moment... Je crois même que j'aurais pu tuer si j'y avais été contraint ...
Je n'eu pas à aller jusque là. Mon tour arriva enfin ...
Un mauvais tour.
Un pull en grosse maille vert tricoté par ma voisine de droite ( "ça va vous changer de vos costumes et imperméables en cuir que vous portez tous les jours Steven !" ), une bouteille de ce mauvais whisky bu à l'apéro offert par Cyril ( " Ben oui Steven, je t'ai beaucoup servi de ce bon whisky à l'apéro pour voir si tu l'appréciais, et apparemment oui !" ) et un bouquin de photos sur la Moldavie plus tard, et mes croyances s'effondraient ...
Le Père Noël n'existait pas, il n'aurait jamais permis de pareilles choses ...
Et il fallait à tout prix que je retrouve ce pigeon ...
26 October Ostreiculture.Ca fait du bien de rentrer chez soi !
Je vois que j'ai manqué à au moins une personne, ça fait plaisir de se sentir apprécié de la sorte, ça réchauffe le coeur, ça met un peu de gaieté entre le réfrigérateur et l'étagère à épices, ça met du soleil quand on joue à cache-cache sous la couette, ça illumine l'abattant des toilettes de mille feux...
Enfin bref, je vais quand même coucher sur cette feuille virtuelle ma toute dernière aventure aventureuse, et ça c'est une sacrée aventure qui vient de m'arriver !
Je rentre de près d'un mois d'une mission top-secrète au Guatemala, où je devais capturer un fanatique religieux du nom de Gouatte. Le boss ne m'avait pas dit exactement à quelle religion il appartenait, mais je crois qu'il était musulman. Ben oui, on m'a dit que Gouatte aime Allah ....
Bref, cette mauvaise vanne étant faite, je m'en vais vous conter cet épisode de ma vie, qui a failli mal se terminer ...
Il y a de ça un mois, alors que je sirotais une grenadine verveine au bord d'une piscine gonflable dégonflée, mon téléphone non-portable sonna. Comme il n'était pas portable, je le fis rouler jusqu'à moi. Mais comme il n'avait pas de roulettes, il ne roula pas, mais creusa un sillon d'environ 15 cm de profondeur dans la dalle en béton que j'avais coulée l'été dernier, et qui n'avait toujours pas séchée... Il me vint à l'esprit que je n'aurais jamais dû faire cette dalle en argile argileuse. Mais le sujet initial est ailleurs ( comme la vérité ), autrepart, pas là du tout, à mille lieu de ce que je vous raconte actuellement, bref, on s'égare.
Quand je décrochai, il n'y avait personne au bout du fil, même après m'être levé et avoir inspecté la prise pendant de longues heures, j'eus la confirmation précise qu'il n'y avait personne au bout du fil. Mais cette inspection me fit prendre conscience d'une chose : le téléphone n'était pas branché.
Mulder avait donc raison : nous n'étions pas seul sur Terre ! Comment ce téléphone pouvait-il sonner sans être branché ? Hein ? Comment ???
Cette question hanta ma nuit jusqu'à au moins 19h30 quand je m'écriai : " Damned ! Sacrebleu ! Bon sang, mais c'est bien sûr ! Eurêka ! Diantre de sacripan que je fais ! Mais suis-je gourde parfois ! "
En effet, ce que j'avais pris pour le téléphone importable était en fait une cuillère à spaghetti ! A faire des trucs qui ressemblent à d'autres, les ingénieurs en design devaient s'y attendre : bientôt, on prendrait des vessies pour des lanternes !
C'est à 20h15 très précise que le téléphone pleura pour la seconde fois.
Au bout du fil, je reconnus immédiatement la voix du boss qui m'hurla dans les oreilles au point de faire s'entrechoquer le marteau et l'enclume dans un vacarme étourdissant : " Ecoute ! Maman est prêt de toi, il faut lui dire maman, y'a quelqu'un pour toi !"
Moi, interloqué : " Euh .... Chef, vous êtes bien sûr de ne pas avoir fait un mauvais numéro ? "
- " Dis lui je t'en prie, dis lui c'est important, et qu'il attend !"
- " Euh .... Chef ! Vous y êtes allés vous à l'hôtel Beau-Rivage ?"
- " Qu'est ce que tu me racontes Steven ? T'as vraiment besoin de repos toi !!! Tu te fais sacrément vieux ! J'allais te confier une mission de la plus haute importance, mais je vois que tu as l'air d'être encore un peu dans le coma... T'as encore mangé une boite de corned-beef dans sa gelée toi !!! Tu sais bien que ça ne te réussi pas !!! Bon, je t'appelais pas pour ça, on est dans une sacrée merde Steven ! Le FBI vient de m'appeler et ils te veulent sur cette mission. Et cette mission, si tu l'acceptes, consiste à capturer le grand chef Gouatte, un terroriste alsacien, avant qu'il ne cambriole toute une série d'enseignes de boucheries chevalines dans le sud du comté de Oneagainpeoplemachineontheskyisblueandwhereisbrianheisinthekitchen, au Guatemala. Autant te dire qu'il est inutile de te préciser qu'il faut que tu saches tout en étant bien conscient que ça ne sera pas facile, en admettant que tu acceptes cette périlleuse mission, qu'il y a de grandes chances que tu échoues si tu ne réussis pas. C'est clair pour toi Steven ? C'est dangereux, ils ont tout de suite pensé à toi, mais la dernière fois que tu as bossé pour eux, c'était il y a 20 ans quand tu es allé chercher le petit chat du patron du FBI dans un arbre derrière la bibliothèque rose... Ca remonte pas mal, et je ne sais pas si tu as la santé pour assumer une mission de cette envergure internationale ! Qu'est ce que tu en penses Steven ?"
Putain ... J'en peux plus des phrases à rallonge du boss. Je comprends toujours plus ou moins le début et les trois derniers mots, mais je suis toujours incapable de comprendre le sujet principal de sa conversation.
Je dis oui à tout hasard, en ne sachant pas vraiment où je mettais les pieds ... Pour l'instant, ils étaient bien dans mes sandales en plastique ...
48 heures après, je me trouvai parachuté dans la jungle guatémaltèque, une jungle aussi bordélique que le nom est chiant à prononcer.
24 heures après les 48 heures précédentes, je me trouvai rapatrié à Ciudad, la capitale du Guatémala, fondée en 1773, sous perfusion, entre la vie et son contraire...
Le parachutage se passa bien. Même si je n'avais pas fait de saut depuis ma chute du balcon de ma tante Cynthia, le jour de mes 8 ans ... C'est l'aterrissage qui posa plus de problèmes... Après une bonne minute de chute libre, je me retrouvai le visage en sang dans un sapin à écorce marron ( comme la plupart des sapins d'ailleurs ...). Si j'avais écouté l'instructeur, au lieu de me gratter les oreilles, j'aurais peut-être entendu qu'il fallait tirer la poignée jaune et non la rouge, qui était en réalité la ficelle de mon caleçon ...
Je ne sais pas combien de temps je suis resté inconscient de tout ce qui se passait autour de moi, mais ce dont je suis sûr, c'est que j'étais bien conscient de cette putain d'araignée qui me courait sur le visage !!! Moi qui ai horreur des reptiles !!!
M'en foutais sur le coup, puisque les araignées ne sont pas des reptiles ! Je la poussai donc d'un revers de la main, même si un bon coup droit fut plus approprié .
Après de longs instants à me débattre et à me battre avec tous ces fils emmêlés dans les branches, je fis l'inventaire de mes blessures. Le nez cassé, ainsi qu'au moins trois doigts de la main droite, un genou en compote et mes bottines Prada complètement bousillées !!! Purée ! ça faisait à peine 15 jours que j'avais passé une paie là dedans !!!
Losque je fus enfin à terre, ce fut pour me retrouver par terre. J'avais oublié dans mon inventaire une double fracture du tibia. Moyen moyen pour traquer de dangereux terroristes savoyards...
J'étais allongé là. Comme un con. A ne pas pouvoir bouger. A attendre qu'on vienne me chercher à 10 km de là. Et ceci dans moins de 4 heures. On met combien de temps à faire 10 km quand on est complètement hors service ? L'avenir me l'a appris ... Un peu comme ma maitresse de primaire m'a appris à ne pas taper sur mes camarades de classe avec les branches qui trainaient dans la cour en automne ...
Dans ma malchance, j'eus de la chance. Mon parachutage m'avait amené à quelques centaines de mètres du camp de base de Gouatte. Le temps de sortir mon fusil à lunette de son étui en cuir 100 % pure vachette à 55 euros, et j'étais en place. Prêt à faire feu sur celui qui allait changer la face du monde. Ou du moins la face du commerce de viande chevaline. Je me demande quand même toujours si le FBI ne m'a pas mené en bateau. Est ce qu'on envoie un soldat de ma trempe dans la jungle sud américaine pour un simple cambrioleur de viande hippique ? N'y aurait-il pas autre chose de plus grave derrière tout ceci ? Et si notre homme était le plus grand pilleur de poulailler ?
J'étais en place.
Prêt à faire un carnage sur cet homme, qui qu'il soit.
Un mouvement.
Je le reconnais d'après les photos. La poisse m'a abandonné, même si les douleurs insoutenables parcourent mon corps. Il a exactement le même visage que sur les clichés que je porte sur moi... Enfin, que je portais sur moi, avant que la poche de mon treillis Gucci ne rende l'âme et laisse ainsi échapper les seules preuves que je ne me trompe pas ... Tant pis, je crois bien que c'est lui, d'après mes souvenirs alzheimériens, je crois bien que c'est lui.
Je retiens mon souffle, qui était déjà coupé.
Je l'aligne dans mon viseur.
Il est immobile. Il fume un cigare cubain. Je les reconnaitrais entre mille. Deux mille, je dis pas, mais mille, je pourrais ...
Il est immobile.
Mon doigt blessé tremble sur la gâchette.
Je retiens ma respiration, je ferme les yeux.
La détonation fut assourdissante.
J'avais raté ma cible. A moins que ma cible ne fut ........ mon oreille gauche ...
La balle est passée à quelques millimètres de l'oreille de Gouatte, a ricoché sur le cadre de la bicyclette pendue derrière lui, s'est élevée dans les airs en tuant au passage un pélican. La munition est ressortie par le bec du volatile en direction du camp, a rebondi sur le pare-choc de la Jeep du terroriste, avant de filer dans la cabane et prendre la direction de la poêle où réchauffaient des cuisses de grenouilles à la provençale. La balle fit le tour de la poêle, ressortit par la fenêtre des toilettes avant de se diriger à nouveau dans ma direction.
Je n'eus pas le temps de faire le moindre geste, obsédé par la trajectoire bizarre de la balle.
Puis ce fut l'impact.
Puis le noir.
J'ai froid. Je ne vois plus rien.
Je suis probablement mort, ou même pire : je suis décédé !
24 heures plus tard, j'ouvris les yeux sur une belle infirmière sud américaine. J'appris par la suite qu'elle était née à Lausane.
J'avais raté ma cible, mais j'étais encore en vie.
Ma convalescence fut longue. Le boss vint me rendre une seule et unique visite, pour m'apprendre que Gouatte était mort. Brulé par une casserole bouillante de cuisses de grenouilles et un bec de pélican planté dans le crâne et une roue de bicyclette autour du ventre. Le FBI ne s'expliquait pas cette étrange mort, mais me félicitait pour le service rendu.
Après une phrase de 16 minutes, le patron quitta la chambre, direction Chicago, où il m'attendait dans 3 semaines. 3 semaines de vacances !!! Le pied !! J'allai pouvoir enfin faire connaissance avec cette petite infirmière guatémaltèque ...
Ca fait du bien de rentrer chez soi ...
25 September Nandrolone.Ouaaaaahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh !!!
Bon sang que ça fait du bien de dormir !
Je suis tellement épuisé que je n'arrive même pas à ouvrir les yeux.
J'ai pas vraiment de souvenir de ce que j'ai fait hier soir, mais j'ai un sacré mal de tête. Je n'ai pourtant rien bu, à peine les 3/4 d'un mauvais bourbon, d'habitude, je peux encaisser bien plus, je ne comprends pas ...
Bon là, mes yeux sont ouverts et je ne vois toujours rien, mais alors rien de rien... Il fait aussi noir que dans le trou du cul d'un opossum, et Dieu seul sait à quel point on fait pas plus noir que le trou du cul d'un opossum ...
Et merde, sur quoi je suis allongé là ? On dirait des outils, ça me rentre dans la couenne, j'ai connu des heures plus agréables ... Allez, je vais essayer de me mettre deb....... Aie !!!!!!!!! P...... de b...... de C.......... à c......... !!!!!
Et merde ! je viens de m'exploser le crâne !!!!
Bon allez Steven, calme toi, fais preuve de sang froid, même si tu es un flic au sang chaud. Souffle un bon coup et analyse la situation....
Je suis bel et bien éveillé. Je ne suis pas ivre mort, j'ai bien une barre sur le front, mais ça doit être le stress ( mon médecin me met tous les maux du monde sur le dos du stress, alors si je suis coincé ici, c'est sûrement à cause du stress...). Apparemment, je suis enfermé dans une boite ou un placard à peine plus grand et à peine plus large que moi, autrement dit, un ours polaire ne tiendrait pas ici ... Quoique... Si c'est un bébé ours polaire, faut voir ... Mais diantre comment ai-je pu attérir dans un merdier pareil ?
Allez Steven, calme toi, rassemble tes esprits ( êtes-vous là ?) et refais le chemin à l'envers ( c'est Dave un pote à moi qui m'a donné le conseil afin de revivre le temps du bonheur à l'ombre d'une fille en fleur ...) afin de te rappeler du début du départ du commencement...
La dernière chose dont je me rappelle, c'est .... Ben c'est ... Enfin, bon sang ! La dernière chose dont je me souviens, c'est .... Ben non quand même !!!! Ben si ... C'est le jour de mon anniversaire, pour mes 8 ans ... J'ai vraiment de gros problèmes de mémoire moi, va vraiment fazlloir que je consulte un mémoirologue, parce que je suis vraiment en train de devenir mémoirophobe ... Ben j'ai beau cherché, je ne me souviens de rien d'autre...
En même temps, le jour de mes 8 ans fut un jour merveilleux qui restera à jamais gravé dans mon esprit ( es-tu là ? Ok, j'arrête ...), c'est le seul jour où toute la famille était réunie et où tout le monde avait l'air heureux... Enfin bon, ça c'était juste avant le dessert et juste avant que papa ne frappe maman au visage avec le couteau électrique pour découper la viande et qu'il ne tire et ne blesse grièvement mon oncle Sam en visant Mamie Molette qui l'avait traité de bon à rien et de lopette ... Ah oui, c'était bien avant le dessert ! Ce dessert fut un tournant dans la famille, bizarrement, plus rien ne fut comme avant... C'est pour ceci que je n'ai plus jamais mangé de roulé aux abricots. Premièrement parce que je déteste ça, deuxièmement parce que ça ne s'est jamais représenté et troisièmement rien, je me disais que ça ferait mieux avec un troisièmement ...
Bref, tout ça ne me dit pas comment j'ai pu attérir ici ...
Parce que j'ai beau être un flic aux méthodes peu star-académiques, je n'en suis pas moins claustrophobe ( en plus d'être mémoirophobe et yorkshirophobe ...). Il fait chaud là dedans, j'ai du mal à respirer... Si je ne sors pas bientôt, je sens que la panique va s'emparer de moi, et moi vivant, la panique ne s'emparera pas de moi. Elle est pas née la nana qui s'emparera de moi ! Ah si, elle est née... Bon alors, elle est pas née la deuxième nana qui s'emparera de moi, foi de morue..... euh foi de Steven !
Récapitulons. Je suis confiné dans un espace clos, sans aucune lumière. Je ne fume plus depuis l'âge de 5 ans, donc je ne suis en possession d'aucun briquet, ni d'aucun allume-gaz, donc pas moyen de voir quoique ce soit. J'ai chaud, j'ai pas de mémoire, j'ai aucune idée d'où je suis, je panique même si je sais bien que ce n'est pas forcément la meilleure des solutions, mais tant pis je panique quand même , parce qu'au fond, vu comment ça se présente, j'ai pas forcément le choix ... J'ai mal à la tête depuis que j'ai essayé de me redresser, je ....
Oh purée !!! Et si j'étais enterré vivant ???
Nan !!! C'est pas possible, je peux me mettre debout.
Oh purée !!! Et si j'étais enterré vivant en position verticale ???
Ca sent bizarre ici. Ca pue le renfermé, l'humidité...
Hééééééééééééééééééééééééééééééé !!! Y'a quelqu'un ?
Quelqu'un m'entend ??? Héééééééééééé !!! Répondez !!! Est ce que quelqu'un m'entend ???
Et merde, allez Steve, ressaisis toi, surtout ne craque pas. C'est forcément un mauvais rêve, y'a forcément une explication plausible à tout ça. Allez Steve, refais le chemin depuis ton dernier souvenir. Euh non, c'est pas une bonne idée, si je me remémore tout depuis mes huit ans, je vais crever de vieillesse avant même d'avoir pensé que je pourrais crever de faim, de soif, de peur, voire même d'ennui ...
C'est pourtant dans ces moments là qu'on est censé revoir défiler sa vie en quelques instants... Mais moi rien. En même temps, je ne demande pas toute la vie, seulement les dernières 24 heures. Si seulement j'avais une télécommande avec une touche Rewind ...
Bon, qui aurait pu m'enfermer dans un truc pareil ? Un ennemi ? Ouais, les amis, ça fait pas ça d'habitude. Donc partons sur l'hypothése d'un ennemi ... Et merde on est mal barré. On est vraiment mal barré. J'suis flic depuis plus de 30 ans, j'suis pas foutu de me rappeler combien de fois je suis allé aux toilettes la semaine dernière, et je dois me rappeler tous les noms de mes ennemis ? Mais merde, j'ai que ça , moi des ennemis !!! J'ai du coffrer plusieurs milliers de salopards en tout genre, dont la plupart étaient innocents ( ne le répétez pas au boss, il croit que je suis infaillible ...), comment je pourrais deviner qui est derrière tout ça ? Hein comment ?
Et si l'explication n'était pas rationnelle ? Et si j'avais été enlevé par des extra terrestres ?
Ils seraient venus pendant mon sommeil, auraient fini mon stock de bières dans le réfrigérateur prévu à cet effet, ils auraient matté les photos cochonnes que j'ai faites avec Kimberley lors de notre nuit de noce, celles où elles ... et merde, ça ne vous regarde pas bande de voyeurs vicelards !!! Ils auraient essayé tous mes costumes en soie de Singapour, essayé mes mocassins Gucci et fait mes noeuds de cravate à l'envers, et comme ils auraient eu encore un peu de temps pour déconner, ils m'auraient enlevé pour faire des études sur la race humaine ... Ils vont me découper !!!!
Mais non, que je suis bête, c'est pas possible cette histoire... J'ai pas de mocassin Gucci ...
Mais alors, c'est peut-être un gang de requins de la pègre de Chicago ... Depuis le temps que je bouleverse tous leurs plans, ils ont voulu se débarasser de moi et m'ont enterré vivants. Oui, c'est ça, je ne vois d'autre explication. Ils veulent me faire payer ma curiosité et mon opiniâtreté... Oh purée, depuis le temps que je rêve de le placer ce mot !!! Je vais peut-être mourir d'une absence de vie d'ici quelques heures, mais au moins j'aurais placé opiniâtreté dans un texte, et ça, ça vaut tout l'or du monde ...
Bon allez Steven, il faut trouver un moyen de sortir de ce trou à rat.
Tiens, c'est quoi ça ? On dirait une poignée ... Merde, ça bouge !!! Y'a une porte, et elle s'ouvre !!!
Ben voilà, je me suis encore endormi dans le placard à balais du commissariat...
Bon sang, faut vraiment que j'arrête les noix de cajou avec le bourbon, ça me fout une de ces migraines...
Mais vous êtes qui vous ?
10 September Mandragore.Je viens de m'apercevoir que ça faisait un p'tit bout de temps que je n'avais point narré l'une de mes anecdotes à tendances aventureuses, rien depuis le début de ce mois de septembre.
Mais à ma décharge ( non, je vis bien dans un appart, ne vous leurrez pas ...), le mois de septembre est un mois que j'affectionne tout particulièrement.
C'est le mois des vents d'anges.
Alors, si vous vous attendiez aujourd'hui à vibrer au rythme de poursuites effrénées en voiture ou autre fusillade, ce billet vous décevra car aujourd'hui, rien de tout ça. Seulement de la mélancolie, de l'amour, un autre regard sur ma vie, sur la vie, mon avis.
En effet, septembre est un mois tout particulier pour mois, car il se postionne bizarrement après Août, le mois du pâté en croûte ( j'adore cette association de mot "pâté en croûte" qui ose les deux accents circonflèxes tout en plaçant un petit accent aigu au centre, c'est grave ...).
C'est comme le disait un poète dont j'ai perdu le nom, un sorte d'été indien. Un été avec une coiffure de plumes, assis sur un canasson relativement bien dressé et armé d'un arc et de quelques flèches taillées dans un bois, qui souvent est issu d'un arbre. Et comme tous les indiens, celui-ci est affublé d'un nom ridicule à rallonge : été indien vaut mieux que deux tu l'auras... Autant dire que pour trouver du boulot....
Ce mois de septembre marque un tournant pour moi cette année.
Je vais avoir bientôt 57 ans, l'âge d'une bonne bouteille de Bourgogne qui serait pas mauvaise, et je viens de découvrir l'amour.
Je croyais aimer Kimberley, mais je m'aperçois que cette fille, croisée par hasard il y a de ça quelque temps, hante de plus en plus mes pensées. Depuis notre rencontre, je ne vois que ses yeux et son sourire enjôleur.
Quand je rêve le nuit, je ne rêve que d'elle, quand je mange le midi, je ne mange qu'elle, quand je fais mon footing le matin, je ne transpire que pour elle et quand j'ai besoin de nouveaux sous-vêtements, j'ouvre le catalogue Quelle...
Mon travail me pèse de plus en plus ( l'arrivée de Carlos n'arrangera rien, je le sais bien ), le temps me rattrape et finira bien par me toucher, ma jeunesse s'éloigne à reculons en me faisant de grands signes que je distingue de moins en moins bien et voilà qu'à plus d'un demi-siècle de vie commune, la Vie me balance en travers du visage un de ses plus beaux travers : l'Amour... Moi qui adore tous les travers, et notamment le travers de porc, me voilà comblé !
A ce jour, j'ai envie de me laisser aller, de tout plaquer, de la suivre au bout du monde pour m'assoir sur un rocher, sous une cascade et la regarder se déshabiller, lentement, très lentement... Je porterai mes trois croix s'il le faut, nous nous allongerons dans les ronces, dans un silence religieux, à nous demander ce que peut bien être ce bâtiment gris, là en bas ...
J'aspire au calme, j'aspire à la sérénité, j'aspire à la paille.
Demain, j'irai voir le boss.
J'irai lui dire que je plaque tout. Que le petit Carlos est fin prêt pour la relève.
Je vais me consacrer à elle.
Je vais me consacrer à mes passions de toujours : la musique, la lecture, la contemplation des belles choses.
Un jour nous serons réunis, je le sais, c'est écrit.
Kimberley m'a donné deux beaux enfants, mais je m'aperçois aujourd'hui que je ne l'ai jamais aimée, jamais ...
Ma vie commence seulement aujourd'hui. J'ai pris du retard, mais rien ne fait peur à présent. La vie, je la connais, je connais ses pièges et ses coups retords, la vie, je vais maintenant la croquer à pleines dents, et malgré mon âge, j'ai encore une belle dentition...
Septembre est un mois que j'affectionne tout particulièrement.
C'est le mois des vents d'anges...
29 August Laconique. Ma première mission avec mon nouvel équipier Carlos vient de se terminer ...
Putain ! une semaine que ça a duré !!! Une simple mission de routine qui ne m'aurait pris que quelques heures si j'avais été tout seul... J'ai cru que ça ne se terminerait jamais, vous m'entendez bien, jamais .... Vous m'avez bien entendu ? Jamais que je vous dis ! ...
Tout a commencé mercredi dernier quand le boss nous a convoqué tous les deux devant la machine à pâtes ( ben oui, le boss est un grand consommateur de pâtes, alors il a fait installer un distributeur de pâtes dans le hall de la salle de réunion, juste entre le distributeur de préservatifs ( ça nique pas mal au commissariat ...) et le distritibuteur de boeuf bourguignon ( pour accompagner les pâtes du boss )), pour nous annoncer le programme de notre première mission ensemble, à Carlos et à moi...
J'ai lu à ce moment là de la compassion, de la compréhension, de la douleur et une envie folle de pâtes avec une sauce de bourguignon dans les yeux du boss. Il savait bien ce que je pensais de tout ça. Il savait bien que je ne pouvais plus travailler en équipe depuis la mort d'Henry l'Irlandais. Il savait bien que je n'avais qu'une seule envie, celle de plaquer cette vie qui ressemblait de moins en moins à celle dont je rêvais. Il savait bien que s'il ne faisait pas vite pour nous brieffer, son plats de coquillettes allait refroidir , et il avait horreur des pâtes froides, d'ailleurs sa femme ne faisait plus de salades de pâtes depuis qu'il l'avait violemment frappée au visage le lendemain de leur mariage, alors que cette dernière croyait bien faire...
C'est alors qu'il dit de sa grosse voix : " Les gars, l'heure est grave !!! On a de grosses emmerdes avec les trois bandes à Didas... Les chefs de clan ne se supportent plus depuis la mort du padre, ils veulent tous le fauteuil de parrain, mais il n'est pas assez larges pour leurs trois culs. Je vous raconte pas les règlements de compte qui pourissent la vie des habitants du quartier nord ... C'est pourquoi j'ai pensé à vous pour faire un peu de ménage là dedans, afin que mon neveu qui habite le quartier puisse garder une voiture plus de 48 heures, faites en sorte qu'il puisse les garder au moins 48 heures de plus, qu'il lui reste plus de 58 minutes à vivre, qu'il ne perde pas son sixième sens, et pour ceci vous avez 24 heures chrono, pigé les gars ? Steven, je te fais confiance pour bien t'occuper de Carlos, quant à toi Carlos, ne fais pas preuve de trop de zèle, écoute bien Steven, il a fait ses preuves. Bonne chance les gars ! Ah oui, j'allais oublier le cinquième élément, le plus important : ramenez vos culs sains et saufs, j'ai plus vraiment de gens compétents pour assurer une telle mission ... Allez , cassez vous, mes nouilles vont être froides et ça va encore me foutre dans une colère noire ..."
Rien n'y ferai ... Le boss ne savait pas faire une phrase de moins d'un quart d'heure ...
Nous nous rendîmes ( c'est beau le passé simple, non ? ) à la machine à café avant de prendre la route et de passer à l'armurerie prendre nos magnum 747. Comme avant chaque mission, je pris un café bien noir et bien serré, alors que Carlos se contenta d'un vulgaire chocolat chaud fait avec de la flotte polyphosphatée... Ca commençait fort ...
Je pris le volant de la Ford Mustang qui m'accompagnait sur toutes mes missions depuis déjà de nombreuses années, quand Carlos, qui me dévisageait comme si je venais de dévorer un goeland à pleines dents, m'interpela : " C'est vous qui conduisez ? N'est ce pas dangereux à votre âge ? "
Je crois que si j'avais eu un goéland sous la main, je l'aurais dévoré à pleines dents ...
Mais pour qui il se prenait ce petit merdeux ? Il pensait déjà m'apprendre mon métier, et en plus il voulait m'apprendre à conduire ? Ma seule réponse fut un sourire en coin un brin moqueur. Je crois que si j'avais chiqué du tabac, j'aurais craché un gros glaviot brunâtre sur ses mocassins Gucci... Va falloir que je me mette à chiquer moi ...
A peine sa ceinture bouclée, je fis ronfler les 450 chevaux de mon étalon et crisser les pneus pour lui montrer à qui il avait à faire, petit con, va !
Les 20 minutes de trajet qui nous séparaient des quartiers nords se sont transformés en 8 mn 46 secondes... Je ne vous cache pas que je n'ai pas respecté les limitations de vitesse, mais n'ayant jamais eu mon permis, je ne risquais pas de me le faire retirer...
Carlos était d'une blancheur à faire peur à Casper le gentil fantôme, on aurait dit un cachet d'aspirine passé à l'eau de Javel ... Je tenais ma petite vengeance, mais plus nous nous approchions ( j'adore la dernière syllabe de ce mot ...) des quartiers nords, plus je m'inquiétais pour le petit. En effet, il sortait tout droit de l'école, où ses seuls faits d'armes étaient de tirer sur des mannequins en carton ou en plâtre, en faisant bien attention de ne pas butter la petite vieille avec son caddie à course à carreaux et la mère de famille mexicaine avec ses 17 enfants dans les pattes... Ca risquerait de faire un peu court si on était pris dans une fusillade avec les chicanos de la pègre des quartiers nords. Je l'ai assez dit qu'on se rendait dans les quartiers nords, ou il vous faut encore une petite piqure de rappel ?
Je lui donnai les derniers conseils : " Ecoute moi bien Carlos, là, t'es dans la réalité, c'est pas du théorique. Je sais qu'on t'a appris plein de choses à l'école des champions et au collège fou fou fou, mais là, rien ne se passe comme prévu. Tu peux prévoir une éclaircie et c'est un orage de gros calibre qui te tombe sur le coin du nez ... Alors, à partir de maintenant, ne fais pas le flambeur, tu écoutes ce que je te dis, tu fais ce que je te dis, tu pisses quand je te le dis, tu avales ta salive quand je te le dis, et quand je te dis rien, tu fais comme si je te l'avais dit, c'est clair dans ta petite tête de flicaillon ?"
Le sourire qu'il me décrocha me glaça le sang. On aurait planté un batonnet dans mon bras à ce moment là, on en aurait retiré un sorbet de globules blancs et rouges m'appartenant...
Je ne lisais rien dans ses yeux d'autre que de la suffisance et une confiance en soi que je n'avais même pas depuis toutes ces années de service. Deux solutions, soit ce gamin était complètement barjot, auquel cas on était dans de beaux draps à fleurs, soit il n'était pas du tout conscient du danger que nous courions à nous aventurer dans ce quartiers de truands dont le QI total ne devait pas dépasser les 50... Dans les deux cas, ça s'annonçait mal, voir même pas bien du tout. Qu'est ce que le patron avait fait ? Etait-il seulement au courant que ce gosse n'avait plus d'essence dans le moteur ?
Avant de descendre de la voiture, il me dit : "Ne t'inquiète pas Steven, je maitrise la situation, fais moi confiance. J'ai pris des cours du soir pendant l'école, des cours qu'on ne prodigue pas à l'école de police ..."
Ce gosse était tout bonnement taré. Je connaissais ces malfrats mieux que leurs parents eux-même, et je savais que le petit ne survivrait pas plus de 43 secondes dans ce merdier, mais qu'est ce qui lui prenait bon sang ?
Il s'éloigna de la voiture, non sans avoir négligemment jeté son flingue sur le siège arrière.
Je m'étais trompé sur le gosse, il n'était pas taré, il était fini à la pisse. J'allais perdre un deuxième co-équipier, et celui ci, je ne savais même pas si je pourrais hériter de sa collection de films pornos ... Qu'est ce que j'allais dire au boss ? Que j'avais laissé le môme prendre les commandes de l'opération ? Que j'avais eu trop les boules pour l'empêcher de se suicider devant mes yeux ?
J'allais finir à côté du distributeur à nouilles. On mettrait une pièce d'un dollar et on pourrait y déguster un sorbet au sang froid de Steven ...
J'étais tellement surpris par sa démarche insensée que je ne pus rien faire d'autre qu'observer. Et ce que je vis, je le vis avec mes yeux qui se trouvent dans mes cavités occulaires où ils sont bien à leur place ...
Un mec barrait la route de sa vieille Honda Civic, un fusil à pompe dans chaque main, prêt à canarder quiconque oserait s'aventurer sur son territoire. Il regarda Carlos s'approcher lentement, d'une démarche nonchalante, en souriant. Il attendait surement qu'il soit assez près pour lui faire sauter la cervelle de ses deux canons sciés.
Mais il n'en fit rien.
Quand Carlos fut près de lui, il le serra dans ses bras. Je n'entendis pas ce qu'ils se racontaient, mais aucun des deux n'avait l'air d'avoir le moindre esprit belliqueux. C'est alors que Carlos me fit signe de m'approcher.
Pour la première fois depuis des années, un gamin venait de me bluffer.
Mais qu'est ce qu'il avait dit au type pour qu'il y ait autant d'effusion de tendresse entre eux ?
Je ne savais même plus si je devais pointer mon arme sur le gars ou si je devais le fourrer maladroitement dans mon caleçon, au risque de me faire éclater les noix de cajou ...
Carlos m'expliqua lors du banquet final ( comme dans Asterix ...) qu'il était né ici, et qu'il avait passé toute son enfance ici. Que les trois bandes à Didas étaient sa famille, dans les quartiers nords ( ...) tout le monde était cousin... Et ce que le boss avait pris pour des coups de feu, n'étaient qu'en réalité que des feux d'artifices célébrant le mariage de la fille d'un des parrains, Katarina Chikachikachikayayaye. Et dans cette communauté, il était de tradition de fêter un mariage pendant deux semaines.
Nous étions arrivés à la fin de la première semaine, et la seconde tradition voulait que toute personne entrant en cours de mariage se devait de rester jusqu'à la fin de ce dernier, sous peine de se voir trainer derrière une voiture pendant 126 km attaché à une corde et en slip...
Je ne pris pas le risque. J'avais un caleçon avec des ours et des coeurs, et j'avais une réputation à tenir.
Nous fûmes reçus comme des rois. Ce fut une semaine rude pour les nerfs et la santé...
Ma première mission avec mon nouvel équipier Carlos vient de se terminer ...
Putain ! une semaine que ça a duré !!! Une simple mission de routine qui ne m'aurait pris que quelques heures si j'avais été tout seul... J'ai cru que ça ne se terminerait jamais, vous m'entendez bien, jamais .... Vous m'avez bien entendu ? Jamais que je vous dis ! ...
16 August Kinésithérapie.Je me pose la question de savoir si je dois arrêter ce métier ou le continuer.
J'ai 56 ans, dans quatre ans, j'en aurai 60, et dans sept ans, j'en aurais 63...
Le mois dernier, je suis allé voir le boss pour qu'il me trouve une place dans les bureaux, à faire de la paperasse. C'est pas mon truc la paperasse, mais mes jambes ont 56 ans, dans quatre ans, elles en auront 60, et dans sept ans, 63... Et des jambes de 56 ans, quoiqu'on en dise, ça va pas aussi vite que des jambes de 37 ans, et encore moins que des jambes de 23... A moins que le gars de 23 ans ne souffre d'une double fracture tibia-péroné, auquel cas, je peux le griller sur un 86 mètres lancé, mais sinon ...
Le boss, il m'a dit d'aller siffler là haut sur la colline et de l'attendre avec un petit bouquet d'églantines. J'ai cueilli les fleurs et j'ai sifflé tant que j'ai pu, j'ai attendu, attendu, il n'est jamais venu... Zai, zai, zai zai ....
En d'autres termes, ça voulait dire : " Non Steven, la police de Chicago a trop besoin de gars comme toi, qui connaissent les rues de cette putain de ville par coeur ( oui, le boss est parfois peu à cheval sur la politesse, il est plus à poney ...) et qui connaissent les malfrats de cette saloperie de ville sur le bout des doigts de pieds ( vous voyez, je vous disais !...). Alors non Steven, tu as commencé le boulot à 23 ans, et avec le nouveau régime de banane de la sécu, tu dois cotiser 53 ans, donc tu atteindras l'âge de la retraite aux alentours de l'âge du capitaine, ce qui signifie qu'il te reste quelques années à tirer, ce qui signifie que tu ne seras pas un planqué dans les bureaux avant au moins 29 nouvelles lunes, ce qui signifie que tu restes sur le terrain avec Carlos Gipsyking, ton nouvel équipier qui vient d'arriver de l'école des champions, après être sorti major de promo du collège fou, fou, fou... Oui, je sais, tu n'étais pas prévenu, maintenant tu l'es, que ça te plaise ou non, il a été désigné pour t'accompagner dans tes missions jusqu'à ce que ses dernières dents de lait soient tombées... Cette phrase interminable touche à sa fin Steven, tu peux sortir du bureau en claquant la porte vitrée très fort si ça te chante, et passe m'acheter un steack de jument fécondée à la boucherie chevaline en bas de la rue, car ce soir c'est la finale du Super Bowl, avec Céline Dion à la mi-temps, je ne louperais ça pour rien au monde, alors je n'aurai pas le temps de cuisiner ce soir, surtout que ma femme est chez sa mère car elle ne supporte plus le football..."
J'ai bien cru que le boss ne terminerait jamais ce monologue.
Ce que j'en avais retenu ?
Que non, je n'aurais pas cette place laissée vacante par le vieux Jim qui venait de décéder dans un accident de barque sur le lac Titicaca, qu'il me restait encore quelques années à tirer et surtout qu'on m'affublait d'un équipier !... Chose à laquelle je n'étais plus habitué depuis la disparition de mon vieux pote Henry l'Irlandais ...
A cette époque, j'avais posé mes conditions, je restais dans la police à la seule condition de ne plus m'attribuer d'équipier, chose que le boss avait acceptée et signée le soir de l'arbre de Noel du commissariat. Je m'en souviens comme si c'était avant-hier, c'était le 23 Juin d'une année à 4 chiffres, et il avait signé ce papier, alors qu'il était sous l'emprise d'un cocktail maison à base de jus de carottes râpées et d'oasis pomme-cassis, le tout arrosé d'un alcool de contrebande que j'avais saisi la veille lors d'une arrestation un peu musclée près de Cherokee Park, dans le Wisconsin ...
Je m'en étais bien tiré à l'époque, et pour ne pas que l'affaire s'ébruite, le chef avait accepté mes conditions : à partir de ce jour, je bosserais seul, je marcherais seul, moi j'préfère rester toute seule, car sous leurs airs innocents, ce sont de vrais brigands ...
Et aujourd'hui, après toutes ces années, on m'obligeait à faire équipe avec un p'tit Porto-Ricain au nom bizarre, me rappelant ce bar à tapas lors de mon séjour au Vietnam dans les années 60... C'est pas que j'aime pas les jeunes, mais les méthodes ont beaucoup changées depuis mon époque, et aujourd'hui, on leur bourre le crâne de concepts et match, on leur fait croire qu'ils sont les meilleurs, on les entraine avec des flingues qui trouvent leur cible sans viser... Plus rien à voir avec les vieilles méthodes de mon époque, les vraies bonnes méthodes, celles qui ont fait leurs preuves depuis que le monde est monde et depuis que Nancy Kerrigan s'est fait bousiller les genoux par les hommes de main de Tonya Harding ...
Et là, à quelques années de la retraite, on allait "m'emmerder" avec un jeune blanc-bec qui sait tout et qui va m'apprendre comment menoter un malfrat sans violence et comment prendre un virage lors d'une poursuite sans laisser trop de gomme sur le bitume fraichement refait ???
Moi ? Le super flic ? On m'affublait d'un stagiaire avec de l'acné sur le nez et aux cheveux gras ?
Bon sang, qu'est ce que j'avais donc fait pour mériter pareille malédiction ? Simplement parce que j'avais demandé au boss un boulot un peu plus peinard ?
J'allais devoir m'y faire, que je le veuille ou non, et cette seule idée de savoir que je ne serai plus maitre de mes actes sans avoir un rapport à faire en 14 exemplaires, me terrifiait au plus haut point, pour ne pas dire que ça me foutait les glandes entre le bout des doigts de pieds et la pointe extrème de ce qui me restait comme cheveux ...
Ce soir là, je ne suis jamais allé à la boucherie chevaline acheter le steack du chef.
J'avais l'esprit ailleurs, avec cette certitude certaine que les années qu'il me restait à tirer allaient être longues, très longues, trop longues.
Demain, je vais rencontrer ce Carlos Gipsyking, et je vais devoir le former, c'est pas gagné, c'est plus de mon âge ...
Allez tiens, je vais aller me matter le Super Bowl, et je vais passer chez le bookmaker du coin pour miser un billet de cent sur Tampa Bay, ils ne sont pas favoris, mais je peux pas piffer ces péteux de St Louis ...
07 August Jokari.Aujourd'hui, j'ai pas le moral.
Et pourtant je me suis mis un disque de la compagnie créole, il parait que c'est bon pour le moral ...
J'approche de la soixantaine, et je me dis que je suis plus proche de la sortie que du grand videur bodybuildé à l'entrée de la boite.
Pas mal d'éléments me font comprendre qu'il serait peut-être temps d'arrêter.
Mon boulot me pompe toute mon énergie, c'est plus de mon âge tout ça ... Quand je vois tous ces loups aux dents longues qui intègrent l'école de police, je me dis que le temps fait son oeuvre, que les mentalités ont changé, que peut-être je n'ai plus ma place ici.
Pourquoi tant de mélancolie traverse mes pensées aujourd'hui ?
Sûrement parce qu'au moment où je vous parle, je suis sur le trône avec un mal de tripes carabiné...
Putain, hier soir, j'ai mangé au japonais du coin avec un ami, et j'ai mangé trop de riz.... Et le riz, ça me constipe, là comme c'est parti, j'en ai pour minimum une semaine ... Pourtant, d'habitude, je digère le riz dans les sushis, mais là, y'a un truc qui passe pas ...
Bref, je ne vais pas m'étendre sur mes problèmes gastriques, à moins que vous y teniez vraiment ? Oui ? Non ? Sûr ? Vous n'allez pas regretter ?
Ok, alors on passe à autre chose ...
C'est vrai que mon métier demande beaucoup de temps, d'énergie et surtout de temps ... Je suis allé parler au bureau du patron hier matin, vers 17 h 36, et je lui ai dit le fond de ma pensée. Vraiment le fond, il a fallu que j'aille racler les parois... D'ailleurs, ça me fait penser qu'il serait temps d'y faire un peu de ménage, car il y reste encore pas mal de trucs pas jolis-jolis ...
Je suis rentré dans son bureau et lui ai dit : " Patron, je vais vous dire le fond de ma penseé !"
Et là, il me rétorque : " Ok, Steven ! Mais râcle bien les parois, et pendant que tu y es, il serait temps d'y faire un peu de ménage, car il y reste encore pas mal de trucs pas jolis-jolis ...!"
Comment ce mec là pouvait-il lire aussi clairement dans ce qui me sert d'esprit ?
Parfois je me demande pourquoi il est mon chef ? J'avais ma réponse aujourd'hui ...
Interloqué, je suis resté quelques secondes complètement muet, et j'ouvris la bouche d'un ton hésitant : " Patron, il faut que je vous dise le fond de ma pensée !"
Oui, ok, ça peut vite devenir très lourd, c'est pourquoi je vais éviter le comique de répétition pour aujourd'hui, et surtout pour faire un peu plus court, car on ne va pas y passer la nuit. Et puis, j'ai pas vraiment l'intention de passer ma journée assis sur le trône, de toute façon, je me connais et je connais mon corps, quand ça veut pas venir ... Putain de riz !
Le patron, lisant en moi comme dans un livre ouvert dans un panier en osier au bord d'une plage de Bretagne, m'invita à m'assoir, et comme il n'était pas non plus trop pour le comique de répétition, m'invita à faire vite, prétextant une partie de golf avec le maire ( qui fut très heureux de retrouver sa fille, au demeurant... Une fille un peu demeurée, par la même occasion ...), alors que moi, je savais bien qu'il prenait des cours du soir, des cours de découpe de viande, car son rêve le plus fou était d'ouvrir une boucherie chevaline à sa retraite, car, comme moi, ce métier l'épuisait et vous pouvez reprendre votre respiration, car cette phrase interminable va prendre fin après le troisième bip sonore : bip sonore, bip sonore et dernier bip sonore ...
Allez-y, prenez votre temps et votre respiration, nous ne sommes pas aux pièces, et puis je vois bien que vous êtes un peu rouges. Soufflez un grand coup !
Je m'assis donc sur la petite chaise en velours vert qui était réservée aux visiteurs du boss ( qui lui, posait son gros fessier dans un magnifique fauteuil en cuir de vachette rose, faisant croire à tout le monde que c'était un cadeau de sa fille pour la fête des pères, mais moi je n'étais pas dupe ... Je savais bien qu'il avait eu ce cadeau pour Noel... Mais je suis une tombe, j'emmènerai ce lourd secret avec moi ....
Je me rends compte qu'on avance pas beaucoup dans cette narration, il faudrait peut-être que j'arrête les appartés et toute sorte de parenthèses, sinon, nous sommes encore là l'hiver prochain, et je vais choper des escares sous les fesses à rester assis ainsi sur la lunette des toilettes de cette aire d'autoroute ... Ah, je vous avais pas dit ? Ben oui, je suis sur une aire d'autoroute, car je me rends à un festival de jazz, où je chante avec mon orchestre en première partie des Beach Boys, et juste après François Feldman.
Venons-en aux faits ! Le boss me dévisageait, il savait que j'avais quelque chose d'important à lui dire, n'oubliez pas qu'il lisait en moi comme dans un livre ouvert dans un panier en osier au bord d'une plage de Bretagne ...
J'allais ouvrir la bouche quand le téléphone rouge, sur le bureau, retentit. En fait, ce n'est aucunement le téléphone qui retentit, ma la sonnerie de ce dernier, car tout le monde sait bien qu'un téléphone ne retentit pas, il vibre ou sonne quand il n'émet pas toute sorte d'autres bruits, alors on la refait pour que vous compreniez mieux.
J'allais ouvrir la bouche quand la sonnerie du téléphone rouge, sur le bureau, retentit. C'est mieux ?
Le boss décrocha et parla d'une voix fluette que je ne lui connaissais pas : " Allo ? Oui, moumoune... Ce soir ? Chez les voisins ? Ben c'est que ... Oui, d'accord, d'accord, t'énerves pas ... Oui, moumoune... Oui, je sais que toi tu ne dis jamais rien quand ma mère vient passer 3 ans à la maison...Oui, moumoune, d'accord.... Je passe chez le fleuriste et j'achète une bouteille de scotch bon marché ... Moi aussi .... Moi aussi ... Oui, moumoune... Non, là je peux pas te parler... Oui, moi aussi ... Moi aussi ... Non, c'est toi qui raccroche ... Non c'est toi ... Non, toi d'abord ... Non, la dernière fois c'était moi ... ( Anais, si tu nous écoutes !) Allez, Moumoune, raccroche, je suis en entretien, je peux pas ... Oui, moi aussi, là où tu aimes ... Moi aussi ... Moi aussi ... Oui, la noire ... Non, pas la rouge, elle te fait de grosses fesses .......... Mais non, elle te va très bien, mais oui je t'aime aussi dans la rouge.... Mais t'énerves pas Moumoune, oui, j'aime aussi la rouge ..... Bon, ben comme tu veux, mets la rouge ... En même temps, ce n'est qu'une garden party chez les voisins .... Oui, d'accord, tu mets la rouge ... Je me tais ... Mais quand même je te préfère dans .... Ok, la rouge .... Oui, moi aussi moumoune ... Oui.........."
Bon, je vais couper là, parce qu'en réalité, cette conversation téléphonique a duré environ 27 minutes, et je dois bien vous avouer qu'à un moment, j'ai un peu décroché pour aller me chercher un café noir sans sucre à la machine à café noir sans sucre dans le couloir ... Celle juste à côté du distributeur à Kinder Bueno ...
Quand je revins le lendemain, le boss avait racroché, il me dit en me voyant arriver : " C'est bon Steven, pour ce que tu m'as demandé hier soir, tu les as tes 3 semaines de congés, tu en as bien besoin vieux frère !..."
Ce mec lisait vraiment dans mes pensées, et maintenant je savais pourquoi c'était lui le boss....
J'avais trois semaines devant moi, et des projets plein la tête... Je pourrais enfin nettoyer ces taches de fraises sur mon bar ...
Hiuoyuioygnui uiy yutf yrd tesh kuo ouiyg ouiyg u uiyt ftrsu oiupiug tfrxqercx fcjhvbuyt gc....
Bruit de la chasse d'eau ...
Vous ne croyiez quand même pas que j'allais rester sur les chiottes après votre départ !!!
30 July Immersion.Je n'ai jamais voulu être flic.
C'est mon parrain qui m'a forcé quand j'étais tout petit.
Moi, mon rêve de gosse, c'était d'ouvrir une boucherie chevaline entre Street Poker et la 11 ème, parce que c'était là qu'habitait ma prof de chant de l'époque, et surtout parce que j'étais amoureux d'elle.
Pour mon treizième anniversaire, mon parrain, que j'appelais "parrain" pour plus de commodités, m'offrit, m'offra ou m'offrut ( au choix, coche la bonne réponse ) une panoplie du parfait petit gendarme.
Une bricole qu'il avait du trouver au bazar du coin à un prix modique à tendance pas cher ... Mon père, qui était déjà pas mal attaqué par l'alcool à l'époque s'écria bruyamment entre deux rots de bière chaude : " Ah ben ça c'est une bonne idée parrain !!! L'autre je croyais que j'allais en faire une danseuse à toujours être dans les jupes de sa mère et fourré au cours de musique de cette trainée de Mme DePique !!!"
Il mourut sur le coup .
Une fléchette de plastique collée entre les deux yeux et un couteau de la même matière planté dans les omoplates.
Le légiste avoua à ma mère, un peu plus tard, que mon vieux était mort d'une crise cardiaque due à l'absorption trop poussive de toute sorte de boissons à base de substance alcoolisées.... Autrement dit, il venait de faire une overdose d'alcool frelaté, sa dernière cuite en somme.
Mais moi je savais que je l'avais tué, je ne l'ai jamais avoué à ma mère.
Je savais que c'était ma fléchette et mon poignard qui avaient eu raison de mon alcolo de père. Il n'aurait jamais du insulter Mme DePique....
Je n'ai jamais regretté cet "assassinat", j'y ai même pris un certain plaisir.
C'était décidé, je n'ouvrirais pas ma boucherie chevaline.
5 ans plus tard, j'intégrai l'école de police de Chicago pour devenir ce que je suis aujourd'hui : un flic respecté, aux méthodes peu académiques, j'en conviens, mais aux méthodes efficaces...
26 July Horticulture .Hier matin, sur le coup des 20h30, juste avant la météo, le central m'appelle pour une mission de routine... Pas de chance, c'était mon seul jour de repos depuis bientôt 27 ans de carrière, et j'avais prévu de faire du shopping avec des copines ...
Meuh non, j'déconne !!! j'suis pas une fiotte moi !!! Nan, sans rire, j'avais prévu de me faire une épilation définitive du maillot au fromage suisse fondu ... Il parait que c'est une méthode d'épilation révolutionnaire et très efficace, qui aurait fait des preuves chez les manchots d'Afrique équatoriale.
Bref, j'allais partir quand le téléphone sonna. Pas moyen de le retrouver, quand soudain, après plusieurs jours de recherche, je remis la main dessus... Il était resté dans la quiche aux tomates cerises que j'avais oublié de faire cuire pour le mariage de ma soeur.
Je décrochai.
Au bout du fil, le boss, l'air un peu impatient ...
" Steven !!! Je sais que tu es en repos et que tu n'as pas eu de repos depuis bientôt 27 ans, et je sais également que tu vas tester cette nouvelle méthode d'épilation. Me demande pas comment je sais, je sais ... J'ai vu ton nom sous le mien quand j'ai pris mon rendez vous ... Mais c'est pas pour moi, c'est pour ma grand mère..."
" Quoi, j'ai pas de grand mère ? Mais si que j'ai une grand mère ! C'est la meuf à mon grand père... Bref, je ne t'appelai pas pour ça, c'est juste que j'ai une mission de routine à te confier, et comme tous les autres flics de la brigade sont à la fête de l'école de leurs enfants, il ne me reste plus que toi..."
Je n'ai pas su quoi lui répondre, je pense qu'un non catégorique ou un " va te faire foutre et fous moi la paix " aurait été de circonstance, mais j'étais tellement chiffoné par le départ de Kimberley depuis deux jours, qu'un vague " oui chef " fut tout ce qui sortit de mon gosier endolori par un mauvais passage de sandwich au thon... Saloperie de pain trop cuit !!!...
C'était effectivement une mission de routine... Ca aurait bien pu être une mission de comptine, ou alors une mission de copine, de rustine, de vaseline, de trampoline, etc ... mais non, c'était une mission de routine : il suffisait juste que je sauve le monde, rien que ça ...
Le chef m'avait expliqué plus ou moins vaguement en quoi elle consistait ( la mission ) : un groupe de dangereux terroristes détenaient la fille du maire de la ville. Ils l'avaient kidnappée au mariage de sa soeur ( décidément ...), le pire c'est qu'ils l'ont enlevée par pur hasard : c'était la seule fille mignonne de l'assemblée qui portait une robe avec une bretelle réparée par une épingle à nourrice, c'est quand même pas de bol ...
J'enfilai alors mon uniforme de police... Et bon sang, je me suis dis à ce moment qu'il fallait que je fasse un régime à base de saucisson à l'ail, il parait que ça fait fondre les calories, à défaut des filles ... J'attachai tant bien que mal mon pantalon de cuir ( oui, j'aime bien être sexy quand je suis en mission, mais attention, je ne suis pas une tarlouze hein ! C'est pas parce que j'ai un sac à main et que je me fais des masques au concombre que je suis efféminé...) et mes santiags à bout carré.
J'ai enfilé ma Harley, direction l'endroit inconnu où les bandits détenaient la jeune héritière, endroit inconnu dans une ville comme Chicago, la tâche s'annoçait difficile... Mais j'avais une bonne lessive.
Mon MP3 sur les oreilles, je filai vers l'inconnu, sauver une inconnue aux mains d'inconnus, tout en passant par LINCOln aveNUe... Je frisai le 69 Km/h quand un zébu traversa devant moi, et pourtant z'avait pas bu ...
Rien à voir, je sais, mais un zébu au centre ville, ça frise pas les moustaches ?
Après 4 heures de recherches, je fus obligé de m'arrêter dans une station service pour faire pipi.
Chose faite plutôt proprement ( Kimberley m'a toujours reproché mon problème de visée ...), puis lavage de main... C'est important, sinon ça pourri les gants et ça devient vite intenable ...
Je lançai une pièce à la dame pipi qui s'était assoupie.
Ce n'est que quelques minutes plus tard, alors que j'étais en panne le long de Dire Street, que je m'aperçus que j'avais oublié de faire le plein de la moto à la station... Quelle tête de bigotte !
Les recherches et cette mission de routine s'avéraient plus difficiles que prévu....
Je tendai alors le pouce droit pour faire du stop, peut-être trouverais-je une âme charitable pour me conduire à la prochaine aire de service ... Mais chose peu évidente quand on a mon allure, je dois faire peur aux gens, à moins que mon gant ne sente vraiment trop l'urine ...
Après 6 jours d'attente interminable, une camionnette de dépannage s'arrêta et me proposa son aide ( pas la camionnette, le mec qui la conduisait , celà va de soi ...), aide que j'acceptai, peut-être parce que j'étais affamé et assoiféet surtout fatigué ... Le mécano chargea la moto sur la plate-formr de son camion, et après deux minutes de route, nous arrivâmes au garage.... J'aurais peut-être du y aller à pieds ...
A mon arrivée dans la station, une ambiance particulière me frappa.
Un téléphone à cadran.
Une table en formica.
Des chaises enveloppantes oranges en plastique dur.
Un portrait d'Elvis en canevas.
Une télé sans télécommande.
Je venais de réaliser que j'avais fait un bond dans les années 70, ce garage avait oublié de vieillir.
C'est un refrain surraigu des Bee Gees qui me sortit de ma torpeur, il ne fallait pas que j'oublie ma mission principale, sauver la fille du maire, car sa mère, qui avait un rôle de figurant dans "Les dents de la mer ", serait amère si je ne lui ramenais pas sa progéniture vivante.
Un bruit dans la remise attira mon attention.
Un gémissement.
Une voix étouffée.
Cette odeur de merguez.
Putain que j'ai faim.
Je lutte pour garder les idées claires.
Dessine moi un moufflon.
Je déraille, je vais m'évanouir.
" AU SECOURS !!!!! "
La voix d'une jeune fille.
Cette putain de bordel de merde d'odeur de merguez !
Il me fallait choisir : porter secours à cette fille qui était peut-être celle que je recherchais ou bien me jeter sur le barbecue devant la porte d'entrée.
Choix cornélien.
Choix racinien.
Choix moliérien.
Choix sheakspearien.
En choix, j'étais un vrai poisson ....
Le mécano me regardait bizarrement, d'un oeil bizarre. Il se doutait que je me doutais qu'il se doutait que je me doutais qu'il se doutait que je me doutais que quelque chose de bizarre se tramait ici, et ce qu'il se tramait ici se nommait désir...
Ce qui reste de mon cerveau ne fit qu'un tour, car s'il en avait fait deux, il se serait retrouvé à la même place .
Je me jetai sur le mécano, lui mordit le lobe de l'oreille en lui mettant mon pouce sous le menton.
Il hurlait de douleur.
C'est le moment que je choisis pour me diriger d'un pas alerte et léger dans la pièce de derrière...
L'horreur se mêlait à l'odeur.
Cette vision était insoutenable.
Comment un humain était-il capable de laisser faire une chose pareille ?
En 27 ans de métier, je n'avais encore jamais vu ça, jamais ...
On ne nous avait pas appris à réagir devant de telles situations à l'école de police.
J'étais arrivé trop tard, bien trop tard, la faute à cette panne d'essence...
Comment pourrai_je retrouver le sommeil après ceci ?
Je détournai les yeux, détachai la victime ( qui était bien la fille du maire, elle portait un T-shirt avec l'inscription " je suis la fille du maire " ) et m'enfuis pour fuir ce qui hanterait mes nuits jusqu'à la fin de mes jours...
Comment quelqu'un d'humain pouvait-il laisser pourir une si belle côte de boeuf sur une table de cuisine ? Pourquoi étais-je obligé de m'imposer cette vision ?
La victime était sauve.
La victime était saine.
Elle était les deux à la fois.
Je rentrai en héros au poste, la jeune fille dans mes bras.
" Steven, t'es vraiment un crack !"
" Steven, tu es l'image de la police de Chicago !"
" Steven, t'as pas un jeton pour un café ?"
Mais plus rien ne serait comme avant désormais.
Putain que j'avais faim ...
21 July Gorgonzola.En ce moment, je suis en congé.
Le mal et les méchants peuvent bien attendre, et de toute façon, tout est très calme en ce moment. C'est peut-être du à la chaleur, les bandits de moyens chemins ont chaud, comme tout le monde ...
Et moi, j'ai la tête ailleurs ...
On dit de moi que je suis un dur, que je suis sans coeur, que le mal est ma seconde nature, que je vendrais ma mère pour un indice me permettant de coincer un malfrat, que je vendrais mon père pour un cône glacé à la vanille et aux pépites de chocolat... Mais derrière ce masque que je me suis forgé au fil des années, se cache un homme.
Un homme avec un coeur, un homme avec un carreau et pis aussi un homme avec un pique et un trèfle.
J'ai rencontré, lors d'une récente enquête de routine, une jeune fille formidable...
Oui, je sais, je vous entends déjà : " Oh ben Steven !!! tu n'es pas déjà marié à Kimberley ?"
Et là, je vous réponds : " Mêlez vous donc de ce qui vous regarde ... "
J'étais à la poursuite d'un malfrat déguisé en clown, un bandit recherché par toutes les polices du monde pour vol de cahiers de coloriage dans les bibliothèques municipales ... Il avait déjà été arrêté il y a dix ans pour copie illégale de cassettes des Forbans, mais s'était échappé de la prison de haute sécurité dans laquelle il avait été enfermé en se faisant passer pour un matelas le jour du lavage de ces derniers ... Me demandez pas comment il a fait, je n'en sais strictement rien ...
Bref, j'étais donc à la poursuite de Jim Nastik, quand au détour d'une baraque à frites, je suis tombé nez à pied avec une créature d'une beauté magnifique ...
Le choc fut d'une rare violence, une telle violence que la belle m'explosa l'arcade sourcilière droite, heureusement, je ne m'en servais plus depuis quelques temps déjà ...
La conséquence de cette rencontre ? La fuite de Jim, qui put continuer sa ballade tranquillement.
Je perdis connaissance sur le coup. Oh, pas longtemps ! Juste un p'tit coma de 17 jours... Vous pensez bien que le poursuivi échappa au poursuivant que j'étais, mais je n'avais pas perdu espoir, j'appelai immédiatement à mon réveil le commissariat le plus proche pour leur demander de boucler le périmètre de 17 jours d'avion autour de l'endroit où je l'avais laissé échapper... Je pense que quelques minutes de recherche auraient du suffir ... Mais pensez-vous !!! Il n'y a pas que des gens compétents dans la police de Chicago ...
Mais je m'éloigne du sujet qui hante mon esprit depuis cet instant : elle ...
Je m'aperçois aujourd'hui que je ne connais même pas son prénom, notre rencontre fut brève mais d'une intensité intense au niveau de l'intention.
A mon réveil, et avant d'appeler le commissariat, j'ai vécu un instant merveilleux.
Mes yeux se sont ouverts sur elle.
Elle était là.
Elle me veillait depuis notre choc.
Elle s'inquiétait pour moi.
Mon esprit était encore embrumé par l'accident, mais un halo de lumière entourait cette magnifique jeune femme. Elle me parlait, je ne comprenais pas tout, mais je buvais ces paroles comme si je buvais un bon vin rouge accompagnant un cuissot de sanglier aux morilles ...
Quelques bribes de conversation me reviennent désormais à l'esprit : elle possédait la fameuse peluche Kiki, même si son rêve le plus fou était de posséder le fameux mini-Kiki que toutes ses copines possédaient. ( trois fois le verbe posséder dans la même phrase, serais-je possédé ? ).
Je me souviens également que malgré cette beauté aussi pure, elle avait un gros handicap physique, en effet elle avait deux pieds de couleur blanc bidet ... Mais ça, je ne l'ai pas vu tout de suite ... Elle m'a également raconté être fan de zouk love... Me demandez pas à quoi ça ressemble, je n'écoute pas de musique, il suffit d'écouter mon dernier disque pour s'en apercevoir ... Elle m'a également avoué être à deux heures de train de chez moi. C'est également une fan du dessin animé Pac Man ( elle connait le générique par coeur ... ), mais le pire, et ce qui m'a le plus marqué, c'est qu'elle a des poils de fesses qui lui poussent dans la bouche ... C'est quand même particulier, vous en conviendrez ...
Mais malgré ceci, je fut subjugué par son charme. Sur le coup, j'ai même oublié que Kimberley partageait ma vie, j'ai même souhaité que Kimberley n'aie jamais partagé ma vie.
C'est à ce moment que le boulot reprit le dessus, il fallait que j'appelle le commissariat le plus proche, avec les conséquences que vous connaissez maintenant . Et quand j'ai reposé le combiné nordique du téléphone, elle n'était plus là.
Il ne me restait maintenant que le souvenir de son visage d'ange, de sa voix douce et sensuelle, de son sourire à déterrer un mort vivant, de ce poil frisé sur sa joue ...
Bon, c'est pas le tout de rigoler, y'a des vilains méchants qui courent encore les rues, et si je n'y vais pas, y'a personne qui va faire le boulot à ma place ...
16 July Funiculaire.J'entends, de ci de là, des tas de gens qui pensent que mes aventures sont trop longues... C'est pourquoi la plupart ne les lisent pas jusqu'au bout.
C'est pourquoi aujourd'hui, je ferai court.
14 July Epistolaire.Aujourd'hui, j'ai la patate, car chez nous, les états uniens, le 14 juillet est le jour de la fête du brocoli cuit à la vapeur, et j'adore le brocoli cuit à la vapeur, mais je préfère quand même les patissons cuit dans l'huile de vidange, c'est moins fade, mais moins digeste également, enfin, j'vous dis ça moi, p'têt que vous vous en fichez ...
C'est vrai que nous ne sommes pas là pour parler cuisine, mais pour vous narrer mes aventures ...
Seul sur le sable, les yeux dans l'eau, mon rêve était trop beau .
Je vais vous parler d'un 14 juillet, mon premier 14 juillet en tant que flic, pas en temps que super flic, j'en étais à mes débuts dans le métier à tisser, je me faisais lers dents comme le disait souvent un mec qui n'était pas mon ami, mon dentiste...
L'été qui s'achève, tu partiras, à cent milles lieues de moi. Et comment t'aimer si tu t'en vas, dans ton pays loin là bas ?
Excusez moi, j'éteinds le poste, ça me distrait, et j'écris n'importe quoi ...
Oui, donc on parlait de quoi ? Du brocoli, alors moi, je les préfère ... non, non, on parlait du 14 Juillet.
J'étais affecté à la surveillance du marchand de hot dogs, c'est dire si on me faisait déjà confiance à l'époque ... Mes collègues ont riz, même le p'tit nouveau chinois... Je me suis fait chambrer : " Alors Seagal, tu bosses à la SPA maintenant ? Tu vas surveiller les chiens chauds ? " ou encore " Hey Seagal ! Tu sais quel bruit elle fait la fourmi ? Elle crohonde, parce que la fourmi crohonde ... " Je sais , ça n'a aucun rapport, avec l'histoire, mais le flic qui fit cette remarque n'a également aucun rapport avec cette histoire, puisque je l'ai tué sur le coup en sortant du commissariat. J'ai une sainte horreur des fourmis, faut pas rigoler avec ça, ça m'a mis hors de moi, alors j'ai perdu mon sang froid, heureusement que j'en ai toujours une bouteille au congel ... Et pis faut pas trop me chauffer moi, j'suis pas un tendre...
Direction les feux d'artifices... Ce que le commissaire avait oublié de nous dire, c'est que nous devions être présent de manière incognito, à tendance un peu cachée pour pas dire qu'on ne devait pas savoir qu'on était des flics ... Ce qu'on ne m'avait pas dit, c'est que je serais déguisé en hot dog et que je devais attirer les gens vers le stand...
Au début, j'ai cru que ce poste était bidon, autant que mon déguisement, mais j'appris par la suite que le mec que nous recherchions ( oui, parce qu'en fait on recherchait quelqu'un, on n'était pas seulement là pour faire la surveillance ...) ne se nourrissait que de hot dogs, et donc qu'il passerait forcément par mon stand... Nous recherchions Bob Ricard, dit le hot dog ( je me suis promis de placer hot dog plus de dix fois dans le texte, j'suis dans les temps ...). Ce mec était responsable de plus de dix braquages de boucheries chevalines dans l'Est du pays et il était recherché depuis plus de 30 ans, on ne savait d'ailleurs même pas si il était toujours en vie ...
Le temps passait.
J'avais chaud sous mon costume de hot dog ( et de 6 !), presqu'aussi chaud que dans une pièce où il fait très chaud !
Le temps passait. Je le regardais passer. Je l'écoutais passer. Je l'entendais même passer . Ma mission était de divertir les enfants et je devais chanter toutes sortes de chansons toutes plus débiles les unes que les autres : " Mangez mon hot dog, vous verrez Montmartre !" , ou encore " Ne mettez pas votre chien au micro onde, achetez votre hot dog chez Crazy Frog le roi du hot dog ! " Mine de rien, j'en suis à 9 hot dogs, et avec celui là, ça fait 10, mission accomplie !!!
Il était tard, j'étais mou. J'étais mou tard ...
Il faisait chaud sous le costume, mon maillot était trempé, j'étais fatigué.J'avais un maillot naze ...
J'ai pas trouvé de vanne avec ketchup, si vous en avez une, n'hésitez pas à me la confier... de canard ... Ok, je sors ...
J'allais quitter mon poste quand je reçus un message par épervier voyageur ( les pigeons n'étaient plus assez fiables à l'époque ...) qui me disait : "Seagal ! Ne quitte pas ton poste... Bob Ricard passe souvent chez le marchand de hot dogs très tard, quand les gens commencent à rentrer chez eux, il adore les saucisses un peu trop cuites qui baignent dans leur jus de saucisses trop cuites ..." Oui, comme moi, j'imagine, vous pensez que ce message est beaucoup trop long, alors qu'un simple : " Bouge pas Seagal, si tu bouges le p'tit doigt, on tue tes enfants et ta femme ... Euh, ta femme, on va peut être en profiter un peu avant de brûler ton chien ..." , j'aurais compris de suite, quoique à la limite je m'en fichais, j'avais pas de chien ...
En effet, le chef avait raison, Bob arrivait.
Je le reconnus tout de suite, il marchait les mains dans les poches, attitude typique de tous les gars qui cherchent un billet pour s'acheter un hot dog ( ça défile les hot dogs, je suis en train d'établir un record ! ). Avant qu'il ne puisse faire quoique ce soit, je lui sautai dessus, malgré l'inconfort engendré par mon costume de plusieurs dizaines de kilogrammes. La bataille fut intense, elle dura plusieurs centièmes de secondes, court pour le commun des mortels, une éternité pour Bob qui décéda sur le coup, sans même pouvoir se défendre.
Bavure ou exploit ?
Je ne savais plus quoi penser, alors je fis comme la plupart des flics, je décidai qu'à ce jour, j'arrêterais de penser.
L'autopsie révèla que Bob ( qui n'était pas Bob, au passage, mais Papy Brossard, un trafiquant de gâteaux dans la savane ...) avait le coeur comme une éponge, et que de toute façon, il ne lui restait pas plus de 30 ans à vivre... Qu'est ce que c'est que 30 ans, quand on en a déjà 77 ?
Nous n'avions pas eu Bob, mais un de ses disciples, c'est ce qui sauva ma place ce jour là ... Mais depuis, je ne vais plus chez le dentiste dans la savane après avoir manger du brocoli de Montmartre à l'arrière d'une boucherie chevaline déguisé en hot dog... Oh non, on ne m'y reprendra plus, sauf s'il le faut vraiment , mais bon si on peut éviter ...
Allez, ces aventures me fatiguent, et demain il faut que je me lève tôt, j'emmène Brian à son cours de tir à balle réelle sur des joueurs de foot italiens ... Bonne nuit .
11 July Déonthologie.Mon dernier billet n'était pas de toute gaieté, je vous le concède, mais était indispensable pour comprendre la suite des aventures, et le pourquoi de mon acharnement à faire disparaitre les méchants de la surface de la terre. Parce que les méchants, à la mongue, ils sont pas très gentils ...
Bref, revenons un peu dans une humeur un peu plus badine, aujourd'hui, je vais vous raconter comment m'est venue la vocation de policier, car au début du commencement, je voulais devenir osteopathe- charcutier ...
A 10 ans, j'obtins mon Bac ( Brevet Artistique et Culinaire ) avec la recette de boudin et cuisses de grenouilles confites et sa purée de brocolis aux pastèques ... Je crois que les examinateurs m'ont offert le diplôme pour que je ne revienne pas l'année suivante, car ils m'avaient déjà recalé l'année auparavant avec mon ragoût de lézard fumé au bois de cerf et ses petites framboises au bleu d'Auvergne ... Allez comprendre pourquoi, la nouvelle cuisine a vraiment du mal à percer de nos jours ...
Puis ce fût le déclic !
Alors que je me rendais à mon cours de gymnastique rythmique et sportive, en passant par la 56 ème entre Quality Street et Street Fighter, je fus accosté par un individu louche... En effet, il sentait la soupe.
Il me tint à peu près ce langage : "Que tu es beau, que tu me sembles tendre dans ce petit juste-au-corps pourpre... Tu veux monter dans mon automobile, je te ferai découvrir Montmartre..."
C'est là où j'ai compris la louchitude du gonze, je savais très bien que Montmartre ne se trouvait pas à Chicago, mais à Dakar, en Afrique du Sud... On me la fait pas à moi ...
Ca n'a rien à voir avec la suite de l'histoire, mais j'avais vraiment besoin de vous en parler, je n'en ai encore jamais parlé à personne, sauf à Michel Drucker, lors d'une interview qui ne m'était pas consacrée au Festival de Cannes .
Ce n'est que quelques années plus tard que je compris que je ne serai jamais menuisier-chauffagiste, car j'avais une sainte horreur des serpents de mer.
Mes parents, que je ne connaissais pas, étaient toujours en train de me rabâcher la même chose : "Steven ! à taaaaaaaaaaaaaaaable !" ou alors : "Steven ! c'est toi qu'a laissé des traces au fond des toilettes ?" ou encore : "Steven !!! Non rien ..."
Un matin de décembre, alors qu'il faisait 26 °, je décidai alors de prendre mes clics et mes clacs, de mettre un pansement sur mes cloques, pris mes clefs et mis les voiles, bien que la navigation ne fut pas mon fort, hein Nelson ? ( Nelson est mon perroquet, et commente tous les matchs de curling qui ne passent pas à la télé...)
Je n'ai jamais revu mes parents à ce jour, je sais que ma mère vit encore et que mon père était un homme, mais pas plus... Je partirai peut-être un jour à leur recherche, quand j'aurai deux minutes après l'apéro.
Bref, nous nous éloignons du sujet-verbe-complément.
Je partis alors un soir de juillet de chez moi, je me rappelle qu'il faisait un froid de pingouin. Je dormais sous des ponts en fermant les yeux, et quand je me réveillais, je les ouvrais. Une vie de nomade en quelque sorte.
Je vivais de petits boulots divers et variés pour pouvoir m'acheter des albums d'Otis Redding et d'Aretha Franklin, malgré l'absence de lecteurs de CD en ma possession.... C'était bien beau tout ça, mais j'avais faim, alors j'ai revendu les 259 albums que j'avais en ma possession contre un sandwich au jambon d'Auvergne au beurre de cacahuète. Ce n'est que la semaine dernière que je m'aperçus de l'inégalité du troc ...
Je faisais donc de petits boulots plus ou moins honorants quand ils n'étaient pas totalement déshonorants.
J'ai été soudeur de capsules de canettes de Fanta Citron, nettoyeur de coins de vitres ( le centre était confié à une société spécialisée ), toiletteur pour hamsters, serveur dans un self service (les journées étaient très longues ...), vendeur de papier toilette à la sauvette, gardien d'immeubles désaffectés et plâtrier-avocat ( ce job consistait à........ en fait, je n'ai jamais bien compris en quoi ce job consistait ...Si tous ces métiers ne m'ont pas affaibli, ils m'ont rendu plus fort.
C'est alors qu'une révélation se révéla à moi de façon révélative. Je voulais intégrer la police de Chicago. Le cheminement était simple dans ma tête ! Je n'aimais pas les sushis, j'étais allergiques aux poils de dromadaire, l'alcool me rendait amoureux ( même d'un dromadaire une fois, je n'en suis pas très fier ...), la politique m'ennuyait au point de m'ennuyer, je n'avais pas d'appareil photo numérique et je ne savais pas faire de bulles avec d'autres chewing gum que les Malabar, je serai donc flic...
Je suis allé dans la première boucherie chevaline ( oui, je sais, je fais une fixation ...) et j'ai déposé mon CV. Je reçus le premier coup de fil environ 17 secondes après ! C'était le boucher qui m'annoçait que j'avais oublié une chaussure dans sa boutique ... Fausse joie, surtout que je n'avais pas de téléphone ... Je me suis rendu dans le commissariat le plus proche, j'ai fait rigoler la femme de ménage ( qui couchait avec le commissaire ) et 21 jours après, j'intégrai l'école de police du Michigan afin de devenir policier-en-devenir-mais-d'abord-faudra-faire-tes-preuves, un poste qui avait été créé pour moi spécialement !!!!
Et depuis, je sers la patrie, mon pays, l'opprimé, la veuve et l'orphelin et le café du commissaire accessoirement ...
|
|
|||
|
|